Le privilège de la beauté

La vie est plus facile quand vous êtes joli•e.

C’est ça le privilège de la beauté

Vous trouvez plus facilement du travail, vos compétences ne sont pas remises en question, vous serez mieux payé (10 à 15 % plus que celles & ceux d’une beauté moyenne), on vous fait confiance, votre vie est plus confortable, on va vous offrir des trucs, vos peines de prisons seront moins lourdes, on vous soupçonne d’être intelligent.

On va vous écouter.

Une vidéo sur Youtube explique en détail le concept et ses dangers.

C’est quoi être joli ?

Par jolie•e j’entends : vous correspondez aux critères de beauté de votre époque (bien entendu, ces critères changent régulièrement).

Ce n’est pas nouveau. Sous l’Ancien Régime, votre beauté vous permettait de devenir la maîtresse du roi et d’avoir une vie confortable, sauf si vous tombiez sur Henri VIII.

Ann Boleyn, portrait par un artiste inconnu, 1570 — source : Wikimedia. Quand Henry VIII a voulu changer de femme, Ann Boleyn fut accusée d'adultère, d'inceste et de haute trahison, et exécutée par décapitation — être belle a aussi ses inconvénients —  source : Wikimedia. — Le privilège de la beauté
Ann Boleyn, portrait par un artiste inconnu, 1570 — source : Wikimedia. Quand Henry VIII a voulu changer de femme, Ann Boleyn fut exécutée par décapitation — être belle a aussi ses inconvénients —  source : Wikimedia.

Avec plus de chance, vous pouviez devenir Madame du Barry ou de Pompadour.

François Boucher, La Marquise de Pompadour (1756), Munich, Alte Pinakothek — femme intelligente et d'un goût admirable, Madame de Pompadour devient une mècène influente — source : Wikimedia — Le privilège de la beauté
François Boucher, La Marquise de Pompadour (1756), Munich, Alte Pinakothek — femme intelligente et d’un goût admirable, Madame de Pompadour devient une mècène influente — source : Wikimedia

C’est ce dont vivaient les courtisanes au XIXe siècle, les Top Models au XXe siècle et les influenceuses aujourd’hui. 

Quelques privilégiées de la beauté qui ont réussi

Olympe Pelissier : courtisane célèbre du début du XIXe siècle, modèle d’Horace Vernet, maîtresse d’Eugène Süe, amour impossible de Balzac qui en fait son modèle du personnage de Fœdora dans La peau de chagrin, elle fini par épouser Rossini.

Étude d'Olympe Pélissier par Horace Vernet pour son tableau Judith et Holopherne. Portrait qui ne rend pas honneur à sa beauté mais qui montre bien sa réputation de froideur — source : Wikimedia — — Le privilège de la beauté
Étude d’Olympe Pélissier par Horace Vernet pour son tableau Judith et Holopherne. Portrait qui ne rend pas honneur à sa beauté mais qui montre bien sa réputation de froideur — source : Wikimedia

Quant à Liane de Pougy, courtisane ultra célèbre en son temps, les hommes payaient juste pour la voir nue. Ouvertement bisexuelle, elle a des amants des deux sexes et entretient des liaisons amoureuses avec plusieurs femmes. Elle a une passion intense en 1899 pour Natalie Clifford Barney. Elle en écrira un roman intitulé Idylle saphique qui paraît en septembre 1901. Le roman est un succès. Liane finira par épouser un prince roumain puis par tomber dans les bras de la religion et se faire appeler Anne-Marie-Madeleine de la Pénitence. 

Liane de Pougy sur une carte Postale de 1886 — Source : Wikimedia — — Le privilège de la beauté
Liane de Pougy sur une carte Postale de 1886 — Source : Wikimedia

Et les hommes ?

Ça vaut aussi pour les hommes — mais moins puisque nous vivons dans une société patriarcale hétéro-normée — même si les grecs accordaient une grande importance à la beauté masculine. 

Antinous du Louvre — amant de l'Empereur Hadrien, qui ne s'est jamais remis de sa mort — sa beauté était si célèbre que d'innombrables sculptures ont été faites sur son modèle. — Le privilège de la beauté
Antinous — amant de l’Empereur Hadrien, qui ne s’est jamais remis de sa mort — sa beauté était si célèbre que d’innombrables sculptures ont été faites sur son modèle. Musée du Louvre. Source : Wikimedia.

Le Comte d’Orsay connu comme « l’Archange du dandysme » vivait en couple avec à la fois le comte de Blessington et sa femme Marguerite.

Dessin de James Baillie Fraser représentant Alfred d'Orsay (v. 1830). Wikimedia — Le privilège de la beauté
Dessin de James Baillie Fraser représentant Alfred d’Orsay (v. 1830). Wikimedia

Pour un groupe de musicien, être beau garçon est un avantage certain, comme l’ont prouvé ces types :

Les Beatles à l’aéroport de Madrid, le 1er juillet 1965 — source : Wikimedia — Le privilège de la beauté
Les Beatles à l’aéroport de Madrid, le 1er juillet 1965 — Source : Wikimedia

(en plus d’avoir du talent, bien entendu)

Le privilège de la beauté est injuste

La beauté est profondément injuste, comme naître riche, blanc, valide ou avoir une intelligence mathématique. C’est profondément anti-démocratique. C’est avoir gagné à la loterie de Dame Nature. 

Mais apprécier la beauté est très humain. Les musées sont pleins à craquer de jolies femmes à poil ou de beaux garçons torses nus. 

Pierre Narcisse Guerin, Iris et Morphée, 1811, Musée du Louvre — Wikimedia — Le privilège de la beauté
Pierre Narcisse Guerin, Iris et Morphée, 1811, Musée du Louvre — Wikimedia

Et tout ça a pris des proportions phénoménales avec les Réseaux Sociaux — Instagram et Tiktok comme LinkedIn — et plus encore avec Youtube. C’est le fond de commerce des influenceurs. 

Le problème n’est pas là.

Le mensonge des vendeurs de rêve

Là où ça devient pernicieux c’est quand une jolie fille vient vous narguer en vous disant que vous aussi vous pouvez gagner 10 000€ par mois en affichant votre bobine sur les réseaux sociaux. Elle vous incite à acheter ses séances de coaching en disant « Si moi j’ai réussi, vous aussi… ». 

Or, elle omet — sciemment ou inconsciemment — que c’est une jolie jeune femme et que — quelles que soient ses compétences — les clients lui font confiance — et l’inondent de demandes de collaboration — parce qu’elle est jolie. Pareil pour les beaux jeunes hommes. 

Ils sont là, hommes et femmes, à nous dire que l’algorithme de LinkedIn favorise les images où l’on voit des têtes. C’est injuste, profondément injuste, parce qu’on sait que seront privilégiés ceux qui ont une jolie tête. Mais il vous incitent à acheter leur formation pour que vous aussi vous puissiez nager dans la richesse et le bonheur, tout comme eux.

On nous ment. 

Ça frôle l’arnaque.

Et je les vois, les instagrammeuse au physique banal qui rament à grappiller des likes. Elles font ce qu’on leur dit de faire, elles obéissent aux injonctions (ou aux cours de coaching qu’elles ont acheté) : des vidéos d’elle même racontant des trucs, présentant un livre.

Mais rien ne va, ni dans la façon de parler, ni dans leur façon de s’habiller, ni dans leur visage. Elles ont un visage commun, rien qui attire l’attention, rien qui donne envie de les écouter.

