Bilan de mon été

Ce bilan des vacances est garanti à 100% sans paysages paradisiaques (c’est plutôt 100% images de vacances plan plan à la maison).

Ma limace s’appelle Gérard

J’invente un nouveau diction : « pluie en juillet, limace dans le canapé ».

Bon, elles n’étaient pas tout à fait dans le canapé, mais assiégeaient les fenêtres de mon salon, déposant leur bave glitter un peu partout.

Il a donc beaucoup plu en juillet en Bourgogne. Et je ne vais pas me plaindre parce que je préfère ça aux canicules historiques que le reste du monde a subi. Les réfugiés climatiques devraient tous venir en Bourgogne, c’est un endroit sûr.

Nous avons eu un micro climat propice aux limaces donc, et aussi aux araignées, qui, en tant normal, disparaissent en été. Cette fois-ci elles étaient partout, d’une effronterie hallucinante, tissant leurs toiles à l’endroit même où je venais de passer cinq minutes auparavant (pas de photos, je déteste les araignées).

En août, le soleil est venu quelques jours, entrecoupé d’orages. Les limaces ont planté leurs tentes. Je vais finir par leur donner des prénoms à elles aussi. Ou alors, toutes les appeler Gérard, puisque tout le monde s’appelle Gérard à Montbard. Ou Ignace parce ça rime.

Pluie de chatons

L’Association des Chats de la rue de Montbard qui s’occupe de la stérilisation des chats errants à découvert un nouveau chaton dont ils ne savaient pas quoi faire.

J’ai accepté de le prendre en attendant de pouvoir le stériliser.

Finalement, l’Association a découvert quatre chatons 😬. Ils ont tous atterri chez moi.

Comme il fallait leur donner des noms très rapidement, j’ai puisé dans le calendrier républicain que je trouve si poétique : Messidor, Thermidor, Fructidor & Vendémiaire.

Problème : il y en a 2 qui ont des rayures tigrées tellement similaires que je suis incapable de les différencier.

Mais heureusement, trois d’entre eux ont eu la bonne idée d’aller s’installer dans ma cave (parce qu’ils étaient trop sauvages pour rester à l’intérieur), dont le très beau chat noir (qui lui, je sais, se nomme Thermidor). Mais le plus intelligent d’entre eux, Messidor (dont on voit les grands yeux plein de sagesse sur la première et la dernière photo ci-dessous), lui, est resté. Il a compris que mon lit était plus confortable qu’une cave humide. Depuis, il ronronne dès que je lui donne à manger. Et il commence a accepter de se faire caresser.

Nouveau roman, tri et rangement

Comme j’avais du temps, j’ai du rangement. Avec mon fils on a jeté toutes les vieilles bouteilles en verre qui encombraient la cave, ce qui permettait de donner plus d’espace aux chatons. Nous avons rempli plusieurs valises parce que ça faisait un bon moment qu’on ne l’avait pas fait. Et plusieurs allers/retours au container pour jeter tout ça. Le container n’est pas loin mais suffisamment pour qu’on soit épuisés.

J’ai aussi commencé un nouveau roman, dans un genre complètement différent du précédent : un western cette fois-ci. Mais un western sans violence. Le titre provisoire est Hamlet & the Goldmine, pour la beauté de l’esperluette. Mais comme je dois beaucoup me documenter car mon sujet est une terra incognita, je n’avance pas très vite (à la même allure que Gérard).

Sinon, j’ai continué à travailler pour Champon Pearl Farm. Je me suis amusée sur Canva à experimenter de nouveaux Reels avec les photos que j’avais, & ça marchait plutôt bien.

Petit florilège de mon été plan plan

Oups pour la dernière image. Je n’ai pas pu m’empêcher de mettre la Une de Libération qui résume tellement bien le déni démocratique de notre sale gosse de président (cela aurait pu être titré « Le tricheur »). Il a perdu. Deux fois. Il fait semblant qu’il a gagné. Scandale bien plus préoccupant que de voir un Dionysos bleu à la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques.

Bilan séries

Sur Prime video, j’ai vu 3 excellentes séries que je n’ai pas pu lâcher avant la fin tellement elles étaient bien écrites et hilarantes (8 saisons pour Mom quand même…).

Mom

J’ai voulu voir cette série pour Allison Janney, découverte dans The West Wing et que j’adore. Dans Mom, elle montre toute la palette de son talent. Ex toxico, méchante et arrogante, sans morale ni remords et pourtant généreuse et touchante. C’est une série sur l’addiction et la réconciliation, sur comment réparer les erreurs que l’on a commise, sur une nouvelle vie et comment se sortir de la misère (spoiler : le mensonge aide beaucoup). Mère indigne à qui sa fille aurait voulu ne rien pardonner, mais qui finalement finit par vivre avec elle et partager le même lit. C’est brillamment écrit et on voudrait pouvoir noter chaque réplique. Cette série confirme le talent d’Allison Janney qui peut définitivement tout jouer.

My Lady Jane

Série courte mais délicieuse. Une uchronie (& j’adore les uchronies) où Lady Jane Grey ne se fait pas décapiter, mêlé à du fantastique, une histoire d’amour, un rythme trépidant, et, ce que j’ai préféré, une voix off anachronique qui commente ce qui se passe pour les spectateurs que nous sommes. Et ces commentaires sont priceless. J’ai oublié de mentionner les costumes fabuleux, qui eux, n’ont rien d’anachroniques.

Veronica Mars

Je triche un peu parce que j’avais déjà vu Veronica Mars, il y a longtemps sur je ne sais quelle plateforme. Comme j’en gardais un excellent souvenir je m’y suis replongée. Et j’ai très bien fait parce que cette série qui se passe au début des années 2000 n’a presque pas pris une ride (hormis les téléphones portables et les ordinateurs qui semblent aujourd’hui complètement archaïques). Enquêtes policières d’une ado détective ultra intelligente, histoires de meurtres et de viols, tensions sociales, questions raciales, rapport père-fille adorable, triangles amoureux, dialogues sarcastiques, références littéraires et musicales. Cette série est brillante. Je regrette qu’il n’y ait que 4 saisons.

Et vous, votre été ? Vous avez fait quoi ? Plan plan ou paysages paradisiaques? Limaces ou coquillages?

Bilan du mois de juin

Mois qui fut finalement très pop mais pas dans le sens où j’aurais pu l’imaginer. Mois oscillant entre la rage & le désespoir, l’optimisme & la consternation, le rôle d’extincteur & la peur.

Et depuis dimanche 7 juillet au soir, c’est la stupeur & la joie. Le Nouveau Front Populaire, notre New Hope, a remporté le plus grand nombre de sièges à l’Assemblée. Les Français ne sont pas tous stupides, racistes et anti-républicains.

R2D2 de Star Wars, émettant des bits étranges qui signifient "Votez pour le Nouveau Front Populaire"
Visuel de 24X36

Romain Gary & Filoche

La France dont rêvait Romain Gary (ou plutôt sa mère), la France des Droits de l’Homme, des Lumières, de la Justice et de la terre d’asile existe toujours. Elle a tenu ses promesses.

Couverture de La Promesse de l'Aube de Romain Gary
Couverture de La Promesse de l’Aube de Romain Gary

Romain Gary aurait eu 110 ans en mai 2024. S’il avait été encore parmi nous, il nous aurait dit que cette explosion du RN était encore un tour de cochon de « Filoche, le dieu de la petitesse, des préjugés et de la haine (…) c’est un merveilleux organisateur de mouvements de masses, de guerres, de lynchages, de persécutions (…), malgré son poil galeux, sa tête d’hyène et ses petites pattes tordues… ».

