Qu’est-ce qui fait de Vénus et Mars la peinture la plus passionnante de Sandro Botticelli ?
Sandro Botticelli, Vénus et Mars (Venere e Marte en italien), 1483, tempera sur bois, National Gallery, Londres — source : Wikimedia
Ses modèles ?
Le modèle pour Vénus est Simonetta Vespucci, soit la plus belle femme de Florence à cette époque. Morte jeune, à l’âge de 23 ans, en 1476 (probablement de tuberculose). Tout le monde en était amoureux, à commencer par Botticelli lui-même, qui s’est fait enterrer à ses pieds 34 ans après la mort de Simonetta. Elle fut son modèle pour Vénus et Mars, donc, mais aussi la Naissance de Vénus, une des grâce du Printemps, Pallas dans Pallas et le Centaure. Avec sa beauté éthérée, sa minceur, sa pâleur (maladive ?), ses cheveux blonds aux arrangements de tresse compliqués, elle incarnait l’idéal de beauté de Botticelli — et par là, des peintres du Quattrocentto. Les peintres du siècle suivant, préféraient les femmes aux formes plus opulentes.
Botticelli, Simonetta Vespucci en nymphe, tempera sur bois, Städel – Frankfurt am Main – Germany — Source : Wikimedia
Le modèle pour Mars est Julien de Médicis, petit frère de Laurent Le Magnifique, mort assassiné par les Pazzi en 1478. Julien et Simonetta étaient amants. C’était le couple star de la Florence du Quattocento : tous les deux étaient des modèles de beauté de leur époque.
Botticelli, Portrait de Julien de Médicis, 1478, Gemäldegalerie Berlin — Source : Wikimedia
Des années après leur mort, Botticelli les réunit dans un double portrait mythologique, hommage à leur beauté tout autant qu’à leur amour.
Les références mythologiques ?
La scène se déroule dans une forêt, avec, en arrière-plan, la mer où Vénus est née. Un bosquet de myrte, l’arbre de Vénus, forme une toile de fond aux deux dieux, placés l’un en face de l’autre, dans une clairière. Des guêpes, issues d’un nid (à droite), volent autour de la tête de Mars, peut-être comme un rappel que l’amour est souvent accompagné de douleur.
Des faunes jouent avec l’armure et la lance de Mars, essayent de le réveiller en soufflant dans une conque, mais sans succès.
Sandro Botticelli, Vénus et Mars, détail de Vénus, 1483, tempera sur bois, National Gallery, Londres — source : Wikimedia
La source d’inspiration ?
Botticelli semble s’être inspiré du Banquet de Platon, dans lequel la déesse Vénus, symbole d’amour et d’harmonie, triomphe du dieu Mars, symbole de haine et de discorde.
Et c’est ce sujet là qui transforme cette scène mythologique en programme politique : on peut y voir l’illustration de la féminisation du monde comme instrument de civilisation. Ce sont les femmes et l’amour qui calment la violence des hommes et leur manie de vouloir faire la guerre à tout bout de champ. Ce que dit ce tableau c’est que les femmes incarnent la civilisation luttant contre la destruction et la mort.
C’est la parfaite illustration de la phrase de Stendhal de 1817 :
« L’admission des femmes à l’égalité parfaite serait la marque la plus sûre de la civilisation, elle doublerait les forces intellectuelles du genre humain, et ses probabilités de bonheur.»
Sandro Botticelli, Vénus et Mars, détail de Mars endormi, 1483, tempera sur bois, National Gallery, Londres — source : Wikimedia
Ce ne fut pas un mois trépidant, mais ce fut un mois studieux. Et le printemps montre le bout de son nez.
J’ai terminé les différentes relectures de mon roman 1979. Et je sais désormais ce que je veux faire : je veux trouver un•e agent•e pour obtenir les autorisations préalables à sa publication. Mais il semblerait que trouver un•e agent•e soit aussi compliqué que de trouver un éditeur. Soit ils ne prennent plus de nouveaux auteurs, soit ils ne répondent pas.
J’ai aussi commencé une traduction en anglais en utilisant le logiciel Deepl. Ça ne va pas : les « me » sont transformé en « I » et il a remplacé « effarement » par « Horror » (WTF ?). Quant aux notes de bas de pages, elles ont une forme bizarre (l’exposant englobe les dernières lettres du mot…). Je sens que ça va être compliqué.
Le 6 février
J’ai commencé à travailler comme Social Media Manager pour la ferme perlière Champon. Je ferais un bilan plus développé sur Linkedin début mars.
Le 13 février
Mon viorne, planté il y a 4 ans, faisait ses premières fleurs. Il est pour le moment encore un peu chétif. Je n’ai vraiment pas la main verte.