C’est ce que je disais implicitement dans l’un de mes premier article : il est inutile de suivre à la lettre cette recommandations absurde de faire des vidéos à tout prix. 

Ça ne marche que si vous jouissez du privilège de la beauté.  

Détail du Portrait de Juliette Récamier par François Gérard
(1805, détail), Paris, musée Carnavalet. Célèbre pour sa beauté sour l'Empire et la Restauration, grand amour de Chateaubriand, ayant donné son nom à un type de meuble, on ignore souvent que Juliette Récamier était une réactionnaire royaliste. Mais elle était tellement jolie, comment ne pas lui pardonner ? Elle aurait cartonné sur Tiktok. Source : Wikimedia— Le privilège de la beauté
Détail du Portrait de Juliette Récamier par François Gérard
(1805, détail), Parismusée Carnavalet. Célèbre pour sa beauté sour l’Empire et la Restauration, grand amour de Chateaubriand, ayant donné son nom à un type de meuble, on ignore souvent que Juliette Récamier était une réactionnaire royaliste. Mais elle était tellement jolie, comment ne pas lui pardonner ? Elle aurait cartonné sur Tiktok. Source : Wikimedia

L’amie prodigieuse

La troisième saison de l’adaptation de L’Amie prodigieuse d’Elena Ferrante vient de sortir. Comme les deux précédentes saison, c’est un chef d’oeuvre.

Pour les plans magnifiques du réalisateur Saverio Costanzo, la musique sublime de Max Richter — et pour l’importance de ce qui est raconté.

Ce n’est pas seulement l’histoire d’une amitié, mais celle de la violence des hommes et l’Histoire de l’Italie au XXe siècle. 

Bande Annonce de la S3 de l’Amie Prodigieuse — disponible sur Canal +

Cette troisième saison m’a donné envie de revoir les deux précédentes — ce que j’ai fait — et de relire les 4 romans — ce que je n’ai pas encore fait. 

Mais dans cet article j’avais envie de parler autant de la série que du roman.

C’est sans doute l’un des roman les plus important du XXIe siècle, en ce qu’il raconte l’Histoire du point de vue des femmes. Elena Ferrante est pour moi l’héritière de Jane Austen en ce qu’elle mêle le social au sentimental, en ce qu’elle montre l’oppression par mille détails de la vie quotidienne.

Analyse de ce chef-d’œuvre en 10 points.

Lila & Lenu dessinée sur fond jaune — le titre en anglais, My Brilliant Friend — Affiche annonçant la S2 de la série L'amie prodigieuse
Affiche annonçant la S2 de la série L’amie prodigieuse

1. En résumé

L’amie prodigieuse suit les personnages de Lenu et Lila, petites filles d’un quartier pauvre de Naples qui grandissent au milieu de la violence des hommes, des pères comme des maris, des combats entre Communistes et Fascistes, et des magouilles de la mafia. On les suit des années 50 aux années 80, dans leur lutte pour se libérer, du quartier comme de leur condition, prises dans la toile d’araignée de la pauvreté et de l’oppression des femmes. Et au milieu de tout ça, leur amour pour le même homme, Nino Sarratore. 

L’adaptation suit fidèlement les tomes du roman.

La Saison 3 est l’adaptation du tome 3, « Celle qui fuit et celle qui reste ».

Selon Télérama, cette saison est la meilleure des trois. 

Lenu au milieu des étudiants à Milan — début de la S3 de L'amie Prodigieuse
Lenu au milieu des étudiants à Milan — début de la S3 de L’amie Prodigieuse

2. La Saison 3

La série commence en 1968. Les rues de Milan sont emplies de drapeaux rouges (plan d’une grande beauté, sur le Vivaldi de Max Richter). Les étudiants s’agitent dans les amphi. Grands discours pompeux. Lenu est désormais une romancière célèbre, mais méprisée dans son quartier de Naples, qu’elle peut enfin quitter définitivement. Elle se marie et s’enlise dans le mariage et la maternité à Florence, tandis que l’Italie sombre dans la violence des Années de Plomb. Lila, restée à Naples, vit l’enfer dans l’usine de charcuterie de Bruno Soccavo. 

Lenu se joint aux groupes féministes, lit des livres sur le sujet, écrit un essai : «J’écrivis que les hommes nous avaient inventés pour être toujours à leur service. » 

3. Le patriarcat par l’exemple

Les hommes, pères et maris, battent les femmes — et c’est normal —; ils les violent — et c’est normal. 

Si cette violence est normale, c’est la faute au patriarcat, même s’il n’est jamais nommé car le mot n’est pas employé dans les années 50. Le fascisme, la violence, les petites filles à qui on interdit d’étudier, les jeunes femmes que l’on oblige à travailler, les femmes considérées comme « des jouets avec des trous », l’égoïsme des hommes qui font des bébés et s’enfuient. 

Les pères qui encouragent les fils à battre d’autres hommes, les mères qui encouragent les pères à battre leurs filles. Les pères prêts à tuer leur fille pour qu’elle n’aille pas à l’école (parce qu’elle en saurait plus que lui, parce qu’elle lui serait supérieure). 

Dans le roman, tous les hommes sont des salauds. Sauf Enzo.

La violence qui fait irruption à tout moment, même dans les moments joyeux, mais pour les pauvres seulement. Ceux qui ont des bibliothèques et voient la mer depuis leur balcon sont épargnés. 

Le tout raconté dans les mille détails du quotidien (même si la série doit résumer de longs passages du roman). 

Stendhal aurait adoré. Nous sommes exactement dans le petit fait vrai. Plein de petits faits vrais. Dans la très grande précision et la netteté. Pas d’ellipse, pas de flou. Elena Ferrante nous installe dans le présent de ses personnages, nous mettant parfaitement à leur place.

Lenu & Lila, enfants, découvrant la littérature et son pouvoir en lisant les 4 filles du Dr March sur un banc du "quartier"Rione"
Lenu & Lila, enfants, découvrant la littérature et son pouvoir en lisant les 4 filles du Dr March sur un banc du « quartier »Rione »

4. L’obscurité & la lumière

Si dans la première saison nous sommes dans le gris et le sombre du « Rione », ce quartier pauvre au milieu de nulle part, ces immeubles géométriques sans beauté, dans la deuxième saison la lumière d’Ischia et le scintillement de la mer éblouit les personnages et les spectateurs. 

Beauté de Pise et de Florence — et parfois de Naples — plus rarement : Naples est la ville de l’aliénation, du passé et de la violence, passé des héroïnes et archaïsme des mœurs. 

A la violence des hommes du sud répond la libération des femmes au Nord qui scandent « Tremblez ! Les sorcières sont de retour ! »

Lila et Lenu adolescentes dans la S1 de l'Amie prodigieuse
Lila et Lenu adolescentes dans la S1 de l’Amie prodigieuse

5. La beauté de la voix off

C’est la voix de la narratrice, les pensées de Lenu qui font toute la beauté du roman — qui nous font voir le monde à travers ses yeux — qui rendent la complexité de ses réflexions et de ce qu’elle ressent  — mais aussi raconte l’histoire de Lila.

Le génie de cette série est d’avoir gardé les pensées de Lenu par la voix off. La voix de la narratrice est encore plus indispensable dans une adaptation visuelle puisque les actrices et les personnages qu’elles incarnent sont obligées de cacher leurs émotions. Lenu pour ne pas montrer que les humiliations perpétuelles la blesse — Lila pour éviter de se faire frapper. Les filles sont obligées de devenir indifférente — ou de la feindre.