Gravure ancienne représentant une hyène devant un squelette d'animal — représentation choisie pour illustrer le dieu Filoche inventé par Romain Gary.
Représentation du dieu Filoche dans le Manuel à l’usage des démonologues amateurs, 1895, Paris.

Lire & relire Gary est le meilleur antidote aux horreurs programmées par l’extrême droite.


Le mois de juin avait pourtant bien commencé…

Le 1er Juin

Comme convenu, j’ai participé au Let it Bloom June, par principe et par paresse. Mais « embrasser la biodiversité » n’est-il pas un beau programme ?

Et par une des ironie de la vie, ce fut aussi un Let it Blum June

Le 2 juin

J’ai commencé à participer au Challenge Le Mois British sur mon compte Clémence d’Harville avec un hommage à Meurtre dans un jardin anglais de Peter Greenaway avec la musique sublime de Michael Nyman.

Vue de mon post du 2 juin sur le thème du Jardin du Mois British.

Le 5 juin

Il a fait enfin beau. Soleil chaud auquel j’ai intensément soumis mon corps en manque de Vitamine D. Et les chats aussi (les chats ont-ils aussi besoin de vitamine D ?).

 

Le 7 juin

J’ai dû aller à Dijon pour un rendez-vous. Ensuite, je me suis allongée dans l’herbe du Jardin de l’Arquebuse sous un beau platane aux lignes graphiques.

Branches de platane sur fond de ciel bleu au Jardin de l'Arquebuse à Dijon
Branches de platane sur fond de ciel bleu au Jardin de l’Arquebuse à Dijon

Le 8 juin

Martin Gore fait très bien la couverture de Vogue. Il ressemble à Claudia Schiffer sur cette photo de 1990 (période Violator, donc), il a quelque chose de très féminin sans avoir l’androgynie de ses débuts. Est-ce une volonté d’Anton Corbijn de l’avoir photographié comme s’il était une Top Model ?

Screenshot d'un montage Instagram où j'ai rajouté un portrait de Martin Gore par Anton Corbijn
Screenshot d’un montage Instagram où j’ai rajouté un portrait de Martin Gore de 1990 par Anton Corbijn.

Le 9 juin

Résultat des élections européennes. Dissolution de l’assemblée. La stupeur & l’effroi.

Puis très vite, l’union des gauche indispensable pour faire barrage, le Nouveau Front Populaire. Et non seulement ils ont réussi à s’unir en un temps record, mais ils ont proposé un programme merveilleux, tissé de justice sociale et d’écologie.

Le 12 juin

Geoffrey Dorne & Mathias Rabiot créaient le site 24X36.art, où amateurs et graphistes professionnels pouvaient poster des visuels « joyeux et optimistes » pour le Front Populaire. Ces visuels étaient tellement beaux qu’ils ont inondé les réseaux sociaux, les rues des villes, les cortèges de manifestations.

Une sélection de mes préférées 👇🏻

J’ai arrêté tout ce que je faisais (notamment le challenge du Mois British, mon roman en cours d’écriture, etc) pour me lancer dans la propagande intensive, parce que le danger me paraissait trop grave, face à la brutalité de l’extrême droite nos vies étaient en danger. La haine ne pouvait triompher, la belle idée que représente la France ne pouvait être piétinée par une horde de barbares.

Et je me sentais d’autant en danger qu’à Montbard le RN à fait 40% aux Européennes et au 1er tour des Législatives. Je vis en pays fasciste.

Et ces montbardois, retraités aux vies plus paisible que la mienne, fils d’immigrés polonais, italiens, portugais, votent RN par pure bêtise, par pure haine de l’altérité. Ils ne haïssent pas seulement les étrangers venant de pays exotiques, ils haïssent les parisiens comme leurs voisins. Ils vivent de façon clanique et primitive, en vase clos, n’adressant la parole qu’à leur famille. L’autre — tout autre — est l’ennemi pour la seule raison qu’il n’est pas un double d’eux-même.

Sur fond rouge, un cœur. En rose et vert est écrit "Peace and Ecololove"
Visuel de 24X36.art

Gauche d’Internet & vidéos

Comme je ne me sentais pas capable physiquement de faire du porte à porte et de la distribution de tract, et que je ne pouvais pas ne rien faire, j’ai participé à ce que proposait Gauche d’Internet sur son Discord : inonder les Réseaux Sociaux de vidéos pour la gauche afin de contrer la propagande de l’extrême droite, très présente sur Tiktok et Facebook, mais aussi convaincre les abstentionnistes et les jeunes.

Une des conséquence inattendue fut le succès foudroyant des vidéos que j’ai posté sur Instagram. Elles sont explosé mes statistiques : 20k de couverture (+ 3000%) et + 1275% de taux d’interaction. Ce n’est évidemment par pour ça que je l’ai fait, mais ça prouve que la communication politique sur les réseaux sociaux fonctionne. Et que ces vidéos étaient parfaitement calibrées pour toucher le public cible (les 18-24 ans).

Une des vidéos de Gauche d’Internet qui a eu le plus de succès sur mon compte Insta 👇🏻

« Choisissez l’amour » — une des vidéo réalisée pour Gauche d’Internet — une vidéo qui parle d’amour comme le nom l’indique.

J’ai aussi reposté les détournements géniaux de Retard Futur & les magnifiques vidéos de Animafpop, au croisement de l’art et du militantisme.

La vidéo de Retard Futur que j’ai partagée sur Insta (toutes ses vidéos sont géniales) 👇🏻

Détournement politique du Seigneur des Anneaux par Retard Futur

J’ai aussi passé un temps infini sur Facebook (pas vraiment infini, mais c’est la durée ressentie parce que Facebook est le réseau du démon) a batailler avec des électeurs du RN. Ces gens là n’ont aucune logique — mais il est évident qu’ils sont racistes, même quand ils le nient. Ils commencent par parler de pouvoir d’achat ou de service public, puis quand on leur demande quel élément du programme du RN les a séduits, ils répondent tous « L’immigration » 🫣.

Je me suis fait traité d’antisémite et c’était nouveau. D’habitude on me traite de Khmer Vert.

Détournement d'une couverture de Martine : "Martine en a marre de prendre des pincettes avec les gens. Elle va plutôt utiliser une pelle"
Couverture de Martine confrontée à des boomers sur Facebook.

Et finalement, toutes ces heures passées d’un réseau à l’autre, Twitter, Instagram, TikTok, Facebook — et même LinkedIn (au point où mon cerveau affolé n’en pouvait plus), à expliquer, faire de la pédagogie, répondre aux contre-vérités, poster des vidéos & des visuels ne fut pas vain.

C’était un travail de groupe, évidemment, et c’est précisément parce que nous étions nombreux à y participer, parce que des monteurs et des graphistes talentueux avaient mis leurs compétence au service de la cause que ce fut un succès.