Viorne chétif mais fleuri.
Le 14 février
Ada, la petite chatte que j’ai adopté à l’automne se faisait stériliser. Sur cette photo on dirait un petit ange de douceur alors que c’est une vraie furie qui harcèle tout le monde dans la maison, à commencer par moi tous les matins à 6H, non pas pour manger mais pour jouer. Les autres chats n’en peuvent plus.
Chaton de six mois avec cicatrice de stérilisation dormant sur une couverture bleu sur des draps roses.
Et parmi tous les hommages qui lui ont été rendus, celui de The Great Women Artists était le plus instructif. Katy Hessel y mentionnait un texte de Yoko Ono de 1971 sur la féminisation de la société, pour créer une société d’amour. Et c’est très beau.
Isetta blanche version jouet, avec une pompe à essence à côté.
Le 21 février
Mon jardin s’est couvert de primevères (pas en un jour, hein !). Mais Spring is coming !
Le 22 février
Je terminais Veiller sur elle de Jean-Baptiste Andrea, paru aux éditions de l’Iconoclaste, Goncourt 2023 amplement mérité. Roman merveilleux : drôle, intelligent, inattendu, tragique, politique, artistique, poétique. Avec des ourses et du féminisme en prime. Avec Perspectives, c’est l’un des deux meilleur roman que j’ai lu en 2023.
Couverture de Veiller sur elle de Jean Baptiste Andrea posé sur des draps bleu de nuit avec des brindilles rapportées par les chats.
Bilan films & séries
J’ai tenté de voir The Bear, qui affole le public et les critiques, récompensé de nombreux prix. J’ai détesté et n’ai pas pu la terminer. Tout est violent : les rapports humains, la musique, la cuisine… J’ai dû regarder de nombreux épisodes sans le son et en accéléré. Je ne sais toujours pas à quoi va ressembler leur nouveau restaurant.
Bande annonce de The Bear sur Disney +
J’ai vu, en entier cette fois-ci, The New Look sur Apple TV au scénario d’une naïveté confondante, avec des résistants stupides et un Christian Dior invraisemblablement godiche. Seule Juliette Binoche est géniale, comme à son habitude.
Heureusement, Good Omens, dont j’ai parlé dans mon précédent article, a rattrapé ces deux expériences déplorables.
Et j’ai vu un film drôlissime sur Disney +, Coup de théâtre : Whodunit jouant avec les codes du genre et celui du film d’action américain. Totalement second degré. Les acteurs sont tous exceptionnels, mais Adrian Brody rappelait ses meilleurs moments chez Wes Anderson.
Sous couvert de comédie jubilatoire, Good Omens fait exploser une bombe théologique. C’est un brûlot hérétique tout autant qu’hilarant.
J’ai passé mon week a visionner les deux saisons de Good Omens et cet article fourmille de spoils. Si vous avez l’intention de regarder cette série, revenez lire cet article lorsque vous l’aurez vu.
1. L’ineffable
J’ai toujours considéré le mot ineffable ineffablement tarte : « une ineffable beauté » est mièvre, cliché, digne d’un amateur ; « une ineffable bêtise » est acceptable. Mais cette série a réussi à totalement me réconcilier avec l’ineffable. Les auteurs lui ont donné ses lettres de noblesses. « Un plan ineffable » et Dieu se retrouve le bec dans l’eau, l’Armageddon est foutu.
On doit ce miracle aux deux auteurs, Neil Gaiman et Terry Pratchett, magiciens des mots comme des situations, se jouant des mythes, de la Bible, des anges et des démons — & même des zombies— les tournant en ridicule — atomisant les clichés et l’Histoire.
2. Résumé très résumé
Un ange (Aziraphale, joué par Michael Sheen) et un démon (Crawley, joué par David Tennant) ont une relation d’amitié explosive depuis des millénaires. Ils doivent dans les deux saisons déjouer un Armageddon programmé en haut lieu. Le tout est entrecoupé de flashbacks qui nous font voyager dans le temps depuis leur rencontre dans le Jardin d’Eden (mon préféré est l’histoire de Job dans la S2).
Réalisé par Douglas MacKinnon, le tout est furieusement drôle (comique de situation et de dialogues), extraordinairement beau et délicieusement loufoque.
Le jeu des acteurs est éblouissant : Michael Sheen, David Tennant, John Hamm, Miranda Richardson, tous savent alterner cabotinage, subtilité, naïveté, stupidité, effarement, doute.
3. Le doute
Et le sujet central de cette série est le doute justement. Celui de l’ange Aziraphale qui est constamment perplexe face aux décisions divines. Parce qu’elles sont cruelles les décisions divines. Injustes, cruelles, absurdes, excessives. Avec une obsession perverse pour l’Armageddon et la disparition de l’humanité.