La romancière comme le réalisateur font le contraire du « Show don’t tell » — et donnent par là toute la beauté de la langue aux pensées des personnages.  

Lila et Lenu devenue adulte dans la S3 de l'Amie Prodigieuse
Lila et Lenu devenue adulte dans la S3 de l’Amie Prodigieuse

6. La toile d’araignée 

Lila est prise dans la toile d’araignée de son milieu social, sa famille, son quartier et les mafieux qui dirigent le quartier — et quelques soient ses efforts pour en sortir (et elle en fait beaucoup), elle finit toujours par devoir revenir dans le quartier, retomber entre les griffes des mafieux (même si la configuration des jeux de pouvoir change au fil des années). 

Lila dans son costume d'ouvrière dans l'usine de charcuterie Soccavo — à la fin de la S2 et au début de la S3 de l'Amie prodigieuse
Lila dans son costume d’ouvrière dans l’usine de charcuterie Soccavo — à la fin de la S2 et au début de la S3 de l’Amie prodigieuse

7. Le gâchis d’intelligence

Le père de Lila lui a interdit d’étudier alors qu’elle était d’une intelligence hors norme, mais elle a un besoin viscéral d’utiliser cette intelligence. Ce qui explique qu’elle se jette frénétiquement sur de nouvelles activités avant de les abandonner quand elles ont perdu toute complexité, quand ce n’est plus un défi à son intelligence.

Et c’est ce qui désespère son ancienne maîtresse de l’école primaire : elle sait qu’elle aurait pu être une brillante scientifique — ou n’importe quel métier exigeant — apporter quelque chose de grand à la société. Ce gâchis. 

Les épreuves infligées à Lila sont la parfaite illustration que l’injonction « Quand on veut on peut» est d’une parfaite imbécilité. 

C’est une injonction qui ne concerne que les hommes blancs, valides et riches. 

Si tu es une petite fille pauvre et que tu veux étudier, on te jette par la fenêtre, on te casse le bras, on menace de te tuer. Si tu es une femme pauvre, on te viole. On te frappe. On t’humilie. Les hommes font tout pour t’empêcher de trouver ta liberté. Pour te rappeler que tu leur appartient. 

8. La lecture

Progressivement, Lenu s’extirpe de sa gangue de misère grâce à l’école, la lecture, la culture — et peut s’échapper à Pise puis à Florence — mais auparavant elle aura connu l’humiliation et la frustration — avec sa famille — sa mère qui la rabaisse constamment — à l’école — avec Lila — avec Nino. 

Lorsque Lenu doit porter des lunettes, sa mère lui dit qu’elle s’est abimée les yeux à force de lire des livres et rajoute « fallait y penser avant » : dans son milieu, lire c’est mal. 

Or, c’est la lecture qui libère Lenu de sa condition, de femme et de pauvre. 

Mais pas Lila.

Elle lit plus encore que Lenu mais d’est le contraire d’une libération. Ça ne fait qu’accentuer le gouffre avec sa condition de cordonnière, puis de femme mariée et d’épicière.

Lila & Lenu dans la S3 de l'Amie prodigieuse
Lila & Lenu dans la S3 de l’Amie prodigieuse

9. L’amitié

L’amie prodigieuse est sans doute la plus belle histoire d’amitié de la littérature. Malgré leurs disputes, malgré les humiliations qu’inflige Lila à Lenu, elles ne peuvent se passer l’une de l’autre — puisant en l’autre la force qui lui manque. Elles sont la source d’inspiration l’une de l’autre. Lila demande à Lenu d’étudier pour elle, qui n’a pas pu faire d’étude — Lenu écrit inspirée par Lila. 

10. Le décousu de la vie

Elena Ferrante non seulement ne respecte aucune des règles de l’écriture, mais fait tout le contraire ce qu’on nous conseille de faire : pas de plan, scènes ou dialogues qui ne font pas avancer l’intrigue, trop de mots, enjeux faibles. 

Si un roman doit être « des personnages intéressants qui doivent faire quelque chose d’important et c’est compliqué » selon la phrase de Lionel Davoust, ici nous n’avons que « les personnages intéressants » et le « c’est compliqué ». 

Ce qu’ils ont à faire n’est, la plupart du temps, pas important : fabriquer des chaussures, lancer des feux d’artifices, avoir de bonnes notes à l’école, écrire son mémoire, écrire un roman. Ce sont des enjeux faibles.

Le véritable enjeu de ce roman est : vivre. 

C’est tout l’art de la romancière de rendre ces enjeux passionnants. 

Et pour ça, elle a mis dans son roman tout le brouillon de la vie. Dans le dernier tome de l’Amie prodigieuse, L’enfant perdue, elle reproche à son précédent roman d’avoir été trop construit, trop esthétique. Elle se reproche de ne pas avoir mis le décousu de la vie, sa banalité, sa routine, sa laideur — et c’est justement ce qu’elle a fait dans L’amie prodigieuse — un roman qui paraît non construit, qui raconte la laideur et la banalité, la routine, le décousu.

J’aimerais faire pareil. 

Enzo Scanno — l'un des rare homme lumineux du roman — & Lila — dans la S3 de l'Amie Prodigieuse
Enzo Scanno — l’un des rare homme lumineux du roman — & Lila — dans la S3 de l’Amie Prodigieuse

Série réalisée par Saverio Costanzo — avec Margherita Mazzucco dans le rôle de Lenu et Gaia Girace dans le rôle de Lila — série co produite par la RAI & HBO — diffusée sur Canal + (on peut aussi acheter les épisodes sur Apple TV)

Le roman est édité en France par Les éditions Gallimard.

Le réalisateur Saverio Costanzo donnant des indications à Margherita Mazzucco dans la S2 de L'Amie prodigieuse
Le réalisateur Saverio Costanzo donnant des indications à Margherita Mazzucco dans la S2 de L’Amie prodigieuse

Une réponse à « L’amie prodigieuse »

  1. Avatar de Bilan du mois d’août – Clémence Zagorski — Social media manager

    […] J’ai revu toutes les saisons de l’Amie prodigieuse. […]

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Hommage aux pionniers de la photographie

C’est aujourd’hui la Journée mondiale de la photographie, en hommage au 19 août 1839 où les détails techniques du daguerréotype sont présentés devant les Académies des sciences et des beaux-arts réunies.

Chambres noires et plaques pour daguerréotype appelé « Grand Photographe » (1840-1841), fabriqués par Charles Chevalier. Paris, musée des Arts et Métiers. — Hommage aux pionniers de la photographie
Chambres noires et plaques pour daguerréotype appelé « Grand Photographe » (1840-1841), fabriqués par Charles ChevalierParismusée des Arts et Métiers.

A l’instigation de François Arago, une loi est votée par laquelle l’État français acquiert le nouveau procédé. En réalité, Louis Daguerre a piqué l’invention de la photographie à Nicéphore Niépce — qui en est le véritable inventeur (c’est pour ça que je ne mettrais pas de portrait de Louis Daguerre dans cet article — c’est une fripouille).

Je voulais rendre hommage aux pionniers de la photographie, plus ou moins oubliés.