Donc, immense merci à Gauche d’Internet & à Retard Futur & à Animafpop ❤️

Street Press, Libé & les télés régionales

Je ne peux pas soutenir Street Press financièrement parce que je n’ai pas d’argent. Mais si j’en avais, je ferais pleuvoir une pluie d’or sur eux. Ils ont fait un travail formidable pour déterrer tous les secrets honteux des candidats RN. Dont la candidate RN de ma circonscription, Sophie Dumont, antisémite & complotiste. Et je lui en veux terriblement, pas seulement pour ses idées abjectes, mais pour avoir fait perdre ma candidate NFP, Valérie Jacq, qui, elle, était compétente, précise et ultra présente sur le terrain (Sophie Dumont, elle, on ne l’a jamais vue). Et qu’à cause de Sophie Dumont j’ai dû voter pour le Républicain Hubert Brigand au second tour (imaginez ma douleur !).

Personne ne la connaît à Montbard, personne ne l’a jamais vu, mais ils ont voté pour elle à 40% au Premier tour.

Elle se retrouve même en bonne position sur la Une de Libé du 5 juillet affichant les « brebis galeuses » du RN (selon les termes de Jordan Bardella, disant qu’il y avait 2 ou 3 « brebis galeuses » dans son parti — c’est à dire ouvertement racistes, antisémites, suprémacistes, négationnistes, etc — alors qu’il y en avait plus d’une dizaine) :

François Malaussena, véritable puit de science sur nos institutions, a aussi contribué à les faire connaître par ses vidéos sur Twitter et Instagram. Il a aussi expliqué les programmes de chacun, répondu de manière factuelle aux mensonges de l’extrême droite et tant d’autres choses encore (ce monsieur semble ne jamais dormir).

Quant aux chaînes de télé régionales comme France Bleu, elles ont montré la nullité des candidats RN qui sans être des « brebis galeuses » étaient bêtes à manger du foin, d’une bêtise digne de la série Fargo (voir plus bas). Ils ne répondent pas aux questions posées, sont hors sujet, ne connaissent pas le programme de leur propre parti. Et quand les journalistes leur demande avec un calme qui force l’admiration, comment ils comptent financer leur politique, leur seule réponse est « l’immigration ». Répété en boucle.

Vincent Flibustier sur Twitter a fait une compilation des meilleurs 👇🏻

Les meilleures interviews de candidats RN aux législatives 2024, les champions parmi les champions.

Mention spéciale à la candidate de Dijon, Cyline Humblot-Cornille (la 6e dans la compilation) dont le métier est « magnétiseuse, coupeuse de feu et harmonisation des chakras » (je n’invente rien). Bon, il est probable que le jour de son interview, ses chakras étaient en panne (très mauvaise publicité pour son activité).

On pourrait croire que cette délirante équipe de bras cassés a été choisie à la hâte. Or, il n’en est rien. Ils ont été choisis depuis 2023 par un certain Gilles Pennelle. Comment ? Par tirage au sort ? Depuis le fiasco de casting, il a démissionné.

Réseaux sociaux & contre-pouvoir

Cette nullité étalée sur les télés régionales et largement relayée sur les réseaux sociaux a sans doute beaucoup fait pour l’échec final du RN (ou en tout cas, éviter le raz de marée attendu + l’arrivée du NFP en tête). Personne n’avait envie d’envoyer des imbéciles pareils à l’Assemblée Nationale. Les électeurs du RN, très soucieux de la « Grandeur de la France » ont certainement craint de contribuer au « Ridicule de la France ».

Je ne vais pas raconter le dimanche 7 juillet puisque j’en parlerais dans le bilan du mois prochain (je parlerais aussi du type du Figaro qui veut absolument parler du désarroi des pauvres mais considère les candidats NFP comme des « fascistes »), mais on peut conclure de cette campagne éclair que les réseaux sociaux ont joué un rôle majeur dans la campagne de ces législatives. Les chaînes de télé privées ayant tenté de diaboliser la gauche par tous les moyens puisque la redistribution des richesses, c’est pas leur truc (44% des téléspectateurs de TF1 ont voté RN), ce sont les chaînes locales, les médias indépendants et les réseaux sociaux qui ont permis de diffuser le message de la gauche, lutté contre les fakes news, révélé la nullité et/ou les idées nauséabondes des candidats de l’extrême droite.

Si les réseaux sociaux sont souvent pointés du doigt pour propagation de fake news et d’idées complotistes (à juste titre), ils permettent aussi de rétablir la vérité et la balance. Ils ont confirmé leur rôle de contre-pouvoir aux mensonges propagés par la télévision.

Sur fond mauve une photo en noir et blanc de Léon Blum lisant un livre. Derrière lui, une grande fleur en noir et jaune. Il est écrit en noir et jaune "Flowers are Bluming again"
Visuel de 24X36.art

Bilan Séries

Sur les conseils de mon fils qui m’a assuré que ce n’était pas trop violent pour moi (mon fils est mon testeur de niveau de violence), j’ai regardé les deux premières saisons de la série Fargo sur Prime Video.

Et j’ai bien fait : très bons acteurs (Martin Freeman et Billy Bob Thornton dans la S1, Kirsten Dunst dans la S2), personnages surprenants, plans d’une beauté à couper le souffle & scénario inattendu (ce sont des histoires inventées, contrairement à ce qui annoncé à chaque épisode).

Fargo pourrait être utilisé pour montrer par l’exemple les effets dévastateurs de la stupidité. Chaque saison commence par un acte stupide, en apparence insignifiant, puis prenant des proportions effarantes au fur et à mesure que d’autres individus stupides s’en mêlent, par un effet boule de neige de violence. Et au milieu se trouve une enquêtrice ou un enquêteur intelligent qui est déboussolé parce que justement ce qui se passe paraît absurde. Parce que les individus stupides agissent contre toute logique.

C’est l’exact contraire des séries où un personnage a un plan machiavélique révélé dans un twist final censé nous couper le souffle, ce qui m’agace parce qu’en réalité personne ne peut prévoir à l’avance les actions de centaines d’individus. La preuve, Macron qui dissout l’Assemblée pour faire gagner le RN — & finalement son plan tombe à l’eau parce que les français sont plus à gauche que ce qu’il pensait. Ce qui confirme que les plans machiavéliques fonctionnent rarement dans la vraie vie (mais Macron sait-il ce qu’est la vraie vie ?).

On ne peut pas dire que cette série soit « réaliste », on est plutôt dans une sorte d’exubérance baroque, mais ce jeu avec les conséquences aléatoire de personnages agissant hors de toute logique n’est pas sans rappeler la vie politique de ces dernières semaines, du comportement d’enfant gâté d’Emmanuel Macron (qui casse ses jouets, refuse d’admettre les conséquences de ces actes, est dans le déni de réalité comme Peggy Blumquist dans la S2) aux candidats RN à la nullité effarante.

Bilan du mois de mai

Je voulais faire mon bilan hier, mais après le résultat des élections européennes et la dissolution venue de l’espace, j’étais trop déprimée.

Mes voisins sont des fachos et ça me donne envie de déménager :

Source : Le Monde

Aujourd’hui, ça va mieux grâce au Front Populaire. Je peux à nouveau croire à une France qui ne deviendrait pas fasciste en juillet.

Front Populaire en lettre blanc cassé sur fond rouge

Pour revenir au mois de mai, il ne fut pas très gai. « Fait ce qu’il te plaît », selon le dicton. Ben, en fait non. Beaucoup de déceptions et d’angoisses diverses. Je parlerais de l’une d’entre elle à la fin de cet article.

Beaucoup de pluie et pas de réponse à mes emails (comme s’ils étaient tombés dans un vortex). 