Je ne comprend pas comment cette série (et les romans dont elle est tiré) a pu échapper aux foudres du vatican — ou au moins à sa mise à l’Index (Harry Potter a été mis à l’Index pour moins que ça). 20000 chrétiens scandalisés ont signé une pétition pour que Netflix le retire de leur catalogue. Mauvaise pioche, c’est sur Amazon. Mais je m’étonne que la foule de bigots rageurs ne soient pas plus nombreux. Et qu’ils n’appellent pas à bruler les livres (on a brûlé les disques des Beatles pour moins que ça).
Image de la Saison 1 de Good Omens — ce n’est pas l’histoire de Job, mais celle de Jésus.
Parce que sous forme de conte loufoque, parce que sous le vernis de la farce et du rebondissement, Good Omens, est une attaque frontale des absurdités de la religion, de son hypocrisie, de sa cruauté tout au long de sa longue histoire (depuis la création de l’Univers, précisément).
Le sarcasme est blasphématoire, l’humour est corrosif, au sens littéral : il sape les convictions.
C’est un brûlot hérétique, c’est la version comédie de la phrase de Stendhal : « La seule excuse de Dieu, c’est qu’il n’existe pas. »
Bande annonce de Good Omens — Saison 1
4. Avez-vous vraiment envie d’aller au paradis ?
Même si l’existence du paradis et de l’enfer n’est pas remis en cause, puisqu’ils existent vraiment, ils sont aussi ennuyeux l’un que l’autre. L’enfer ressemble à un Night club soviétique sans musique ; le paradis à une banque de La Défense un dimanche. Et le pire, c’est qu’au paradis vous attend la musique de La Mélodie du Bonheur joué en boucle.
Good Omens, vu par des milliers de jeunes esprits sensibles et intelligents, va sans doute créer une vague d’incrédules, d’agnostiques, voire d’athées.
Et ça me réjouit.
Bande annonce Good Omens — saison 2
5. Un détail
La seule chose que je regrette, c’est qu’ils aient féminisés Dieu et les anges. Je sais que c’est pour une cause cause, celle de l’inclusivité. Mais, ce faisant, les réalisateurs retirent aux religions toute leur misogynie. Ils oublient un détail qui n’en est pas un : les religions ont été créées par des hommes comme outil de domination des femmes (entre autre).
Quoi qu’il en soit, cette série bouleverse mon Top 10 des séries. Elle vient en numéro 1, ex-aequo avec The Marvelous Mrs Maisel. En numéro 2, ce sont toujours The Knick et Masters of Sex (avec le même Martin Sheen, toujours aussi éblouissant).
Good Omens est disponible sur Prime Video — réalisé par Douglas MacKinnon.
Une saison 3 est en préparation (& ça me réjouit aussi).
Certains d’entre vous l’ont peut-être deviné : depuis début février, j’ai commencé une nouvelle mission de Social Media Manager pour la Ferme Perlière Champon, qui produit des perles de Tahiti.
Cela explique pourquoi j’inonde mes propres stories Instagram de bagues et de colliers.
Située à Taha’a, en Polynésie française, c’est une ferme familiale créée par Bernard et Monique Champon il y a vingt ans. Monique est l’une des sœur de mon père.
La ferme est désormais gérée par leurs enfants Aymeric et Maeva. Ils sont dans une démarche de méthodes de production plus durables.
Vue satellite de Raiatea, Taha’a et Bora Bora — source : Wikimedia
Ils créent aussi leurs propres bijoux.
Je leur ai proposé mes services pour mettre en valeur leur compte Instagram, augmenter leur visibilité et développer leur communauté. Ils ont accepté ma proposition.
Ils ont fait appel à la photographe Tamata Oliva afin de réaliser toute une série des photographies ayant pour thème la végétation et la mer, afin de mettre en valeur leurs bijoux et donner une harmonie à leur profil Instagram. Ce qui était une excellente idée.
J’ai intensément posté depuis le début de ma mission, Saint Valentin oblige, et c’est un plaisir de poster ces photos magnifiques tout en me replongeant dans les légendes Tahitiennes.
Ce fut un mois terrible et interminable, un mois de Struggle for Life. Ce fut un mois d’hibernation et de jeûne involontaire. Probablement une épreuve initiatique.
J’ai heureusement pu compter sur la solidarité de mes amies montbardoises qui m’ont aidé à sortir de la panade.
Ce fut aussi un mois studieux : j’ai terminé la correction orthographique de 1979, rajouté des passages important.
9 Janvier
Il a neigé un peu, saupoudrant ma terrasse de son sucre glacé.
