Bilan du mois de janvier & février 2025

Mois où notre héroïne aura eu deux otites et rempli beaucoup de tableaux Excel (les deux sont liés, l’otite étant une conséquence de l’allergie aux tableaux Excel).

En contrepartie, elle aura bénéficié des joies du salariat : la stabilité financière. Tout éphémère que soit cette stabilité financière.

Adagp & Algorithmes

A l’Adagp j’ai travaillé à plein temps au service presse. Toute la journée j’ai eu à piger des titres des magazines et des journaux.

Dont des journaux de droite.

Mes cheveux se sont dressés sur la tête quand je lisais certains articles. Plus que les cheveux, mes neurones. Les journalistes de droite pensent à l’envers de toute logique. Tout ou presque est absurde.

Chaque fois qu’ils crachent sur le « Wokisme », c’est sur le drapeau tricolore qu’ils crachent. La Déclaration des droits de l’Homme, c’est woke; ce qui est écrit sur le fronton de nos mairies et de nos écoles, c’est woke; l’essence même de notre République est woke.

Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, circa 1789, huile sur bois, Musée Carnavalet, Paris — source Wikimedia
Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, circa 1789, huile sur bois, Musée Carnavalet, Paris — source Wikimedia — comble du Woke

L’anti-wokisme est anti-français. Or, les journalistes de droite se prétendent patriotes. Il s’agit d’une hypocrisie. Et pire même, d’un blasphème.

Et dans un journal, contrairement à un réseau social, vous ne pouvez écrire un commentaire en démontrant par A + B pourquoi ce qui est écrit est hypocrite et blasphématoire.

C’est à la fois frustrant et déprimant.

A un moment où l’image des réseaux sociaux est ternie parce que leurs patrons ont prêté allégeance à Trump (et supprimé la modération) et que certains ont décidé de quitter Meta, il me semble juste de rappeler leur utilité : pouvoir réagir, pouvoir rétablir la vérité, pouvoir exprimer son indignation.

Et si Facebook et Twitter sont des nids de fachos, Instagram est avant tout un monde d’images et de beauté. Or, j’ai besoin de ma dose de beauté quotidienne.

Instagram est aussi un immense fan club, le seul réseau social où l’on peut s’abonner à un Hashtag — de John Lennon à Romain Gary en passant par l’Histoire de l’art et Bookstagram (le plus puissant des Hashtags, pour rappel) — et donc, n’être pas entièrement soumis à un algorithme — mais voir dans son fil ce qui nous passionne (et donc, nous fait du bien). Adam Mosseri à beau dire que c’est le texte qui est plus important que le Hashtag pour l’algorithme, il semble avoir oublié le détail de l’abonnement.

C’est le conseil que je donne à tous les créateurs de contenu : mettez des Hashtags — & toujours penser « à quoi mes lecteurs potentiels pourraient être abonnés » (donc, éviter les Hashtags ultra pointu auxquels personne ne penserait).

Le mot Hashtag  en bleu sur fond rose répété 6 fois pour souligner leur importance sur Instagram.

C’est aussi l’un de mes gagne pain, je me dois de le préciser pour être tout à fait honnête avec mes lecteurs, puisque je suis toujours Social Media Manager, même si moins ces temps derniers.

Je vais encore travailler à l’Adagp jusqu’en juin, au service exposition cette fois-ci.

Incendies & Salut Nazi

L’année aura commencé par deux symboles fort :

D’abord l’incendie de Los Angeles qui, pour tragique qu’il soit, aura braqué les yeux du monde entier sur le réchauffement climatique. Et comme le disait Earthlyeducation, ce n’est pas une « tragédie, c’est un crime ». Avec l’espoir que cette fois-ci, les personnes les plus influentes de la planète, les stars hollywoodiennes, se feront les apôtres de la lutte contre le réchauffement climatique.

Ensuite, second symbole fort, le Salut Nazi d’Elon Musk (pas de photo, tout le monde l’a vue). Trump ne cessait de bramer en 2024 « je suis pas un nazi ». Bon, maintenant les masques sont tombés. On sait désormais que le second mandat de Trump sera fasciste ou ne sera pas. Mais comme Trump est un agent immobilier, ce sera du facho version Saint Tropez. A peine son serment prêté, Donald Trump a complètement explosé la fenêtre d’Overton.

Mais puisqu’il veut annexer le Groenland, Gaza et le Canal de Panama, je propose qu’on rende New York à la France et qu’on lui donne à nouveau le nom de Nouvelle Angoulême, beaucoup plus joli que New York. Après tout, les français y étaient les premiers, juste après les populations autochtones.

On pourrait même rendre ces terres aux Amérindiens (je crains qu’il ne reste plus beaucoup de Lenapes qui en étaient les habitants originels), puisque ce sont les seuls à n’être pas des immigrés dans ce pays qui a la mémoire courte, toujours prompt à vouloir refouler les derniers arrivés après avoir pris la place de ceux qui étaient là avant.

Et on déporterait les New Yorkais ailleurs. L’Angleterre me paraît un bon choix : après tout ils partagent la même langue, la même religion et le même snobisme.