Image symbolique d'un vortex : spirale orange avec un trait de bleu.
Vortex orange — Photo de alejandro penner sur Pexels.com

Idem pour mon roman 1979 : j’ai envoyé mon manuscrit traduit (maladroitement) en anglais aux ayants droit pour obtenir leur approbation — mais 0 nouvelles. Ce vortex est très grand.

Mais je ne me suis pas laissée abattre, je me suis créé un compte Instagram Clémence d’Harville dédiée à mes activités d’écriture.

Sinon, voici les micro événements de ce mois de mai pluvieux :

Le 2 mai

J’ai fait 5mn de méditation avec Jessica (j’adore sa voix apaisante) sur Fitness+ pour retrouver mon cerveau. C’était une méditation où il fallait éviter de penser à un chat. Or, avec la quantité de chats dans mon lit, c’était impossible. 

Le 6 mai

J’ai décidé de participer au No Mow May : l’idée, lancée par les anglais de Plantlife, c’est de ne pas tondre au mois de mai pour laisser les fleurs pousser afin d’être biodiversité-friendly & nourrir les abeilles.

Au début, c’était ça :

A la fin c’était ça (le chat donne l’échelle) :

Les fleurs étaient plus hautes que moi. J’ai pu aussi constater que la qualité de mon sol s’est améliorée depuis mon arrivée en juillet 2018, où ce coin de jardin n’était peuplé que d’un foin informe.

Et je suis bien partie pour faire un Let it Bloom June… (la suite logique).

Pour une fois qu’un engagement écologique consiste à ne rien faire, nous aurions tort de nous en priver.

Le 10 mai

Comme tous les ans, mon jardin m’a offert de belles pivoines roses fuchsia.

Le 13 MAI

J’ai fait un tour à Dijon un jour où il ne pleuvait pas (par chance) et j’ai encore pris en photo des échauguettes — parce que j’aime les échauguettes autant que les esperluettes (tous les goûts sont dans la nature, les miens ne sont pas les plus pervers).

Le 15 mai

L’Estate John Lennon a sorti un mini-documentaire sur la création et l’enregistrement de Mind Games. John Lennon élabore une version de la chanson en février 1970 à Tittenhurst. Il l’avait déjà explorée quand les Beatles préparaient Let it Be. Il ne la terminera qu’en 1973. Mais ce qui intéressant, c’est ce qu’il dit aux musiciens au moment de l’enregistrement : ses couplets sont inégaux (8 dans le premier, 6 dans les autres) « Sans autre raison que ma propre folie ». Ce n’est pas de l’arrogance. Un authentique créateur ne suit pas les règles.

Le 18 mai

Terminé la relecture de La nuit des rois et commencé la relecture de Comme il vous plaira de Shakespeare. Comme j’aime ces pièces ! Ces histoires de femmes qui tombent amoureuses d’une autre femme déguisée en homme me ravissent, l’inversion des rôles, les déclarations d’amour, ces mondes féériques qui ne ressemblent à rien qui existe (l’Illyrie comme la Forêt des Ardennes ou d’Arden). Un authentique créateur invente son propre univers. Mais les fins sont décevantes : tout le monde se marie et hop c’est fini.

Couvertures de La Nuit des Rois et de Comme il vous plaira posés sur une table bleu gris.

Le 25 mai

Le cerisier que j’ai planté il y a trois ans a fait ses premières cerises.

Petit cerisier sous les rayons du soleil, devant un grand chêne, au milieu des herbes hautes. Quelques cerises rouges.
Jeune cerisier tendre faisant ses premières cerises sous un soleil inopiné.

En vrac

J’ai aussi fait ma déclaration d’impôts. J’ai lu mes vieux journaux intimes des années 2012 à 2015 qui m’ont bien déprimée. A l’époque, j’avais des fourmillements dans les membres, des vertiges, je faisais de la tachycardie. Les médecins me disaient que je fabriquais trop d’adrénaline mais aucun ne proposait de solution. Elle était pourtant simple : me prescrire des anxiolytiques — j’étais ultra angoissée mais aucun n’a eu l’intelligence de le voir. Je retranscrivais aussi sur mon journal de nombreuses citations mais aussi beaucoup de réflexions pertinentes que j’avais oubliées. Période stimulante intellectuellement & atroce financièrement. Désormais mes journaux sont plats, vides & sinistres — j’écris et je lis moins — mon cerveau s’est atrophié.

Bilan série

Dark Matter
J’ai commencé à regarder Dark Matter sur Apple + parce que ça parle de multivers. Mais c’est vraiment bof. Le personnage principal est prof de physique mais il met un temps fou à comprendre qu’il est dans un univers parallèle. Moi j’aurais compris tout de suite. C’est long, sombre, très bavard, assez violent gratuitement. Pas sûre de regarder la saison complète.

Mais ce n’était pas le pire.

J’ai voulu voir The Handmaid’s Tale.

Et j’aurais pas dû.

J’ai mis si longtemps à regarder cette série parce que je craignais sa violence, que, pour moi qui suis trop sensible, ce soit insupportable à regarder. Je ne m’étais pas trompée.

J’ai vu les 5 saisons d’affilée et j’en ai fait des cauchemars la nuit. Je rêvais que j’étais prisonnière à Gilead. Ce qui est terrifiant c’est que cet univers paraît plausible, qu’il rappelle tous les endroits du monde où les femmes sont piétinées, qu’il est l’incarnation de la phrase de Beauvoir : « Il suffira d’une crise politique, économique et religieuse, pour que les droits des femmes, nos droits, soient remis en question. Votre vie durant, vous devrez demeurer vigilante.” 

Je déconseille cette série aux âmes sensibles.

J’ai voulu arrêter la série à plusieurs reprises mais elle est suffisamment bien faite pour qu’on ait absolument besoin de savoir ce qui va arriver à June Osborne. Et on y croise quelques personnages intéressant, comme cet « architecte de Gilead », le commandant Joseph Lawrence (admirablement joué par Bradley Whitford), à la fois cynique et généreux, intelligent mais piégé par son propre plan: il a voulu utiliser les bigots pour « sauver le monde » et ça s’est retourné contre lui. Une leçon pour tous les apprentis sorciers.

Ce qui explique que j’ai passé un mois de mai angoissée : outre mes angoisses habituelles et attendues, je me suis retrouvée prisonnière de Gilead une bonne partie de mes journées et de mes nuits.

Bilan du mois d’Avril

Mois plein de pluie, de jours de soleil et de gelée, d’attente et d’hésitation.

Le 1er Avril

Le mois d’avril a commencé avec des inondations à Montbard. A cause des pluies abondantes, La Brenne est sortie soudainement de son lit. Elle est partie à l’assaut du pont du XVème siècle, des maisons, des caves, des rues et des commerces qui la bordent. J’ai pris les photos ci-dessous le 2 avril, quand la décrue avait déjà commencé. L’impression d’une Venise lugubre.

Le 3 avril

A mon grand soulagement, j’ai pu retourner à Dijon pour me faire couper les cheveux. Cela faisait des mois que je n’avais pas les moyens de payer ma coiffeuse et mes cheveux étaient devenus beaucoup trop longs — & je ne savais pas quoi en faire — ils me gênaient malgré le nombre de barrettes que j’y mettait. J’avais perdu mon identité, ce n’était plus moi.

J’ai enfin pu retrouver ma tête.

Durant le trajet en train, j’ai vu la Brenne qui ne voulait pas retourner dans son lit, les champs inondés, et les vaches coincées sur des îlots d’herbe comme des naufragées.