J’ai continué à me consoler des malheurs de l’univers avec des photos d’oiseaux sur Instagram. Le 3ème est mon préféré, avec son gros ventre rose, sa tête noire grognon, et le bec fièrement dressé vers le haut.
20 Janvier
Plus de neige mais températures négatives et givre féérique sous un soleil blanc.
24 Janvier
J’ai été invitée à déjeuner par une nouvelle amie, Rafaèle. Rue de la Liberté, je suis passé devant la maison de Junot (surnommé « Junot la Tempête »). Devenu fou, il s’est jeté par la fenêtre de cette maison, avant de tenter de s’amputer lui-même avec un couteau de cuisine.
Le déjeuner préparé par Rafaèle fut délicieux et m’a fait bien fou. On a mangé de la galette et j’ai eu la fève ! Comme nous nous connaissons à peine, nous avons parlé de beaucoup de choses : du livre qu’elle a écrit sur le Journal de Captivité du peintre Alfred Gaspart, du « Trou aux moines » à Saint Rémy que je ne connaissais pas, de son jardin et de notre vie à Montbard (c’est aussi une ex-parisienne).
26 Janvier
Grâce au compte smilingbeetroot, j’ai découvert que Jérôme Bosch avait peint une partition sur des fesses dans son Jardin des Délices. Je trouve cette idée hilarante autant que troublante. On n’a jamais relié l’érotisme à la musique de façon aussi visiblement explicite.
Jerôme Bosch, détail du Jardin des Délices, partition peinte sur des fesses, Musée du Prado, Madrid
Le musicien Jim Spalink a joué cette partition, nommée « Butt Music ». On peut l’écouter là :
29 Janvier
Ce fut un jour doux et chaud, un de ces jours qui donnent un avant-goût du printemps.
Sur twitter, je suis tombé sur un extrait des Touch Poem de Yoko Ono, et le n°6 correspond exactement à ce que j’ai fait dans mon roman :
La Tate Modern à Londres est en train de préparer une grande retrospective sur Yoko Ono, débutant le 15 février, et j’aimerais beaucoup la voir.
30 Janvier
J’apprenais avec tristesse via Instagram que Brian Griffin, photographe britannique célèbre pour ses photos des premiers albums des Depeche Mode (entre autre), était mort durant la nuit. J’ai modifié sa page Wikipedia en français (et corrigé celle en anglais qui donnait une fausse date de mort.)
Bilan séries
J’ai vu deux séries sur des histoires de famille, à l’opposé l’une de l’autre.
La série Tout va bien sur Disney +, chaudement recommandé par plein de gens, est sombre. Ça se passe à Paris par temps gris, dans un hôpital le plus souvent, puisqu’un enfant est gravement malade, la famille se dispute ou se soutient selon les moments, la mère, jouée par Nicole Garcia, est pleine d’arrogance, traitant ses enfants et son mari comme ses larbins, mentant à tout le monde, y compris à elle-même. Même si c’est admirablement joué, cette série m’a bien plombée. A voir quand on a le moral.
Et la série The Durrell’s, Une famille anglaise à Corfou, sur Arte. Quatre saisons de soleil et d’humour anglais. Une mère poule excentrique, des enfants farfelus, dont l’écrivain Lawrence Durrell (joué par le génial Josh O’Connor, le prince Charles de The Crown) et le futur naturaliste Gerald Durrell (la série est une adaptation de ses mémoires sur cette période). Malgré le manque d’argent, c’est plein de vie, d’amour, de loufoquerie et d’animaux. Cette série m’a fait oublier tous mes soucis.
Autre série, qui n’a rien à voir avec les familles, Parlement sur France TV. J’ai vu les trois saisons. Trois saisons d’équilibre subtil entre loufoquerie et pédagogie. Les scénaristes ont crée une galerie de personnages à la limite de la folie (hormis Eamon, personnage fascinant de mystère), tout en nous expliquant les rouages du Parlement Européen. Mais c’est surtout dans la peinture de la bêtise que les scénaristes ont fait fort : les députés sont presque tous d’une bêtise sidérante, ce sont leurs assistants parlementaires qui font le travail. Sans parler des députés d’extrême droite qui sont payés 6000€ par mois à ne rien faire.
La palme revient à la députée anglaise qui a voté pour le Brexit. Et découvre que ça lui fait perdre son job. Sa solution pour résoudre le problème Irlandais est priceless.
On y voit aussi les batailles d’ego, les grandes et petites ambitions, les lobbys omniprésents.
Mais la série rappelle à quel point le Parlement Européen est important, à quel point les décisions qui s’y prennent ont des enjeux qui nous concernent tous (et chaque décision est une bataille de longue haleine).