Carte de la Nouvelle France telle que nommée par Jean de Verrazane en 1524
Carte de la Nouvelle France telle que nommée par Jean de Verrazane en 1524

Le chêne & sa chaîne

Au cours d’une de mes balade dans la forêt, je suis tombée sur un chêne qui tentait de se défaire des chaînes qui l’étranglait. C’est l’histoire de ma vie.

Florilège de janvier

Florilège de février

Mon problème avec Le problème à 3 corps

Attention : Spoiler. Si vous avez l’intention de regarder cette série, ne lisez pas ce qui suit.

Au début j’ai été happée par la beauté des images, l’intrigue, les personnages et le mystère, particulièrement la période dans les années 60 en Chine, la révolution culturelle, le camp de travail forcé, le radar géant, tout ça. J’étais prête à tout croire, même le jeu vidéo venu d’ailleurs censé être du marketing diplomatique, la secte d’illuminés, le pétro-milliardaire écolo, etc.

Et tout à coup, c’est devenu n’importe quoi : les gens paniquent et se suicident parce que des extra-terrestres vont arriver dans 400 ans !

400 ans c’est long.

Alors que personne ne panique pour le réchauffement climatique qui, lui, est déjà là — & bien plus terrible que de potentiels extra-terrestre dont on ne sait rien. Des extra-terrestres qui pourraient ne pas arriver — ou qui pourraient arriver et ne trouveraient plus personne parce que les humains se seraient auto-détruits tout seuls — ils font ça très bien.

Des choses bien pires arrivent tous les jours — des guerres, génocides, viols, oppression des femmes comme les talibans en Afghanistan, incendies, inondations, élection de Trump, salut Nazi d’Elon Musk — et personne ne panique, personne ne se suicide en masse.

Si on m’annonçait que des extra-terrestres devaient arriver dans 400 ans, je me dirais « Les pauvres ! Ils vont arriver dans une planète dévastée… »

Je n’ai pas pu terminer la série. Impossible d’accepter cette absurdité. Ou plutôt cette indécence. Ce n’est pas l’invraisemblance qui me choque, c’est l’obscénité de cette panique pour un problème trop lointain par contraste avec cette non-panique pour des problèmes immédiats.

Je n’ai pas lu le roman — peut-être que tout cela est expliqué — mais la série ne m’a pas du tout donné envie de le lire.

Hozro & Chindi :

J’ai beaucoup lu pour me documenter sur le sujet de mon prochain roman, les Navajos.

Et donc, beaucoup de romans de Tony Hillerman. Moi qui n’aime pas les polars — par impatience (je veux savoir la fin dès le début) — & par hypersensibilité (je n’aime pas avoir peur, je n’aime pas les cadavres qui s’empilent) — j’ai complètement été happée par ses romans.

D’abord pour la mythologie Navajo, à la fois détaillée et mise en contexte — qui place les personnages face à leurs contradiction : être policier quand on croit aux fantômes et qu’on cherche à les éviter (parce qu’ils donnent la maladie du fantôme, le chindi), c’est compliqué, pour le cas de Jim Chee ; être policier et confronté à la croyance en la sorcellerie quand on y croit pas comme dans le cas de Joe Leaphorn. Les meilleurs romans sont ceux où Jim et Joe travaillent ensemble, pour le contraste entre leur façon de raisonner et de voir le monde.

Ensuite pour la beauté des paysages décrits avec beaucoup de poésie par Tony Hillerman, paysages arides ou enneigés — et merveilleux nuages rougeoyant au soleil couchant — nuages porteurs de la pluie attendue — et d’orages d’une violence inouïe.

Paysage d'Arizona à la Mousson - Nuages roses et orange sous un ciel violet — montagnes noires au dessous
Arizona, Sunset, Monsoon — Image by Gene Taylor from Pixabay

Aussi parce que je suis tombée amoureuse de Jim Chee, de son physique Navajo typique, de son innocence et de sa façon de voir le monde — chercher l’harmonie et la beauté en toute circonstance — en regardant un nuage ou en pratiquant ses rituels — ne pas comprendre la vengeance ni la cupidité — la façon dont il examine le comportement des hommes blancs, de l’extérieur, comme un anthropologue — un changement de perspective salutaire. Il veut devenir Yataalii (chanteur — que l’on considère improprement comme un chaman) tout en étant policier.

Pile de Tony Hillerman en version poche — sur le dessus, La Voie de l'Ennemi, premier roman avec Joe Leaphorn, paru en 1970
Pile de Tony Hillerman sur ma table de nuit — sur le dessus, La Voie de l’Ennemi, premier roman avec Joe Leaphorn, paru en 1970

Enfin, pour ce mot d’Hozro, qui signifie à la fois équilibre, beauté & harmonie, élément central de la pensée Navajo, suivre la voie pour être dans la beauté. Pour dire au revoir poliment, Joe Leaphorn dit « Marchez dans la beauté ». C’est la plus belle des formule de politesse.

Arizona, Arches — ph © Pixabay

Publié par Clemence

Social Media Manager, Iconographe et romancière

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