Le 4 avril

Rendez-vous professionnel à Genay avec mon ami Yves Robic, pour discuter de son compte Instagram. Il m’a ensuite invité à dîner dans un restaurant à Semur.

Semur-en-Auxois est définitivement une des villes les plus adorable du monde, même la nuit.

Le 12 avril

J’ai dû retourner à Dijon pour un rendez-vous. Au Jardin de l’Arquebuse, il y avait des pâquerettes, de la glycine & un ciel bleu. C’est la période de l’année où l’on croise ceux encore habillés en hiver avec doudoune, pull et bottines et ceux, plus optimistes, qui portent des robes et des sandales. Je faisais partie de la seconde catégorie. Je me suis allongée au milieu des pâquerettes devant le Museum d’Histoire Naturelle en attendant mon train.

Le 13 avril

France Culture a fait une vidéo sur l’esperluette. En tant que fan de l’esperluette, j’ai sauté de joie. On ne parlera jamais assez de l’esperluette.

Le 14 avril

Il a fait soudain — & très temporairement — très chaud. J’ai rempli ma mini piscine pour me tremper.

Mes Cœurs de Marie et les lilas étaient en fleur.

Et je me suis demandé : que pensent ceux qui détruisent la planète en voyant un lilas en fleur ? « C’est joli, dommage qu’il n’y en ai bientôt plus à cause de moi» ? Ou sont-ils insensibles à la beauté ?  

Je pense qu’ils sont insensibles à la beauté. Ils sont insensibles tout court. Ce sont des psychopathes. Nulle émotion ne les habitent.

Ono & Ono

Le 27 avril j’ai lu le texte sur Yoko Ono par Camille Viéville, sobrement intitulé Ono et publié par les éditions Les Pérégrines.

Texte écrit par une passionnée (elle se décrit elle même comme une « Academic fan ») qui m’a permis de comprendre la complexité de l’oeuvre de Yoko : le cri, l’intime et le politique, le ciel et les nuages, l’imaginaire et son pouvoir.

Deux extraits :
« Avec Museum of Modern (F)art, Ono brouille une nouvelle fois la frontière entre le réel et la fiction, dans une célébration jouissive de la puissance de l’imagination. »


« Ono fait du ciel le symbole de la liberté et de l’imagination, au-delà des limites de l’art, de l’artiste et de son ego. »

Photo de l'ouvrage Ono par Camille Viéville, posé sur une vieille couverture — chats étalés à l'arrière plan.
Photo de l’ouvrage Ono par Camille Viéville, posé sur une vieille couverture — chats étalés à l’arrière plan.

Et deux jours plus tard, le compte Instagram de Yoko Ono publiait un extrait de 100 Acorns qui m’a particulièrement troublé : Son instruction est d’imaginer 2 milliards d’univers, puis de visualiser ce que nous ferions sur toutes ces planètes.

Soit exactement ce que j’ai fait avec 1979 — enfin, pas sur 2 milliards d’univers — un seul et c’était déjà beaucoup. J’ai suivi sans le savoir une des instruction de Yoko.

Yoko est toujours une source inépuisable d’inspiration et de réconfort. Elle est notre phare dans la nuit.

Capture écran du Post de Yoko Ono — EARTH PIECE VIII Imagine two billion universes. Visualize yourself on a planet in each universe. Imagine what all of you are doing and thinking at this moment in time on the different planets. From 100 Acorns, 1996.
Capture écran du Post de Yoko Ono — EARTH PIECE VIII Imagine two billion universes. Visualize yourself on a planet in each universe. Imagine what all of you are doing and thinking at this moment in time on the different planets. From 100 Acorns, 1996.

Bilan séries

The Mentalist
J’ai longtemps hésité à regardé cette série pourtant culte. Elle avait tout pour me déplaire : je n’aime pas les cadavres, je n’aime pas avoir peur, je n’aime pas le suspens, je n’aime pas les Serial Killer, je n’aime pas la vengeance.

Mais je l’ai commencé et je n’ai pas pu lâcher ses 7 saisons.

Pour ses personnages : Patrick Jane avec sa franchise désarmante (comme j’aimerais pouvoir dire la vérité aux gens comme il le fait!), ses « méééé » d’excuse et de perplexité, sa désinvolture et sa vieille DS Citroën. Et Teresa Lisbon avec son air timide qui surgit par moments — quand elle est prise la main dans le pot de confiture — cassant la couche de glace de son professionnalisme froid.

Pour ses mises en scènes abracadabrantes organisées par Patrick Jane afin de démasquer le coupable (la meilleure étant celle avec la fanfare dans la S6). Les scénaristes de cette série sont à la fois très malins, plein d’imagination et plein d’humour.

Parce que les méchants sont toujours punis et la justice est rendue. Les personnages rendent ce monde un peu plus juste à chaque épisode.

Il y a bien quelques incohérences par ci par là, mais quelle série n’en a pas ?

Bande annonce officielle de la S1 de The Mentalist

Fallout
Autre série qui avait tout pour me faire fuir : violence, gore, post-apocalyptique, etc. Mais son esthétique 50’s a attisé ma curiosité. J’ai passé en accéléré les scènes de combat qui m’ennuient et les scènes gore qui m’horrifient pour voir où les scénaristes voulaient en venir.

Et finalement, j’ai bien fait. Sous couvert d’une quête emplie d’aventures, de monstres divers et d’abris mystérieux, cette série est une violente critique du capitalisme ultra libéral.

Autre bon point : les différences culturelles et les malentendus entre les personnages venant de différentes communautés, particulièrement la jeune Lucy, trop polie dans un monde trop brutal.

J’y vois une métaphore de ceux qui sont du côté de la civilisation & de la solidarité confrontés à l’égoïsme des brutes archaïques qui gouvernent le monde (& du patriarcat en général).

Bande annonce officielle de la série Fallout

L’esperluette, le tiret cadratin & Lord Byron

Le récent article de Lionel Davoust sur L’usage des tirets d’incise comme marque de rythme m’a donné envie de ressortir de mon placard cet article écrit pour feu mon précédent blog. 

Car je suis entièrement d’accord avec lui, les tirets servent à marquer le rythme et tout auteur/autrice devrait en avoir l’usage le plus libre possible. 

Esperluette jaune sur fond bleu nuit

J’adore les esperluettes

Et j’adore le tiret cadratin

Tout ça depuis que j’ai lu les lettres de Lord Byron qui en met partout. Or, dans l’édition actuelle, le tiret cadratin est passé de mode. Ce que je regrette infiniment. 

Esperluette jaune sur fond bleu nuit

Qu’est-ce que le tiret cadratin ? 

En typographie, le tiret cadratin est le trait le plus long : —

Il fut longtemps utilisé pour les dialogues et les incises. Désormais, les éditeurs préfèrent le tiret semi-cadratin pour un gris typographique plus harmonieux. Il existe sur Wikipedia un article très complet sur le sujet. 

Portrait de Lord Byron façon pochoir en jaune sur fond bleu nuit

Comment Lord Byron s’en sert ? 

Lord Byron utilise le tiret cadratin dans ses lettres, souvent avec une esperluette, pour marquer une respiration, pour remplacer une virgule, une parenthèse. Il écrit comme s’il parlait à son interlocuteur. 

Et plus il est furieux, plus il met de tirets cadratin. Pareil pour les esperluettes, qui lui permettent d’écrire vite (parce que sous le coup de la fureur, on écrit vite).