Tous ceux qui ont l’intention de voter aux prochaines élections européennes devraient voir cette série. Elle répond parfaitement à la question : « A quoi ça sert, l’Europe ? »
C’est aujourd’hui, 13 janvier, la 6e Journée Mondiale de l’hypersensibilité.
Dans une interview avec Fabrice Midal , Michel Le Van Quyen, neuroscientifique, émettait des hypothèses sur l’hypersensibilité :
1. L’amygdale
« L’amygdale au centre du cortex cérébral se déclenche quand il y a un danger ou une émotion forte. Elle pourrait se déclencher plus rapidement chez les hypersensibles.
2. Le mode par défaut
Le mode « par défaut » du cerveau a été découvert en 2001. C’est un état neutre, cela signifie que le cerveau n’est pas dirigé par l’exécution d’une tache. On découvert que lorsqu’on demandait aux gens passant un scanner de ne rien faire, il y avait des « vagues » régulières entre les différentes parties du cerveau.
Peut-être que le « mode par défaut » serait plus important chez les hypersensibles.
Ce n’est pas une pathologie mais une déviance par rapport à une moyenne.
Le mode « par défaut » permet l’imaginaire, la capacité de voyager dans le temps, de se projeter dans le futur. C’est le réseau qui s’active quand on revient à des souvenirs auto-biographiques.
Pour symboliser l’hypersensibilité, j’ai choisi ce détail du tableau de François Gérard, Psyché et l’Amour, pour la délicatesse des gestes d’Amour entourant Psyché dans un geste tendre et protecteur. Huile sur toile de 1798 conservée au Musée du Louvre Source : Wikimedia
3. L’importance de la rêverie
La rêverie a longtemps été condamnée, y compris par Freud, mais aujourd’hui on sait combien c’est important pour la créativité. La rêverie lève les inhibitions et les filtres, réduit le contrôle cognitif. Cela induit un mode de pensée fluide. »
« Donc, c’est Noël et qu’avez vous fait ? » (So, this is Christmas and what have you done ? — début des paroles d’Happy Xmas de John Lennon et Yoko Ono)
Pour répondre à la question de John, j’ai terminé le premier jet de mon roman de science fiction 1979 en hommage à John Lennon & à la paix dans le monde (& à beaucoup d’autres choses encore : Yoko Ono, la New Wave, Depeche Mode, Anton Corbijn, Jean Seberg & Romain Gary, mon père, ma mère, mes frères, Ian Curtis, les âmes sœurs et les engrenages, la mort et la résurrection, les dieux et la divinisation). 516 pages, 733 500 caractères avec espace (et des poussières). C’est une comédie de science fiction qui parle de sujets graves (la mort, par exemple) où les personnages sont réels mais qui s’adresse à des lecteurs fictifs (soit le contraire de la plupart des romans). Il faudra maintenant que je le relise, le déniaise et l’arrange, rajoute des broutilles, en retire d’autres. Il reste encore de nombreuses questions en suspens pour lesquels je n’ai pas de réponses.
Je ne sais pas encore ce que j’en ferais.
Mais c’est ce dont je suis le plus fière cette année — mon achievement comme disent les anglais.
***
Si je devais résumer mon année en quelques mots, je dirais : écriture, Romain Gary, John Lennon, Depeche Mode et Réseaux Sociaux.
Janvier
J’ai travaillé aux recherches icono pour les manuels Hatier. J’ai aussi commencé à m’occuper un peu plus sérieusement de mon compte Instagram.
Il a neigé et j’ai terminé Les Années d’Annie Ernaux.
Il ne faut pas se fier à l’air sympathique du chat tigré aux yeux vert sur la photo en haut à droite : c’est une vraie teigne, qui attaque les hommes et les bêtes. Par contre le chat noir sur la photo du bas est adorable.
Février
Mois intense où j’ai travaillé comme Social Media Manager pour l’agence photo Kharbine Tapabor, tout en m’occupant de mon propre compte Instagram, tout en continuant les recherches Icono pour Hatier.
C’est aussi le mois où est sorti Ghost Again, le premier single de l’album Memento Mori de Depeche Mode prévu pour mars. C’était le 9 février, j’avais dû aller à Dijon pour affaire (quelque chose de déprimant). Et en attendant mon train du retour, je suis allé au jardin de l’Arquebuse. J’ai pu regarder le clip d’Anton Corbijn. Un cimetière et un hommage à Bergman : c’est comme si ce clip avait été fait pour moi.
Et il s’accordait parfaitement au crépuscule tombant sur le jardin.
J’étais déprimée & angoissée. Cette chanson et cette vidéo m’ont remonté le moral et évité de sombrer dans le canal.