Robert Cornelius, pionnier américain de la photographie. Cet autoportrait est souvent considéré comme le premier portrait et le premier autoportrait photographique. Il a pu réduire le temps de pause pour qu'on puisse le voir les yeux ouverts. Octobre 1839, daguerréotype — Hommage aux pionniers de la photographie

Robert Cornelius, pionnier américain de la photographie. Cet autoportrait est souvent considéré comme le premier portrait et le premier autoportrait photographique. Il a pu réduire le temps de pause pour qu’on puisse le voir les yeux ouverts. Octobre 1839, daguerréotype (la date est importante — le procédé n’a été présenté qu’à l’été 1839 à Paris). Cette photographie est la preuve que Robert Cornelius était un chimiste hors-pair.

Robert Cornelius, autoportrait avec ses instruments de laboratoire, 1843, daguerréotype — Hommage aux pionniers de la photographie

Robert Cornelius, autoportrait avec ses instruments de laboratoire, 1843, daguerréotype.

Portrait Daguerreotype de William Henry Fox Talbot par Claudet de de 1844/45). William Henry Fox Talbot est un pionnier anglais de la photographie, qui faisait ses recherches en même temps que Nicéphore Niépce et Louis Daguerre. Il est l’inventeur du calotype, ou talbotype, qu’il brevète en 1841. Après l’annonce de l’invention du daguerréotype en 1839, il tente de faire reconnaître l’antériorité de ses travaux. Il n’y parvient pas, mais son procédé du négatif-positif devient la base de la photographie argentique moderne.

Hippolyte Bayard, Autoportrait en noyé, octobre 1840

Hippolyte Bayard, pionnier français de la photographie; il a lui aussi développé le procédé négatif. En juillet 1839, Bayard présente la première exposition de photographies de l’histoire. Il sera un concurrent malheureux de Daguerre.

En octobre 1840, il se met en scène en noyé sur une photographie au dos de laquelle il écrit :

« Le cadavre du Monsieur que vous voyez ci-derrière est celui de M. Bayard, inventeur du procédé dont vous venez de voir ou dont vous allez voir les merveilleux résultats. À ma connaissance, il y a à peu près trois ans que cet ingénieux et infatigable chercheur s’occupait de perfectionner son invention.
L’Académie, le Roi et tous ceux qui ont vu ces dessins que lui trouvait imparfaits les ont admirés comme vous les admirez en ce moment. Cela lui fait beaucoup d’honneur et ne lui a pas valu un liard. Le gouvernement qui avait beaucoup trop donné à M. Daguerre a dit ne rien pouvoir faire pour M. Bayard et le malheureux s’est noyé. Oh ! instabilité des choses humaines ! Les artistes, les savants, les journaux se sont occupés de lui depuis longtemps et aujourd’hui qu’il y a plusieurs jours qu’il est exposé à la morgue personne ne l’a encore reconnu ni réclamé. Messieurs et Dames, passons à d’autres, de crainte que votre odorat ne soit affecté, car la figure du Monsieur et ses mains commencent à pourrir comme vous pouvez le remarquer. »

Hippolyte Bayard

Hippolyte Bayard, Nature morte, 1844, photo en noir & blanc — Hommage aux pionniers de la photographie

Hippolyte Bayard, Nature morte, 1844. Photo magnifique aux très beaux contrastes.

Nicéphore Niépce, Point de vue du Gras, la plus ancienne photographie conservée, 1827 — Hommage aux pionniers de la photographie

Nicéphore Niépce, Point de vue du Gras, la plus ancienne photographie conservée, 1827. Prise de vue depuis la fenêtre de la maison de Nicéphore Niépce de Saint-Loup-de-Varennes : version généralement diffusée, reproduction en négatif de la plaque originale, tirage retouché par Helmut Gernsheim pour rendre l’image plus lisible.

Montbard… 

Tous les hommes s’appelle Gérard

Les chasseurs rôdent dans les bois

On tue les chats à coup de carabine

On taille les haies au printemps

Bienvenue à Boomerland écrit en lettre rouge — corbeau sur un arbre mort

1. Les voisins

Boomerland — homme tondant sa pelouse d'un air martial et viril

Gérard tond sa pelouse dès qu’il y a 3 pâquerettes

Les jardins emplis de gravier parce qu’un jardin « doit faire propre »

Les voisins qui me reprochent de n’avoir pas mis de gravier dans mon jardin — mon jardin « ne fait pas propre » (mon jardin est biodiversité-friendly — mais mes voisins ne connaissent pas le mot « biodiversité »)

Les voisins climato-négationnistes

Les voisins qui ont deux voitures, une camionnette et une moto

Les voisins qui veulent tuer mes chats

Les voisins qui tuent mes chats à coup de carabine

2. La source d’information

La source d’information c’est la télé (& Facebook).

Le vaccin c’est le mal

Les migrants vont tous nous grand-remplacer

Nous sommes cernés par les assistés

L’insécurité nous guette (mais pas le réchauffement climatique, qui est 100% naturel)

3. Le règne de l’automobile

 

Boomerland — illustration de voitures en pagaille sur fond gris

Gérard qui prend sa voiture pour aller à l’usine alors qu’elle est au bout de sa rue

La ville ressemble à un immense parking — toutes les anciennes places avec arbres et fontaines ont été transformées en parking. La végétalisation est inexistante — connaissent-ils ce mot ? 

Les routes sont emplies de nids de poules digne d’un pays du Tiers Monde (ultra dangereux pour les vélos, surtout la nuit)

Les gamins qui font du moto-cross dans la forêt en faisant le plus de bruit possible — en défonçant les chemins — & en dégageant un max de CO2 parce que c’est fun

« Montbard c’est pas Paris » : phrase qu’on m’a répétée plus de dix fois. Les parisiens sont des khmers-verts qu’il faut tenir à distance de peur d’être contaminés

Il faudra faire 10 ans de pédagogie avant de construire la moindre piste cyclable parce que les Montbardois ne sont pas habitués au vélo (c’est faux, dans les années 50 ils se déplaçaient tous à vélo — ils l’ont oublié — veulent l’oublier — les vélos c’est pour les pauvres)

De toute façon, il n’y a pas la place de construire des pistes cyclables, les rues sont trop étroites (c’est faux : c’est simplement que les voitures sont garées partout dans les rues et sur les trottoirs)

On fait comme si la loi Laure* n’existait pas

Pas de piste cyclable, pas d’arceaux à vélo (enfin si, une dizaine à des endroits pas forcément pratiques) — les seuls cyclistes tolérés sont les cyclistes du dimanche, avec la tenue en lycra appropriée

Pas de bus, hormis une ridicule navette qui circule que le vendredi matin (alors que 30% de la population à plus de 60 ans et a des difficultés pour se déplacer)

4. L’extrême droite

Boomerland — poule rouge sur fond jaune — mélange du coq gaulois et de la poule mouillé pour symboliser l'extrême droite

Le RN à fait 40% des voix aux dernières élections législatives

Ils envoient des députés RN aux élections européennes (et ils se plaignent que leurs impôts servent à faire vivre dans le luxe et l’oisiveté les membres du gouvernement — les députés RN du Parlement européen sont payés 6000€/mois à ne rien faire)

A chaque fois qu’un montbardois se plaint de la chaleur j’ai envie de lui demander «pour qui avez-vous voté aux dernières élections ? » —  ça ne servirait à rien puisqu’il ne comprendrait pas la relation de cause à effet

5. Montbard, ville morte

Boomerland — Logo de Bar sur cercle jaune

Les bars ferment à 18H30

Chaque fois qu’un nouveau commerce ouvre, il ferme quelques mois plus tard. La faute aux hypermarché bien sûr — mais aussi parce Montbard est incapable d’attirer de nouveaux habitants, à cause de tout ce que viens de dire précédemment (autre relation de cause à effet non comprise par la municipalité qui nous gouverne).