Par exemple cette lettre, datée d’avril 1819. Byron est à Venise, il a envoyé les premiers chants de Don Juan à son éditeur, John Murray. Or Murray lui répond qu’il faudra les censurer. Ses allusions à sa vie privée sont choquantes, sans parler de son prologue où il attaque le poète lauréat Southey avec des jeux de mots grivois.

Byron est furax et lui répond ceci : 
« You sha’n’t make Canticles of my Cantos. The poem will please if it is lively — if it is stupid it will fail — but I will have none of your damned cutting & shlashing. — If you please you may publish anonymously ; it will perhaps be better ; — but I will battle my way against them all — like a Porcupine. {…}— They (the English) made me without my search a species of popular Idol — they — without reason or judgement beyond the caprice of their Good pleasure — threw down the Image from it’s pedestal — it was not broken with the fall — and they would it seems again replace it — but they shall not. {…}
P.S. : Tell my sister I want some tooth-powder — the red — by all or any means. »

Voici la traduction française : 
« Vous ne ferez pas de mes chants des cantiques. Le poème plaira s’il est vivant — s’il est stupide, il échouera — mais vous m’épargnerez vos satanées envies de couper & de sabrer. — Vous pouvez publier sans nom d’auteur si vous préférez ; peut-être cela vaudra-t-il mieux ; — mais je me battrai contre la meute — comme un porc-épic. {…} Ils {les Anglais} ont fait de moi sans que je l’ai cherché une sorte d’idole populaire — ils ont — sans autre raison ni explication que le caprice de leur bon plaisir — renversé la statue de son piédestal — la chute ne l’a pas brisée —et ils voudraient paraît-il, l’y replacer —mais il n’en sera rien.
PS. :  Dites à ma sœur que je veux de la poudre dentifrice — la rouge — par tous les moyens. »

(Il semblerait qu’en 1819 en Italie on ne se brossait pas les dents, c’est une requête qui revient souvent dans ses lettres durant tout son séjour en Italie). 

Esperluette jaune sur fond bleu nuit

Pour avoir beaucoup lu et relu les lettres de Byron, le tiret cadratin est devenu un geste automatique quand j’écris — dans mes romans comme dans mon journal —, ainsi que l’esperluette — que je place dès que je le peux (c’était autrefois la 27ème lettre de l’alphabet — elle est aujourd’hui proscrite en français alors que les anglais continuent à l’utiliser). 

Evolution de l'esperluette au cours des siècles — source : Wikimedia
Evolution de l’esperluette au cours des siècles — source : Wikimedia

Pour mes romans, quand je me relis, je supprime beaucoup mes tirets cadratins pour les remplacer par des virgules, des points virgules ou des parenthèses. Et c’est beaucoup moins joli. 

Bilan du mois de Mars

C’est bien tard pour publier un bilan du mois de mars (le 9 avril). Et pourtant mon visuel était prêt. C’était moi qui ne l’était pas. J’attendais le soleil, puisque mon cerveau fonctionne à l’énergie solaire. J’ai enfin eu ma dose hier.

Mars fut un mois pluvieux & studieux où j’ai découvert des trucs incroyables sur moi-même.

Le 4 Mars

Mon jardin s’est recouvert de son tapis de primevère habituel. Et chaque année ça m’émerveille.

Le 9 mars

Je découvrais sur Instagram un oiseau qui est devenu ma mascotte, le Miro incarnat, petit passereau originaire du Sud Est de l’Australie. Le mâle a un plumage particulièrement rose (en effet). J’adore sa tête noire avec son petit bec volontaire et son ventre bombé rose flashy. On dirait un jeune gothique grognon.

Miro incarnat, petit passereau originaire du Sud Est de l’Australie. Tête noire et ventre rose fuchsia.
Miro incarnat, petit passereau originaire du Sud Est de l’Australie. Tête noire et ventre rose fuchsia.

Le 11 mars

J’ai terminé une version anglaise bricolée de 1979. C’est du très mauvais anglais, fait à moitié avec le logiciel Deepl mais ça pourrait me servir pour d’éventuelles demandes d’autorisation.

Descriptif d'un paquet de glaçon où "Truly a new way to enjoy on the rocks" est traduit en français par "Manière spéciale de jouir sur les rochers"
« Manière spéciale de jouir sur les rochers »

Du 19 au 25 mars

J’ai participé à un atelier proposé par France Travail qui se nomme « Valoriser son image Pro ». On ne dirait pas comme ça, avec ce titre vague et flou, que le but de cet atelier est de nous donner confiance en nous.

C’était justement la seule semaine de mars où il a fait beau et j’ai dû participer toute la journée à des ateliers en visio, mais ça en valait la peine : j’ai rencontré des gens passionnants (l’intervenante + mes collègues d’ateliers), nous avons beaucoup travaillé sur la confiance en nous même et les « soft skills » (savoirs être en français) que nous possédons sans le savoir.

J’ai passé 3 tests qui m’ont fait découvrir des compétences insoupçonnées : la compétence « leadership » qui est passé de 4 à 10 entre le premier et le troisième test ; la compétence « prendre des initiatives & être force de proposition » était, elle, à 10 dès le premier test.

J’en suis tombée de ma chaise.

Je ne me voyais pas en leadeuse. Je n’ai jamais eu de poste à responsabilité. Mais ça veut dire que j’en suis capable. Et ça c’est chouette.

L’intervenante a trouvé aussi que j’avais la capacité à être juste dans l’analyse de mes collègues et des situations — ce qui est certainement dû à mon hypersensibilité.

Par contre, je suis toujours aussi mauvaise actrice : nous devions réaliser un Podcast, que nous n’avons finalement pas enregistré, mais que nous avons dû répéter. J’étais ultra mauvaise. Mais certains de mes collègues étaient, eux, extraordinairement bons.

On au aussi préparé un pitch pour nos futurs entretiens d’embauche. Et ça, c’était ultra utile.

Comme cet atelier n’est pas obligatoire (il devrait l’être), je recommande à tous les demandeurs d’emploi de s’y inscrire (c’est gratuit).

Deux chats devant un ordinateur portable posé dans un lit.
Non pas un, mais deux chats m’empêchant de travailler.

Le 23 mars

J’ai dû aller à Dijon pour acheter des bricoles et j’ai pu m’extasier sur l’arrivée du printemps dans la ville et dans le jardin de l’Arquebuse: cerisiers et magnolia en fleur, primevères en folie…

J’ai même filmé un canard heureux.

Canard flottant dans une mare du Jardin de l’Arquebuse à Dijon

Le 31 mars

Mes propres cerisiers, planté avec mes petites mains étaient en fleur.

Bilan séries

J’ai quand même eu le temps de voir plein de très bonnes séries, dont 3 séries françaises qui sont de véritables pépites.

Polar Park

Un écrivain de polar en mal d’inspiration, un bled paumé (Mouthe, le village le plus froid de France), des meurtres artistique, une reflexion sur l’admiration et la création, sujets qui me passionnent. C’est drôle, inattendu, bien joué, bien écrit.

Sur Arte.

Panda

Un flic écolo, paresseux et pacifiste, une policière dépressive, nerveuse et grognon. C’est invraisemblable et délicieux.

Sur le replay de TF1

Miss Scarlett

Une jeune célibataire qui veut devenir détective à la fin du XIXe siècle, c’est compliqué. Sexisme, féminisme, racisme et relation amoureuse tumultueuse avec un agent de Scotland Yard. Beaux décors, beaux costumes, histoires bien ficelées, j’attends la suite de cette série avec impatience.