C’est le mercredi 22 février que j’ai commencé à écrire 1979.
Mars
Le bilan de mon expérience de Social Manager pour Kharbine a été positif : augmentation du nombre d’abonnés de 40%, taux d’engagement de 12%, et j’ai adoré le job, faire des Reels, des Story, des Carrousels, etc.
Un échantillon de mes images préférées de Kharbine Tapabor.
Le 9 mars, au moment où j’allais sortir faire les courses, j’ai reçu une notification d’Apple Music : un nouveau morceau de Memento Moride Depeche Mode était disponible. C’était My cosmos is mine. Je me suis arrêté pour l’écouter. Musique sombre — voix de Dave traînante & gothique — et refrain chanté par Martin qui semble être les messages que l’on se dit à soi-même pour se rassurer et refuser la réalité : « No war, no more, no fear, no senseless death » — le reste de la chanson parle de son monde intérieur qu’il voudrait protéger de l’extérieur (ne joue pas avec mon cœur, ne détruit pas mon panthéon, ne scrute pas mon âme) — avec les frontières qu’il protège — à la fin, des voix en écho comme sur Till the end de Yann Tiersen.
Jerôme Bosch, Le jardin des délices, détail, Musée du Prado, Madrid — source : Wikimedia
Le 12 mars, il a commencé à faire beau. Mon linge et les chats en ont profité (et un nouveau chat est arrivé à la maison : Cocotte). Le groseiller a commencé à fleurir.
Le 14 mars, alors que je faisais mes crédits pour les manuels Hatier, Solenn Cariou me propose de faire un remplacement à l’Adagp à partir du mois prochain. Ils ont besoin de quelqu’un de rapidement opérationnel (qui connaisse leur logiciel). J’accepte.
Le 21 mars c’était la Sainte Clémence & le printemps.
J’adore le printemps !
Avril
Début de mon premier contrat à l’Adagp. J’ai eu la joie de retrouver des collègues que je n’avais pas vus depuis six ans.
J’ai retrouvé Paris, que je n’avais pas revu depuis deux ans. J’ai retrouvé les métros bondés, ça m’a fait un choc. J’ai vu Romain Gary à la station Saint Germain des Près, ça m’a fait plaisir.
Je suis tombé malade. Je n’étais plus habitué aux virus parisiens.
Felix Vallotton, La malade, coll part. Source : Wikimedia
J’ai revu mes amis Laure et Florent que je n’avais pas vu depuis des années, qui ont eu l’infinie bonté de m’accueillir dans leur magnifique appartement quand je devais venir à Paris, une fois par semaine. Ils m’ont même prêté les clés de leur magnifique appartement, ce qui m’a beaucoup touché.
C’est le 27 mai, en allant revoir la plus belle rue de Paris que j’ai découvert qu’elle contenait un arbre magique qui parfume toute la rue d’une odeur de chèvrefeuille.
Le 29 mai je suis allé à Saint Rémy en vélo et j’ai été éblouie par la beauté et l’abondance de ses fleurs, de ses vergers et de ses potagers. Saint Rémy est sans doute l’un des plus beau village de Bourgogne, une image du paradis.
Juin
Le 3 juin je me suis baladé à Paris, au Faubourg Saint Germain (oui, j’aime les fleurs, je crois qu’on l’aura remarqué, particulièrement les iris et les pivoines)
Le 10 juin j’ai expérimenté le RER bondé pour rejoindre la Gare de Lyon. Et depuis, chaque fois que j’ai pris le RER il était bondé. Ce n’est pas normal (ce message est à l’intention de Valérie Pecresse).
Le 19 juin j’ai expérimenté l’hôpital de Montbard pour une radio (je ne pouvais plus utiliser ma main droite). La radio n’a rien trouvé et j’ai récupéré l’usage de ma main quelques jours plus tard avec des décontractant musculaires.
En plus d’un nouveau contrat à l’Adagp (pour remplacer quelqu’un d’autre), j’ai commencé à travailler aux recherches Icono pour Paris Musée, pour la cartographie interactive de l’exposition La Régence à Paris.
Le 14 juillet ce fut un feu d’artifice de fleurs dans mon jardin (jeu de mot facile).
J’ai pu consacrer mon mois aux recherches pour Paris Musées, à l’écriture, à la lecture (beaucoup de biographies de Romain Gary) & à me tremper dans ma piscine.
Le 24 aout, j’ai reçu la visite de mon merveilleux cousin Louis et de sa famille.
J’ai repris le chemin de Paris & de l’Adagp pour un nouveau contrat (pour remplacer quelqu’un d’autre). Tout en continuant à travailler pour Paris-Musées.
