Albert Marquet & l’eau

Albert Marquet n’aimait pas les théories sur la peinture.

Grand ami de Matisse, rencontré lorsqu’il était étudiant aux Arts Déco en octobre 1982, Marquet s’ennuyait quand son copain se lançait dans les théories et les discussions abstraites sur l’art. Ses idées sur le sujet étaient beaucoup plus simples :

« Mon opinion sur la peinture, c’est ma peinture ».

Albert Marquet, Balcon à l’auvent rayé (1945, huile sur panneau, 27 × 22 cm, coll. privée).
Source : Wikimedia.

Marquet s’ennuyait aussi quand une rivière n’avait pas de bateaux.

L’eau & les bateaux

Né à Bordeaux, avec un pied bot et des yeux myopes, c’est sur les quais qu’il fuyait les moqueries de ses camarades de classe. Les bateaux qui chargeaient et déchargeaient leur cargaison le fascinait.

Albert Marquet, Le Port d’Alger dans la brume (1943, huile sur toile, 65 × 81 cm, musée des Beaux-Arts de Bordeaux). Source : Wikimedia

Plus tard, quand il s’est mis à peindre, il a peint la Seine vue de sa fenêtre : le Pont Neuf à sa gauche, Notre Dame à sa droite.

Il a beaucoup voyagé, notamment en Algérie où il passait ses hivers avec sa femme, a beaucoup peint des ports, des mers, des lacs, des rivières, des fleuves. L’eau de manière générale. L’eau le ressourçait. L’eau comme apaisement.

Albert Marquet, Le Lac Léman vu de Montreux , 1937, huile sur toile, 50 × 61 cm, coll. privée
Source : Wikimedia

Mais c’était La Seine qu’il préférait. Parce que sur la Seine, il y avait des bateaux.

Albert Marquet, La Seine à Paris (1914-1915, huile sur toile, 63 × 80 cm, musée de l’Annonciade).
Source : Wikimedia

Même quand il va à Venise, ce ne sont pas les « pierres de Venise » qui l’intéresse, ni ses ruelles ou ses ponts, ni la Place Saint Marc. Ce sont toujours les bateaux.

Albert Marquet, Venise – Le paquebot, 1936, huile sur toile, 38 × 55 cm, coll. privée
Source : Wikimedia

Un faux Fauve

Catalogué à ses débuts parmi les Fauves parce qu’il utilisait comme eux les pigments purs, directement sortis du tube de peinture —, & parce qu’il exposait avec Manguin, Matisse, Derain & les autres — et notamment au fameux salon d’automne de 1905 qui leur a valu leur surnom (lorsque le critique d’art Louis Vauxcelles écrivit dans le quotidien Gil Blas : « Au centre de la salle, un torse d’enfant et un petit buste en marbre d’Albert Marque, qui modèle avec une science délicate. La candeur de ces bustes surprend au milieu de l’orgie des tons purs : Donatello chez les fauves. »).

Albert Marquet, Affiches à Trouville (1906, huile sur toile, 65 × 81,5 cm, National Gallery of Art).

Mais ses couleurs s’adoucissent à partir de 1906 et c’est dans la nuance qu’il trouve sa poésie.

Albert Marquet, La Varenne-Sainte-Hilaire, la barque (1913, huile sur toile, 65 × 80,5 cm, coll. privée).
Source : Wikimedia

Moi, ce que j’aime chez Marquet, ce sont ses nuances de bleu et de mauve. Elles vous plonge dans la douceur et la rêverie, comme cette fabuleuse Île aux cygnes de 1919 :

L’Île aux cygnes (1919, huile sur carton, 75 × 81 cm, musée national d’Art moderne)
Source : Wikimedia

Je crois aussi que si j’aime tant Marquet, c’est que moi aussi je suis myope. Il montre la réalité telle que je la vois : floue.

L’eau, la Seine & les bateaux, un florilège :

Publié par Clemence

Social Media Manager, Iconographe et romancière

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