A voir sur Canal +.

Mister Spade

Sam Spade joué par Clive Owen est déjà en soi un plaisir. Si Sam Spade se retrouve dans un petit village français dans les années 60 sur fond de guerre d’Algérie, c’est encore mieux. (je ne sais pas si je l’ai déjà dit, mais j’adore Clive Owen).

Sur Canal +

Dick Turpin

Nonsense, dérision et auto-dérision. Série truffée d’anachronismes et de dialogues absurdes. Un miteux bandit des grands chemins à la sauce Monthy Python.

Venus & Mars de Botticelli: une symbolique politique ?

Qu’est-ce qui fait de Vénus et Mars la peinture la plus passionnante de Sandro Botticelli ?

Sandro Botticelli, Vénus et Mars, 1483, tempera sur bois, National Gallery, Londres.
Sandro Botticelli, Vénus et Mars (Venere e Marte en italien), 1483, tempera sur bois, National Gallery, Londres — source : Wikimedia

Ses modèles ?

Le modèle pour Vénus est Simonetta Vespucci, soit la plus belle femme de Florence à cette époque. Morte jeune, à l’âge de 23 ans, en 1476 (probablement de tuberculose). Tout le monde en était amoureux, à commencer par Botticelli lui-même, qui s’est fait enterrer à ses pieds 34 ans après la mort de Simonetta. Elle fut son modèle pour Vénus et Mars, donc, mais aussi la Naissance de Vénus, une des grâce du Printemps, Pallas dans Pallas et le Centaure. Avec sa beauté éthérée, sa minceur, sa pâleur (maladive ?), ses cheveux blonds aux arrangements de tresse compliqués, elle incarnait l’idéal de beauté de Botticelli — et par là, des peintres du Quattrocentto. Les peintres du siècle suivant, préféraient les femmes aux formes plus opulentes.

Botticelli, Simonetta Vespucci en nymphe, tempera sur bois,  Städel - Frankfurt am Main - Germany — Source : Wikimedia
Botticelli, Simonetta Vespucci en nymphe, tempera sur bois,  Städel – Frankfurt am Main – Germany — Source : Wikimedia

Le modèle pour Mars est Julien de Médicis, petit frère de Laurent Le Magnifique, mort assassiné par les Pazzi en 1478. Julien et Simonetta étaient amants. C’était le couple star de la Florence du Quattocento : tous les deux étaient des modèles de beauté de leur époque.

Botticelli, Portrait de Julien de Médicis, 1478, Gemäldegalerie Berlin — Source : Wikimedia
Botticelli, Portrait de Julien de Médicis, 1478, Gemäldegalerie Berlin — Source : Wikimedia

Des années après leur mort, Botticelli les réunit dans un double portrait mythologique, hommage à leur beauté tout autant qu’à leur amour.

Les références mythologiques ?

La scène se déroule dans une forêt, avec, en arrière-plan, la mer où Vénus est née. Un bosquet de myrte, l’arbre de Vénus, forme une toile de fond aux deux dieux, placés l’un en face de l’autre, dans une clairière. Des guêpes, issues d’un nid (à droite), volent autour de la tête de Mars, peut-être comme un rappel que l’amour est souvent accompagné de douleur.

Des faunes jouent avec l’armure et la lance de Mars, essayent de le réveiller en soufflant dans une conque, mais sans succès.

Sandro Botticelli, Vénus et Mars, détail de Vénus, 1483, tempera sur bois, National Gallery, Londres — source : Wikimedia
Sandro Botticelli, Vénus et Mars, détail de Vénus, 1483, tempera sur bois, National Gallery, Londres — source : Wikimedia

La source d’inspiration ?

Botticelli semble s’être inspiré du Banquet de Platon, dans lequel la déesse Vénus, symbole d’amour et d’harmonie, triomphe du dieu Mars, symbole de haine et de discorde.

Et c’est ce sujet là qui transforme cette scène mythologique en programme politique : on peut y voir l’illustration de la féminisation du monde comme instrument de civilisation. Ce sont les femmes et l’amour qui calment la violence des hommes et leur manie de vouloir faire la guerre à tout bout de champ. Ce que dit ce tableau c’est que les femmes incarnent la civilisation luttant contre la destruction et la mort.

C’est la parfaite illustration de la phrase de Stendhal de 1817 :

« L’admission des femmes à l’égalité parfaite serait la marque la plus sûre de la civilisation, elle doublerait les forces intellectuelles du genre humain, et ses probabilités de bonheur.»

Sandro Botticelli, Vénus et Mars, détail de Mars endormi, 1483, tempera sur bois, National Gallery, Londres — source : Wikimedia
Sandro Botticelli, Vénus et Mars, détail de Mars endormi, 1483, tempera sur bois, National Gallery, Londres — source : Wikimedia

Bilan du mois de février

Ce ne fut pas un mois trépidant, mais ce fut un mois studieux. Et le printemps montre le bout de son nez.

J’ai terminé les différentes relectures de mon roman 1979. Et je sais désormais ce que je veux faire : je veux trouver un•e agent•e pour obtenir les autorisations préalables à sa publication. Mais il semblerait que trouver un•e agent•e soit aussi compliqué que de trouver un éditeur. Soit ils ne prennent plus de nouveaux auteurs, soit ils ne répondent pas.

J’ai aussi commencé une traduction en anglais en utilisant le logiciel Deepl. Ça ne va pas : les « me » sont transformé en « I » et il a remplacé « effarement » par « Horror » (WTF ?). Quant aux notes de bas de pages, elles ont une forme bizarre (l’exposant englobe les dernières lettres du mot…). Je sens que ça va être compliqué.

Le 6 février

J’ai commencé à travailler comme Social Media Manager pour la ferme perlière Champon. Je ferais un bilan plus développé sur Linkedin début mars.

Perle grise dans des cercles bleus, blancs et noirs.

Le 13 février

Mon viorne, planté il y a 4 ans, faisait ses premières fleurs. Il est pour le moment encore un peu chétif. Je n’ai vraiment pas la main verte.

Viorne chétif mais fleuri (petites fleurs roses en forme de clochettes)
Viorne chétif mais fleuri.

Le 14 février

Ada, la petite chatte que j’ai adopté à l’automne se faisait stériliser. Sur cette photo on dirait un petit ange de douceur alors que c’est une vraie furie qui harcèle tout le monde dans la maison, à commencer par moi tous les matins à 6H, non pas pour manger mais pour jouer. Les autres chats n’en peuvent plus.

Chaton de six mois avec cicatrice de stérilisation dormant sur une couverture bleu sur des draps roses.
Chaton de six mois avec cicatrice de stérilisation dormant sur une couverture bleu sur des draps roses.

Le 18 février

C’était l’anniversaire de Yoko Ono.

Yoko Ono with Glass Hammer 1967 from HALF-A-WIND SHOW, Lisson Gallery, London, 1967 —  Ph © Clay Perry / Artwork © Yoko Ono
Yoko Ono with Glass Hammer 1967 from HALF-A-WIND SHOW, Lisson Gallery, London, 1967 — Ph © Clay Perry / Artwork © Yoko Ono (Photo utilisée par la Tate Modern pour son exposition consacrée à Yoko Ono)

Et parmi tous les hommages qui lui ont été rendus, celui de The Great Women Artists était le plus instructif. Katy Hessel y mentionnait un texte de Yoko Ono de 1971 sur la féminisation de la société, pour créer une société d’amour. Et c’est très beau.