Le 9 septembre, je suis retourné voir le Monument à Perrault aux Tuileries, pour vérifier des trucs à propos du Chat Botté (et de sa botte justement). Je suis aussi passé devant l’Hôtel Meurice. Est-ce que quelqu’un sait s’ils ont une chambre numéro 9 ? Je suis allé aussi Rue du Bac voir l’appartement de Romain Gary.
Le 24 septembre est arrivé un nouveau chat. Un chaton cette fois, avec tous les dégâts qui vont avec. Elle se nomme Ada.
Octobre
Nouveau contrat de deux mois à l’Adagp, dans un nouveau service (Droits Etranger). Je suis la dépanneuse officielle de l’Adagp.
Le 15 octobre, l’automne est arrivé (après plusieurs jours de grand soleil & de chaleur).
Ada a tout fait pour m’empêcher à la fois d’écrire et de travailler. Les chats sont génétiquement programmés pour ça, vous décourager de toute activité.
Le 27 octobre, le Jardin du Luxembourg était illuminé par les chrysanthèmes.
C’était aussi la fin de tous mes contrats à l’Adagp. J’allais enfin pouvoir terminer l’écriture de mon roman.
Décembre
Ce que j’ai fait.
Enfin, pas tout de suite.
Le 1er décembre je suis allé visiter l’exposition La Régence à Paris au Musée Carnavalet.
Puis je suis allé voir les vitrines du BHV. Une jolie féérie qui pour une fois ne mettait pas en scène des objets mais une forêt magique.
Ensuite, j’ai eu le Covid. Pendant les deux premières semaines de décembre j’ai été incapable d’écrire la moindre ligne — cerveau léthargique, estro à 0%, idées inexistantes. J’ai seulement fait le minimum syndical sur Instagram.
En conséquence, j’ai vu de nombreux films — particulièrement des animations Disney ou Pixar pour voir quelque chose de doux —, mais pas que.
En voici la liste avec appréciations lapidaires : Everything Everywhere All at Once (3* — génial — à la hauteur de sa réputation) Help !avec les Beatles (1* — un peu trop grand n’importe quoi — mal joué — mais je devais voir ce film) Encanto (1* — mignon mais bof) En Avant (3* — un détournement génial & inventif de tous les codes de la Fantasy dans un monde calqué sur l’Amérique moderne) Vaiana (2* — pas mal — structure trop classique & prévisible avec quand même de l’humour) Lilo & Stitch (3* — génial, drôlissime — frisant le n’importe quoi sans tomber tout à fait dedans) Loki Saison 2 (2* — récit invraisemblable et peu clair — mais j’adore l’univers low tech et les acteurs) Emily (1* — beau film avec de bons acteurs mais qui laisse sur sa faim — il avait pourtant tout ce que j’aime : époque Romantique, désir, amour impossible…) Limitless (3* — je l’ai revu parce qu’il ressortait sur Netflix — une pilule qui permet d’écrire un roman en 4 jours, ça me fait rêver — & la fin est inattendue — Bradley Cooper y est génial) Wandavision (2* — le début est bien — surprenant, déroutant, drôle… la fin moins — mais très bonne illustration de la fuite dans l’imaginaire lorsque la réalité est insoutenable) Dr Strange 2 (0* — pas pu le finir tellement c’était ennuyeux) Barbie (3* — à la hauteur de sa réputation aussi — drôle, absurde, posant de bonnes questions, inversant le point de vue avec une gynocratie soft) Openheimer (3* — beau film qui ne donne pas de réponses sur son personnage et ce qu’il fait mais pose de bonnes questions — Cilian Murphy admirable) Les Ailes du Désir (3* — je l’avais vu au moment de sa sortie au cinéma et avait moyennement aimé — là j’ai pu l’apprécier à sa juste valeur — en voir l’humour qui m’avait échappé — c’est un film qui demande du temps pour entrer dedans et une connaissance historique suffisante pour savoir de quoi parlent les anges) Icon of French Cinema (3* — série drôle, lumineuse, fraîche, plein d’auto-dérision, d’amour — & qui aborde le sujet ultra important du consentement à l’adolescence sans tomber dans l’exhibitionnisme ou le pathos)
J’ai commencé à lire la biographie de Paul McCartney par Philip Norman. Elle est aussi drôle et précise que celle sur John Lennon, du même auteur (que j’ai lue et relue). Et j’ai même appris des choses sur John que j’ignorais encore.
Le 9 décembre j’ai fait mon sapin de Noël.
Le 14 décembre j’ai découvert que les photos d’oiseaux sur Instagram avait un effet bénéfique et apaisant. Chaque fois que j’en voyais passer, j’avais l’impression d’avoir vu ma jolie chose du jour. Je me suis abonnée à plein de comptes d’oiseaux.