6. Conclusion

Tous les habitants de Montbard ne sont pas des Boomer — tous ne sont climatolo-stupides.

Certains sont soucieux d’écologie, plantent  leur potager, prennent leur vélo pour faire leur courses, protègent les animaux et veulent vivre autrement. 

Certains rêvent d’une ville plus verte.

Mais la ville de Montbard ne fait rien pour les aider. 

La ville fait comme si ces gens n’existaient pas parce qu’ils ne sont qu’une poignée. 

Si Montbard veut attirer de nouveaux habitants, et notamment les parisiens grâce au TGV, elle doit se transformer — se végétaliser, rendre aux places leurs beautés perdues, laisser plus d’espace aux vélos et aux piétons, développer les transports publics.

Rendre la ville verte & accueillante.

Et cesser de couper les haies comme des sauvages.

Boomerland — chasseur rouge sur fond jaune

Selon la loi Laure (loi sur l’air et l’utilisation rationnelle de l’énergie) votée le 30 décembre 1996, les pouvoirs publics ont l’obligation de créer des « aménagements sous forme de pistes, marquages au sol ou couloirs indépendants » et ce « à l’occasion des réalisations ou des rénovations des voies urbaines, à l’exception des autoroutes et voies rapides »

C’est qui les Nabis ?

Les Nabis étaient une bande de copains qui peignaient à la fin du XIXe siècle en rejetant à la fois le naturalisme et l’Impressionnisme.  

Édouard Vuillard, Deux femmes sous la lampe, 1892, Musée de l’Annonciade — Article Nabis
Édouard Vuillard, Deux femmes sous la lampe, 1892, Musée de l’Annonciade — Wikimedia

Alors, qu’est-ce qu’ils faisaient ?

Ils peignaient des scènes de genre — si longtemps traité avec mépris par la peinture officielle ; des scènes de la vie quotidienne rarement montrées dans la peinture : maladie, bain, rangement du linge dans les placards… Ils aimaient les scènes intimistes.

Ils aimaient l’ésotérisme et l’occultisme.

Paul Sérusier, Paul Ranson en tenue nabique, 1890, Musée d'Orsay — article sur les Nabis
Paul Sérusier, Paul Ranson en tenue nabique, 1890, Musée d’Orsay — Wikipedia

Ils aimaient la stylisation des formes, les exagérations, les atmosphères, l’humour. 

Felix Vallotton – Bathing on a Summer Evening, 1892 — Wikipedia

Ils aimaient les motifs et les jeux avec les motifs.

En quoi c’était vraiment nouveau ? 

Ils avaient un goût prononcé pour le japonisme et tout particulièrement pour les cadrages décentrés : l’action n’était plus au centre du tableau, mais sur les côtés ; des personnages sont coupés par le bord de la toile — comme si les peintures étaient des photographies. 

Le surnom de Bonnard était « Le nabi très japonard ». 

Pierre Bonnard, La gouvernante, 1897 — Wikipedia — article sur les Nabis
Pierre Bonnard, La gouvernante, 1897 — l’influence de l’estampe japonaise est particulièrement frappante dans cette œuvre — Wikipedia

C’est joli ? 

Oui. 

Édouard Vuillard, Deux femmes sous la lampe, 1892, Musée de l’Annonciade — Wikimedia
Édouard Vuillard, Deux femmes sous la lampe, 1892, Musée de l’Annonciade — Wikimedia

Ça veut dire quoi Nabi ?

Nabi est le nom que se sont donné les jeunes peintres qui se regroupent autour de Paul Sérusier, vers 1888, quand il est revenu avec Le talisman sous le bras et que sa peinture a suscité des débats enflammés. 

Le terme nabi, en arabe, ou nevi’im, נביאים en hébreu, signifie dans un sens actif «orateur » ou « annonciateur », ou, dans un sens passif, « celui qui est ravi dans une » extase » ou « appelé par l’esprit ». En Occident, nabi a été traduit par « prophète », «illuminé », ou encore « celui qui reçoit les paroles de l’au-delà », « l’inspiré de Dieu».

Mais il ne faudrait pas croire qu’ils se prenaient au sérieux :

« Ensemble, nous avons méprisé l’école et les écoles, les rapins, leurs traditions, leurs farces et leurs bals inutilement nudistes. Ensemble nous nous sommes sérieusement amusés »  

Henri Gabriel Ibels
Felix Vallotton, Coin de rue à Paris, 1895, MET — Wikipedia
Felix Vallotton, Coin de rue à Paris, 1895, MET —l’influence de l’estampe japonaise est aussi très flagrante dans cette gouache — Wikipedia

C’était qui ?

Paul Sérusier réunit autour de lui ses amis, Pierre Bonnard, René Piot, Henri-Gabriel Ibels, Maurice Denis, Édouard Vuillard, Ker-Xavier Roussel, Paul Ranson. En 1891, le Hollandais Jan Verkade, en 1892, le Suisse Félix Vallotton, puis Georges Lacombe, Mogens Ballin, József Rippl-Rónai, Charles Filiger, Adolf Robbi, ainsi que Georges Joseph Rasetti3 et le sculpteur Aristide Maillol, les rejoignent.

Sont-ils importants ?

Ils annoncent le Fauvisme qui ira plus loin dans la stylisation des formes et l’originalité des couleurs — comme Albert Marquet — et toutes les avant-gardes du XXe siècle (Matisse était fauve à ses débuts). 

Albert Marquet, l'île aux cygnes, 1919 — arbres se reflétant dans l'eau — article sur les Nabis — exemple d'un peintre Fauve
Albert Marquet, l’île aux cygnes, 1919, Musée National d’Art Moderne, Paris — Wikipedia

Bilan du mois de juillet

Dessin de fleurs blanches sur fond rose — Bilan Juillet écrit en bleu nuit

1. J’ai commencé un nouveau contrat à l’Adagp

2. J’ai fait une overdose de tableaux Excel

3. J’ai eu la confirmation que la communication c’est important. Si quelqu’un vous dit « on pourrait faire plus simple », dites oui.

4. J’ai eu très chaud pendant la mini-canicule — & nous avons eu de la chance de n’avoir qu’une mini canicule de 3 jours

Piscine pour chien, chaise longue & chat
Piscine pour chien, chaise longue & chat à l’ombre

5. J’ai vu 2 séries tendres, bienveillantes et drôles, Ted Lasso (hilarant & adorable même quand on n’aime pas le foot) sur Apple TV et Young Sheldon sur Netflix

6. J’ai vu de très beaux nuages dansants

7. J’ai commencé une nouvelle mission d’icono pour Paris Musées qui me ravit

8. Le TER c’est l’enfer : toilettes hors service, passagers entassés dans les couloirs parce que « la SNCF garanti le transport mais pas une place assise » dixit le contrôleur qui en était désolé. Deux pimbêches qui avaient de grosses valises roses en faux Gucci ont raconté leur expédition à Barcelone jusqu’à Sens avec une voix très forte. Je sais tout sur leur voyage à Barcelone. Un vieux type recevait un nombre incroyable d’appels avec un sonnerie retentissante. Je lui ai demandé de le mettre en mode silencieux. Les deux pimbêches ont pris sa défense en disant que c’était normal dans les transport en commun — que je n’avais qu’à prendre une voiture avec chauffeur.