Screenshot

Le 20 février

Je découvrais que l’Isetta existait aussi en version jouet. Information capitale pour les amis qu’on ne laisse pas tomber.

Isetta blanche  version jouet, avec une pompe à essence à côté.
Isetta blanche version jouet, avec une pompe à essence à côté.

Le 21 février

Mon jardin s’est couvert de primevères (pas en un jour, hein !). Mais Spring is coming !

Le 22 février

Je terminais Veiller sur elle de Jean-Baptiste Andrea, paru aux éditions de l’Iconoclaste, Goncourt 2023 amplement mérité. Roman merveilleux : drôle, intelligent, inattendu, tragique, politique, artistique, poétique. Avec des ourses et du féminisme en prime. Avec Perspectives, c’est l’un des deux meilleur roman que j’ai lu en 2023.

Couverture de Veiller sur elle de Jean Baptiste Andrea posé sur des draps bleu de nuit avec des brindilles rapportées par les chats.
Couverture de Veiller sur elle de Jean Baptiste Andrea posé sur des draps bleu de nuit avec des brindilles rapportées par les chats.

Bilan films & séries

J’ai tenté de voir The Bear, qui affole le public et les critiques, récompensé de nombreux prix. J’ai détesté et n’ai pas pu la terminer. Tout est violent : les rapports humains, la musique, la cuisine… J’ai dû regarder de nombreux épisodes sans le son et en accéléré. Je ne sais toujours pas à quoi va ressembler leur nouveau restaurant.

Bande annonce de The Bear sur Disney +

J’ai vu, en entier cette fois-ci, The New Look sur Apple TV au scénario d’une naïveté confondante, avec des résistants stupides et un Christian Dior invraisemblablement godiche. Seule Juliette Binoche est géniale, comme à son habitude.

Heureusement, Good Omens, dont j’ai parlé dans mon précédent article, a rattrapé ces deux expériences déplorables.

Et j’ai vu un film drôlissime sur Disney +, Coup de théâtre : Whodunit jouant avec les codes du genre et celui du film d’action américain. Totalement second degré. Les acteurs sont tous exceptionnels, mais Adrian Brody rappelait ses meilleurs moments chez Wes Anderson.

Good Omens

Sous couvert de comédie jubilatoire, Good Omens fait exploser une bombe théologique. C’est un brûlot hérétique tout autant qu’hilarant.

J’ai passé mon week a visionner les deux saisons de Good Omens et cet article fourmille de spoils. Si vous avez l’intention de regarder cette série, revenez lire cet article lorsque vous l’aurez vu. 

1. L’ineffable

J’ai toujours considéré le mot ineffable ineffablement tarte : « une ineffable beauté » est mièvre, cliché, digne d’un amateur ; « une ineffable bêtise » est acceptable. Mais cette série a réussi à totalement me réconcilier avec l’ineffable. Les auteurs lui ont donné ses lettres de noblesses. « Un plan ineffable » et Dieu se retrouve le bec dans l’eau, l’Armageddon est foutu. 

On doit ce miracle aux deux auteurs, Neil Gaiman et Terry Pratchett, magiciens des mots comme des situations, se jouant des mythes, de la Bible, des anges et des démons — & même des zombies— les tournant en ridicule — atomisant les clichés et l’Histoire. 

2. Résumé très résumé

Un ange (Aziraphale, joué par Michael Sheen) et un démon (Crawley, joué par David Tennant) ont une relation d’amitié explosive depuis des millénaires. Ils doivent dans les deux saisons déjouer un Armageddon programmé en haut lieu. Le tout est entrecoupé de flashbacks qui nous font voyager dans le temps depuis leur rencontre dans le Jardin d’Eden (mon préféré est l’histoire de Job dans la S2).

Réalisé par Douglas MacKinnon, le tout est furieusement drôle (comique de situation et de dialogues), extraordinairement beau et délicieusement loufoque.

Le jeu des acteurs est éblouissant : Michael Sheen, David Tennant, John Hamm, Miranda Richardson, tous savent alterner cabotinage, subtilité, naïveté, stupidité, effarement, doute. 

Image de la S2 de Good Omens — Michael Sheen, John Hamm a demi-nu, David Tennant

3. Le doute

Et le sujet central de cette série est le doute justement. Celui de l’ange Aziraphale qui est constamment perplexe face aux décisions divines. Parce qu’elles sont cruelles les décisions divines. Injustes, cruelles, absurdes, excessives. Avec une obsession perverse pour l’Armageddon et la disparition de l’humanité. 

Je ne comprend pas comment cette série (et les romans dont elle est tiré) a pu échapper aux foudres du vatican — ou au moins à sa mise à l’Index (Harry Potter a été mis à l’Index pour moins que ça). 20000 chrétiens scandalisés ont signé une pétition pour que Netflix le retire de leur catalogue. Mauvaise pioche, c’est sur Amazon. Mais je m’étonne que la foule de bigots rageurs ne soient pas plus nombreux. Et qu’ils n’appellent pas à bruler les livres (on a brûlé les disques des Beatles pour moins que ça). 

Image de la Saison 1 de Good Omens — ce n'est pas l'histoire de Job, mais celle de Jésus.
Image de la Saison 1 de Good Omens — ce n’est pas l’histoire de Job, mais celle de Jésus.

Parce que sous forme de conte loufoque, parce que sous le vernis de la farce et du rebondissement, Good Omens, est une attaque frontale des absurdités de la religion, de son hypocrisie, de sa cruauté tout au long de sa longue histoire (depuis la création de l’Univers, précisément). 

Le sarcasme est blasphématoire, l’humour est corrosif, au sens littéral : il sape les convictions. 

C’est un brûlot hérétique, c’est la version comédie de la phrase de Stendhal : « La seule excuse de Dieu, c’est qu’il n’existe pas. »

Bande annonce de Good Omens — Saison 1

4. Avez-vous vraiment envie d’aller au paradis ? 

Même si l’existence du paradis et de l’enfer n’est pas remis en cause, puisqu’ils existent vraiment, ils sont aussi ennuyeux l’un que l’autre. L’enfer ressemble à un Night club soviétique sans musique ; le paradis à une banque de La Défense un dimanche. Et le pire, c’est qu’au paradis vous attend la musique de La Mélodie du Bonheur joué en boucle. 

Good Omens, vu par des milliers de jeunes esprits sensibles et intelligents, va sans doute créer une vague d’incrédules, d’agnostiques, voire d’athées. 

Et ça me réjouit. 

Bande annonce Good Omens — saison 2

5. Un détail

La seule chose que je regrette, c’est qu’ils aient féminisés Dieu et les anges. Je sais que c’est pour une cause cause, celle de l’inclusivité. Mais, ce faisant, les réalisateurs retirent aux religions toute leur misogynie. Ils oublient un détail qui n’en est pas un : les religions ont été créées par des hommes comme outil de domination des femmes (entre autre). 


Quoi qu’il en soit, cette série bouleverse mon Top 10 des séries. Elle vient en numéro 1, ex-aequo avec The Marvelous Mrs Maisel. En numéro 2, ce sont toujours The Knick et Masters of Sex (avec le même Martin Sheen, toujours aussi éblouissant). 


Good Omens est disponible sur Prime Video — réalisé par Douglas MacKinnon.

Une saison 3 est en préparation (& ça me réjouit aussi).