Le 15 décembre Threads était enfin disponible en France. J’en attendais beaucoup, sans doute trop. J’avais tellement aimé twitter pendant des années, comme lieu d’échange, de savoir inouï (j’ai beaucoup appris grâce à twitter) et de drôlerie. Mais depuis qu’Elon Musk a cassé twitter, presque tous les gens intelligents et drôles étaient partis. C’était triste.
Sur Threads, J’ai beaucoup posté de Gif des Beatles au début. Puis je me suis lassée très vite. Des débats stériles sont arrivés. Finalement, je préfère Instagram.
Et ensuite j’ai enfin pu me consacrer à l’écriture. Il me restait quatre chapitres à écrire, dont un que je redoutais parce qu’il était déprimant. Mais j’ai surmonté mes craintes et j’ai terminé mes quatre chapitres.
Pour ce Jeudi Art History, je vais encore parler de Boilly. J’ai déjà fait un post Instagram sur Les femmes dans les peintures de Boilly. Je vais cette fois-ci ne parler que d’une œuvre. Pas n’importe laquelle. Un trompe l’œil où Boilly montre tout son génie. Et pas seulement son génie pictural. Son génie du marketing.
Boilly, Autoportrait, vers 1793, PBA de Lille
Louis Leopold Boilly a peint de nombreux trompe l’œil au début de sa carrière. Comme les scènes de genre, les trompe l’œil étaient méprisés par les critiques mais apprécié du public.
Boilly, Trompe d’œil, circa 1800
Pour le Trompe l’œil aux pièces de monnaie conservé au Palais des Beaux Arts de Lille, il est allé très loin dans l’illusion, avec les ombres et les fausses traces de colle.
C’est un dessus de guéridon, placé sour une plaque de verre.
Boilly, Trompe l’œil aux pièces de monnaie, PBA de Lille
Daté d’environ 1810, il se trouvait autrefois dans le cabinet de l’Empereur au Château de Saint Cloud. Peut-être a-t-il été réalisé pour Napoléon Ier à sa demande. Une des pièce peinte est à l’effigie de l’Empereur, ce qui tendrait à confirmer cette hypothèse.
Boilly, Trompe l’œil aux pièces de monnaie, PBA de Lille
Mais là où Boilly est très malin, c’est que dans ce morceau de bravoure, il place non seulement son autoportrait à côté du type à la figure étonné de se retrouver derrière une vitre, mais il place surtout son adresse : 12 rue Meslée à Paris.
Boilly, Trompe l’œil aux pièces de monnaie, PBA de Lille, détail de l’adresse et de l’autoportrait
Les riches copains de Napoléon qui avaient l’honneur d’être invité dans son cabinet, voyant le guéridon, étant admiratif, se disant « je veux le même », avaient l’adresse sous les yeux pour se précipiter chez Boilly passer commande.
Le 13 décembre, hier, nous célébrions le centième anniversaire de la mort de Théophile Alexandre Steinlen, affichiste, dessinateur de presse, peintre et sculpteur à ses heures.
Mais comme aujourd’hui nous sommes jeudi, ça tombait bien pour faire un Jeudi Art History.
Steinlen, Exposition personnelle à La Bodinière (avril-mai 1894), affiche lithographiée. Source : Wikimedia
1. De la théologie à l’anarchisme
Fun fact : avant de devenir anarchiste, il a étudié la théologie à l’université de Lausanne durant deux ans.
Est-ce l’étude de la théologie qui l’a rendu athée ?
Steinlen est d’origine Suisse, né à Lausanne en 1859. Il s’installe à Paris en 1881. Il est naturalisé français en 1901.
Steinlen, Fête de nuit (1900), musée des Beaux-Arts de Nancy. Source : Wikimedia
2. Chats & affiches & Chat Noir
Steinlen est célèbre pour ses affiches publicitaires et pour ses dessins de chats.
Dont la célébrissime affiche pour le cabaret Le Chat Noir.
Steinlen, Affiche pour la Tournée du Chat Noir — source : Wikimedia
3. La misère & l’injustice
Emu par la misère et l’injustice, il dessine et peint les ouvriers, les mendiants, les prostituées, les gosses des rues. Il est dessinateur de presse pour plusieurs journaux satiriques de gauche.
4. Militant pour les droits des artistes
En 1902, Steinlen milite pour la constitution d’un syndicat des artistes peintres et dessinateurs. En 1904, il adhère à la Société des dessinateurs et humoristes, une sorte d’ancêtre de l’Adagp.
Steinlen, Les Éléments. Formes et couleurs (1900), musée des Beaux-Arts de Nancy. Source : Wikimedia
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