Train en Inde — passagers s'accrochant sur les côtés du train ou montés sur le toit.
Presque ça… — Train en Inde — ph © AFP / Money Sharma

9. J’ai découvert avec horreur que ma haie avait encore été brutalement ratiboisée (ils utilisent une machine qui broie les branches au lieu de les couper) par les jardiniers de la ville de Montbard (ma haie jouxte un terrain municipal). Je croyais que désormais tout le monde savait qu’il ne fallait pas tailler les haies pour préserver la biodiversité. Visiblement, à Montbard, ils ne sont pas au courant.

10. J’ai vu un beau coucher de soleil sur mes hibiscus de Syrie

Hibiscus syriacus éclairés par les rayons du soir, devant la vigne — Montbard, Bourgogne — 14 juillet 2023
Hibiscus syriacus éclairés par les rayons du soir — Montbard, Bourgogne — 14 juillet 2023

11. Mon ordinateur est au bout de sa vie, au sens littéral du terme : il a presque 10 ans et à 60% de batterie, il s’éteint. C’est un ordinateur portable qui n’est plus portable. Mais je peux quand même travailler dans mon lit.

Mac Book Air fermé dans des draps roses
Vieux Mac Book Air fatigué — le pauvre date de 2014 — il voudrait dormir

12. J’ai lu 4 livres sur Romain Gary : les 2 tomes de Monsieur Romain Gary de Kerwin Spire, la biographie par Dominique Bona et l’Abécédaire de Romain Gary, avec des textes choisis par Mireille Sacotte & Marie-Anne Arnaud Toulouse. A la lettre Z de Zaga et je croyais qu’il me restait encore un chapitre à lire— je n’avais pas vu que c’était la fin. J’aurais voulu que ça continue (indéfiniment — ou qu’au moins il y eut 10 volumes. C’est un condensé de la pensée de Gary sur tous les sujets. Et sur tous les sujets il a raison — il avait déjà raison dans les années 50, il a toujours raison aujourd’hui — et même plus encore sur l’écologie et le féminisme.

4 couvertures de livres sur Romain Gary — posés sur mon bureau en bois
4 excellents livres sur Romain Gary — éditions Gallimard & de L’Observatoire

13. J’ai finalement beaucoup écrit pour 1979 — mais surtout des bouts de phrases et des idées. J’en suis à 4 carnets (des Leuchturm 1917 — parce que leur papier est le plus agréable pour l’écriture avec un stylo plume — & ils sont tellement jolis)

4 carnets empilés sur mon bureau : bleu, vert, mauve, rose
Il va falloir que je mette tout ça sur mon ordi fatigué

14. J’ai commencé un nouvel agenda

Nouvel agenda 2023-2024 à la couverture irisée et translucide — j'ai mis une photo de John Lennon dans la pochette
Nouvel agenda 2023-2024 à la couverture irisée et translucide — j’ai mis une photo de John Lennon dans la pochette — parce que Romain Gary n’est pas ma seule divinité

15. Le 28 juillet, j’ai eu plusieurs bouffée de chaleur qui m’ont réveillées pendant la nuit (alors qu’il faisait frais) — & au matin, dans le métro, je suis tombée sur ce poème d’Eric Desgrugillers : « Nuit cassée. Insomnie/Je ramasse en dormant/Les morceaux de la nuit »

Poème gagnant du Grand Prix Poésie de la RATP affiché dans le métro
Poème gagnant du Grand Prix Poésie de la RATP qui est le parfait reflet de ma nuit — le poète a-t-il eu lui aussi des bouffées de chaleur ?

16. Le 29 juillet, il a tellement plu pendant la nuit, que des lignes de métro ne fonctionnaient plus & que plusieurs passage vers les escalators de la gare de Lyon était fermés

Un des passage entre le métro et l'entrée de la gare de Lyon fermée au public à cause d'immenses flaques
Un des passage entre le métro et l’entrée de la gare de Lyon fermée au public à cause d’immenses flaques

17. J’ai terminé mon contrat à l’Adagp

La honte & la culpabilité

La honte et la culpabilité des personnes hypersensibles, illustré par les œuvres d’Edvard Munch.

Les hypersensibles ont honte de ce qu’ils sont et de ce qu’ils font, de leurs émotions comme de leurs désirs et de leurs rêves. Ils se sentent coupable de tout, tout le temps. Tentative d’explication.

Edvard Munch, Mélancolie, 1892, National Gallery, Oslo — Ph : Wikimedia
Edvard Munch, Mélancolie, 1892, National Gallery, Oslo — Ph : Wikimedia

1. La culpabilité de n’être pas comme les autres

Les personnes hypersensibles éprouvent une honte permanente de ne pas être comme les autres, d’être trop « quite unusual », trop étranges, de manquer de confiance en eux, d’être trop timides, trop plein de doutes trop naïfs et plein de bons sentiments, d’avoir des pensées en pagaille —  ayant toujours peur de mal faire — parce que « comment font les autres ? ». 

Ces fameux autres ne se posent pas tant de question. Ils font, sans se soucier du regard des autres, sans se soucier de leur propre regard — ils ne se voient pas faire. Ils n’ont pas de regard extérieur sur eux-même. Ils ne voient pas quand ils sont ennuyeux, grossiers, sans gêne, odieux, ridicules. 

Edvard Munch, La joyeuse compagnie, 1903, Musée Munch, Oslo — Ph : Wikimedia
Edvard Munch, La joyeuse compagnie, 1903, Musée Munch, Oslo — Ph : Wikimedia

Or, l’idée de déranger ou d’être ridicule est ce qui effraie le plus les hypersensibles. 

Les autres, ceux qui ont une sensibilité dans les normes, imitent — s’imitent mutuellement. L’hypersensible est incapable d’imitation. Quand ils imitent ce que font les autres, ça sonne faux — ou maladroit. Parce qu’il leur manque la désinvolture et la légèreté — parce que tout est analysé. Parce qu’il se voit faire et se trouvent ridicule. 

Edvard Munch, Désespoir, 1894, Munch Museum, Oslo — Ph : Wikimedia
Edvard Munch, Désespoir, 1894, Munch Museum, Oslo — Ph : Wikimedia

L’hypersensible ne peut se conformer à un modèle. 

Il ne peut suivre les modes ;  il ne peut utiliser les expressions des jeunes de son temps (hormis « C’est chouette ! » — expression typique des 80’s que je n’ai jamais pu abandonner). 

Il est trop différent pour s’identifier à quelqu’un d’autre.

Mais au lieu d’être fier de sa différence, il le vit comme une infirmité, un défaut. Il voudrait pouvoir être comme les autres, parce que sa vie serait plus facile, parce qu’il serait accepté par les groupes, parce qu’il se sentirait plus fort, parce qu’il aurait moins de doutes.  

Edvard Munch, Mélancolie, 1906/1907, Neue Nationalgalerie, Berlin — Ph : Wikimedia
Edvard Munch, Mélancolie, 1906/1907, Neue Nationalgalerie, Berlin — Ph : Wikimedia

2. Le doute d’avoir fait le bon choix 

A chaque moment, la personne hypersensible se demande si elle a fait le bon choix — si elle n’aurait pas plutôt dû faire ceci ou cela — parce qu’elle voit, imagine & analyse toutes les possibilités ; parce qu’elle est empli de doutes ; parce que son cerveau bouillonne en permanence entre mille pensées contradictoires. Résultat : l’hypersensible à honte des choix qu’il a fait. 

Edvard Munch, Cendres, 1895, Galerie Nationale d'Oslo — Ph : Wikimedia
Edvard Munch, Cendres, 1895, Galerie Nationale d’Oslo — Ph : Wikimedia

3. Honte de nos désirs et de nos rêves 

L’hypersensible à honte de ses désirs, de ses rêves, de ses lubies et de ses hobbys —  parce qu’ils sont trop étranges. Il n’a pas les mêmes envies que les autres, parce que son cerveau est ainsi fait que ses désirs sont singuliers. 

Ce qu’il vit — et comment il le vit — est trop bizarre. 

Ce qu’il vit est inédit.

Il ne se sent pas appartenir à un groupe socio-culturel, à une génération — il n’appartient qu’à lui-même — il vit dans sa bulle et son royaume. 

Edvard Munch, Jeune fille sur le rivage, 1896, Munch Museum, Oslo — Ph : Wikimedia
Edvard Munch, Jeune fille sur le rivage, 1896, Munch Museum, Oslo — Ph : Wikimedia

4. La honte de nos émotions

Sur-réagir et en venir aux larmes pour une broutille ou se draper dans le marbre, s’enfermer dans sa bulle pour n’être pas blessé — les émotions des hypersensibles sont ou trop ou trop peu. L’hypersensible a honte de n’avoir pas l’émotion appropriée.

Edvard Munch, Séparation, 1896, Munch Museum, Oslo — ph : Wikimedia
Edvard Munch, Séparation, 1896, Munch Museum, Oslo — ph : Wikimedia

5. La nécessité de la confession

Confesser son étrangeté, ses doutes, ses désirs est une nécessité pour obtenir l’absolution essentielle à l’acceptation de soi, pour transformer la bizarrerie en singularité. L’hypersensible doit trouver un moyen d’exprimer ce qu’il vit de manière compréhensible pour les autres. C’est dans le « compréhensible » que réside la difficulté.

Edvard Munch, Mélancolie, 1894, Coll part — Ph : Wikimedia
Edvard Munch, Mélancolie, 1894, Coll part — Ph : Wikimedia

Qui était Jan Van Eyck ?

Jan Van Eyck L'Homme au turban rouge, 1433
Autoportrait présumé de Jan van Eyck
Jan Van Eyck L’Homme au turban rouge, 1433
Autoportrait présumé de Jan van Eyck — Wikimedia
  • Jan van Eyck est le plus célèbre des primitifs flamand (ce qu’on appelle en Italie, le Quattrocento — c’est le début de la renaissance). J’en parle aujourd’hui parce que a) j’adore les primitifs flamands b) Il est mort un 9 juillet (1441).
  • On estime qu’il est né vers 1390 à Maaseik, une ville située dans la principauté de Liège (actuellement en Belgique). Peu de détails sont connus sur sa jeunesse et son éducation, mais on sait qu’il a été actif à Bruges à partir de 1422, où il a été membre de la guilde des peintres.
  • En janvier 1425, il devient peintre de cour du duc de Bourgogne Philippe le Bon — qui lui demande de s’installer à Lille — & lui confie aussi plusieurs missions secrètes (quelle vie romanesque ! Pourquoi n’y a-t-il pas une série Netflix sur Jan Van Ecyk ?). Il serait peut-être allé à Jérusalem mais on en a aucune preuve.
Philippe Le Bon, duc de Bourgogne, par Rogier van der Weyden — Wikimedia
Philippe Le Bon, duc de Bourgogne, par Rogier van der Weyden — Wikimedia

  • Jan Van Eyck est surtout connu pour son usage de la peinture à l’huile. Ce n’est pas lui qui l’a inventé — la peinture à l’huile était déjà utilisée dans l’antiquité — mais à l’époque on utilisait surtout la peinture à l’oeuf, qui donnait un aspect très mat aux peintures. Jan utilise de l’huile de pavot, de noix ou de lin comme liant pour ses pigments, peignant ensuite par couches successives, ou glacis — ce qui donne une transparence et un aspect brillant aux visages et aux matières. Et donne un aspect plus précis et « naturaliste » a ce qui est représenté (mais la reproduction de la réalité en peinture est toujours à prendre avec des pincettes — particulièrement au XVe siècle où ce sont des anges, des saints ou des Jésus qui sont peints — l’art ne cherche pas à imiter la réalité — l’art réinvente le monde qui nous entoure ). Les peintres italiens ne se sont mis à la peinture à l’huile que dans les années 1460, alors que Van Eyck l’utilise depuis 1420. La question est : où a-t-il appris la technique ? Et qui la lui a apprise ?
Jan Van Eyck, la Vierge du Chancelier Rolin, 1435, huile sur bois, Musée du Louvre, Paris — Wikimedia — un ange couronne la Vierge
Jan Van Eyck, La Vierge du Chancelier Rolin, 1435, huile sur bois, Musée du Louvre, Paris — Wikimedia

  • Il est aussi connu pour son usage de la perspective — perspective atmosphérique avec ses paysages se perdant au loin dans une brume bleutée — mais aussi perspective géométrique des carreaux au sol et des tapis persans (empirique, avec point de fuite pas vraiment raccord) comme on peut le voir dans cet exemple :
Jan Van Eyck, Analyse des lignes de fuite de la Vierge du chancelier Rolin — Wikimedia
Jan Van Eyck, Analyse des lignes de fuite de la Vierge du chancelier Rolin — Wikimedia


Détail de la Vierge du Chancelier Rolin de Van Eyck — exemple de perspective atmosphérique : les montagnes au loin s'estompent dans une brume bleutée
Détail de la Vierge du Chancelier Rolin — exemple de perspective atmosphérique : les montagnes au loin s’estompent dans une brume bleutée
  • Van Eyck & les primitifs flamands peignent leurs tableaux comme s’il s’agissait de fenêtres qui ouvrent sur la scène représentée (ou sur la tête d’un individu dans le cas d’un portrait) — ils veulent donner l’illusion de la réalité — même pour représenter une réalité magique — d’où l’importance du cadre — aussi important que le sujet représenté, comme dans cet exemple :
Jan Van Eyck, portrait d'un jeune homme, 1432, huile sur bois, National Gallery, Londres — Wikimedia — le texte en latin, sous le portrait "Leal Souvenir" veut dire "Loyal souvenir".
Jan Van Eyck, portrait d’un jeune homme, 1432, huile sur bois, National Gallery, Londres — Wikimedia — le texte en latin, sous le portrait « Leal Souvenir » veut dire « Loyal souvenir ».
  • C’est justement pour ça que j’aime autant les Primitifs : ils mélangent la féérie Gothique des anges aux ailes flamboyantes au naturalisme des matières de la Renaissance — plaçant leurs personnages dans des intérieurs contemporains. Leurs tableaux ouvrent comme des fenêtres sur un monde magique
Jan van Eyck, Annonciation, huile sur toile transposée sur panneau de bois, Washington National Gallery of Art — Wikimedia
Jan van Eyck, Annonciation, huile sur toile transposée sur panneau de bois, Washington National Gallery of Art — Wikimedia — un autre ange qui se marre
  • Ses oeuvres les plus célèbres sont le « Portrait des époux Arnolfini » et le « Retable de l’Agneau mystique » réalisé pour la cathédrale Saint Bavon de Gand (commencé par son frère Hubert & qu’il a terminé après sa mort).
Jan Van Eyck, Les époux Arnolfini, National Gallery, Londres — Wikimedia
Jan Van Eyck, Les époux Arnolfini, National Gallery, Londres — Wikimedia

  • Il a un lien de parenté avec Barthelemy d’Eyck — ils sont tous les deux nés à Maaseik — mais on ignore lequel (on sait qu’ils n’étaient pas frères). Peut-être un cousin.

Bilan de mon mois de juin 2023

Plutôt que de faire un bilan très résumé & très abstrait sur Instagram, j’ai préféré cette fois faire un descriptif plus détaillé de mon mois de juin qui fut très riche en découvertes, jolies balades & expériences douloureuses.

  1. J’ai fait une trop longue balade (8km) qui m’a épuisée dans le quartier Saint Germain le 3 juin

2. Un buisson d’aubépine m’a envoyé un cœur le 6 juin

Fleur d'aubépine et son reflet dans ma piscine pour chien — Montbard, juin 2023
Fleur d’aubépine et son reflet dans ma piscine pour chien — Montbard, juin 2023

3. J’ai rencontré Gaëlle Levesque en vrai le 10 juin. On a parlé de mon roman en cours, 1979, et c’était merveilleux — parler d’écriture & parler avec Gaëlle de manière générale — c’est quelqu’un qui écoute vraiment — pose de bonnes questions — dit des choses pertinentes — à un regard sur le monde intelligent, doux et plein de poésie.

4. J’ai testé un nouveau lieu de sieste à Paris — dans le but d’écrire un article sur le sujet (ça me paraît nécessaire)

Pelouse devant la tour du Châtelet à Paris — juin 2023
Pelouse devant la tour du Châtelet à Paris — juin 2023

5. Mon jardin est retourné à l’état sauvage — à la fois volontairement — pour être biodiversité-friendly — & à la fois involontairement — parce que je suis trop épuisée pour m’en occuper. Mais j’aime bien, ça lui donne un côté magique et mystérieux.

L'escalier enchanté — tunnel de vigne — Montbard, juin 2023
L’escalier enchanté — tunnel de vigne — Montbard, juin 2023

6. J’ai été d’accord avec Buffon le 16 juin

Citation de Buffon sur les grilles de la gare de Montbard — juin 2023. Il dit : "J'aimerai mieux passer mon temps à faire couler de l'eau et à planter des houblons que de le perdre ici (à Paris) en courses inutiles et à faire plus inutilement la cour" — Buffon adorait rester dans son château à Montbard à observer ses plantations qu'aller à Paris.
Citation du comte de Buffon sur les grilles de la gare de Montbard —  juin 2023— Buffon adorait rester dans son château à Montbard à observer ses plantations qu’aller à Paris.

7. J’ai mangé avec Delacroix le même jour

Sculpture en hommage à Delacroix au jardin du Luxembourg  à Paris — juin 2023
Sculpture en hommage à Delacroix au jardin du Luxembourg à Paris — juin 2023

8. Je suis repassée devant la pissotière la plus laide de l’univers le 19 juin

Pissotière de béton à Montbard — chef d'œuvre de l'architecture Brutaliste — juin 2023
Pissotière de béton à Montbard — chef d’œuvre de l’architecture Brutaliste — juin 2023

9. J’ai eu la main droite paralysée — & j’ai fait une radio à l’hôpital de Montbard — je n’ai rien de cassé — mais j’ignorais qu’on pouvait faire des radio à l’hôpital de Montbard — je croyais que cet hôpital ne servait qu’à s’occuper des personnes âgées

Salle d'attente de l'hôpital de Montbard — très belle vue sur la Brenne — juin 2023
Salle d’attente de l’hôpital de Montbard — très belle vue sur la Brenne — juin 2023

10. J’ai commencé à lire Grapefruit de Yoko Ono — & c’est très joli — je comprends tout à fait que John Lennon soit tombé amoureux de Yoko en le lisant (pour ceux qui l’ignorent, Yoko est tombée amoureuse de John en lisant ses poèmes — & John de Yoko en lisant Grapefruit — qui est un mélange de poésies & de propositions artistiques)

Recueil Grapefruit de Yoko Ono sur un plateau — juin 2023
Recueil Grapefruit de Yoko Ono sur un plateau — juin 2023

11. Je suis allé à Dijon pour voir un nouveau psy — il était nul — mais Dijon, elle, ne me déçoit jamais

12. A Paris le 23 juin, j’ai vu une petite fille avec un costume de fée merveilleux

Petite fée rue de Belzunce à Paris — juin 2023 — petite fille habillée d'une robe bleue en tulle pailleté
Petite fée bleue rue de Belzunce à Paris — juin 2023

13. Je suis passée devant le Passage du Désir le 24 juin — & qu’il existe un endroit dans le monde qui se nomme le Passage du Désir me ravit

Entrée du Passage du Désir — Paris Xe arrondissement — juin 2023
Entrée du Passage du Désir — Paris Xe arrondissement — juin 2023

14. Le même jour, j’ai lu A l’Abordage de la talentueuse Anne Langlois dans J’aime Lire Max

Couverture de J'aime Lire Max !
Couverture de J’aime Lire Max !

15. Encore le 24 juin, j’ai vu un ange espiègle au Musée de Cluny

Tête d'ange à bouclettes qui se marre — il lui manque un bout du nez — Musée de Cluny, Paris, sculpture — juin 2023
Tête d’ange qui se marre — il lui manque un bout du nez (et le reste du corps, aussi) — Musée de Cluny, Paris — juin 2023

16. Toujours ce 24 juin, j’ai mal vu un très beau concert
(j’ai fait beaucoup de choses le 24 juin — ce fut une journée intense culturellement)

Concert de Depeche Mode le 24 juin 2023 — Stade de France — vue intérieure — les lumières sur le public — fumée jaune, rayons vert gazon et jaune d’or — reflets magenta
Concert de Depeche Mode le 24 juin 2023 — Stade de France — vue intérieure — les lumières sur le public — fumée jaune, rayons vert gazon et jaune d’or — reflets magenta

17. Le 25 juin, pour retourner à Montbard, j’ai pris le TGV en première classe (il y avait une promo, c’était le même prix que la seconde) — et j’ai découvert qu’ils avaient des tablettes magiques — on pouvait mettre une mini tablette ou une grande tablette. J’ai aussi commencé la sorte de biographie de Romain Gary par Kerwin Spire — intéressant mais écriture très froide, à l’opposée de l’écriture de Gary. C’est assez déroutant.

18. Le mercredi 28 juin, je suis retournée à Dijon me faire couper les cheveux — & je suis retournée au Jardin de l’Arquebuse pour attendre mon train. Il est encore plus beau que d’habitude. Les jardiniers ont laissé des coins du jardin à l’état sauvage, parce qu’ils sont eux-aussi biodiversité-friendly.

Fleurs blanches tombant dans l'eau — jardin de l'Arquebuse, Dijon — juin 2023
Fleurs blanches tombant dans l’eau — jardin de l’Arquebuse, Dijon — juin 2023

19. Le 30 juin, l’adorable Laure Pelen, nous a amené, sa famille & moi, dans un délicieux restaurant japonais au décor Miyazakien

20. Et, toujours le 30 juin, Elon Musk a encore cassé twitter (je crois que la, il l’a définitivement achevé)