Notre personnage est bien devenue une héroïne stendhalienne mais pas une héroïne riche et romanesque, une héroïne pauvre, qui s’ennuie et rêve d’une vie pleine d’aventures. Elle est devenue Lamiel.

Parfaite incarnation du personnage de Lamiel, qui rêvait d’aventures comme dans les livres
Tout d’abord, des nouvelles de la pile de linge sale : elle a décru grâce à une amie compatissante qui a fait quelques lessives pour moi.
Point chatons : 3 sur les 4 chatons qui sont arrivés cet été ont été stérilisés (non sans mal, puisqu’il a fallu en piéger 2 qui refusaient de se laisser attraper pour être mis dans une boîte de transport). De gauche à droite : Messidor (le plus adorable et le plus doux des chatons), Thermidor (aka Terminator Le Terrible), et Court sur Patte (nom donné par mon fils que je trouve légérement insultant — moi je voudrais la nommer Patricia).



Point écriture: j’ai passé beaucoup de temps à relire une énième fois 1979 et apporter pas mal d’améliorations.

Le 14 octobre
Signature d’un accord historique entre Meta & l’Adagp
Personne n’y a prêté attention parce que la plupart des individus postent leur contenu en toute illégalité sans se soucier du droit d’auteur.
Or, ils vont désormais pouvoir poster en toute légalité (sans le savoir), des images du répertoire des artistes de l’Adagp.
Ce que j’espère, c’est que de nombreux artistes vont adhérer à l’Adagp pour pouvoir bénéficier des mannes de Meta.
Je vais pouvoir poster sur Instagram du Derain et du Kupka, du Niki de Saint Phalle et du Dora Maar.
18 octobre
L’assassinat à Paris du cycliste, Paul Varry m’a horrifiée. Et ce qui est encore plus atroce, c’est la rengaine des types de droite qui profitent de sa mort pour dire « Oui mais les cyclistes ils font n’importe quoi ». Ça m’a mise dans une rage folle — une vraie colère — une indignation bouillonnante. C’est à la fois indécent et injuste.
Les automobilistes tuent. Pas les cyclistes.
Et qu’il faille encore en 2024 rappeler cette évidence m’horrifie sur mes contemporains. C’est du pur Victim Blaming. J’ai posté et re-posté l’infographie de David Beliard montrant les victimes des voitures en 2022 :

Mais ça ne me suffisait pas, ma colère ne passait pas. Je me suis consolée avec Romain Gary :
Cette explication de Romain Gary vaut aussi pour la réélection de Donald Trump et les masculinistes triomphants. Et de manière générale, pour le monde dans lequel nous vivons.
Fééries d’automne
On s’en doutait un peu, l’automne est arrivé en octobre. Mais cette fois-ci, en Bourgogne, il fut exceptionnellement chaud et ensoleillé. D’un point de vue météorologique, ce fut un mois souriant. Les couleurs allaient à ravir avec le bleu du ciel.
Florilège en photos :













Bilan Séries
Je n’avais pas fait de bilan séries le mois dernier. Je me rattrape cette fois-ci, avec les séries vues en septembre & en octobre.
Shogun
De très beaux kimonos, beaucoup de sepukku, plus de poésie que de violence, plus de lenteur que d’action, un personnage féminin central et complexe, c’est une belle série, avec de bons acteurs mais je ne vois pas trop ce qui méritait cette pluie de prix qu’elle a reçu.
Disponible sur Disney+



Pachinko
L’Histoire d’une famille coréenne installée au Japon, des années 30 aux années 90, entre tragédies et histoires d’amour impossibles, guerre et questions politiques. Le rythme est un peu lent, l’action très diluée, l’histoire est plutôt sombre, mais j’ai appris plein de choses sur le racisme anti-coréen des japonais, sur la vie dans les bidonvilles au japon des années 30, la survie durant la guerre.
Disponible sur Apple+

Only Murders in the Building
Loufoquerie, extravagance, humour — beaucoup —, ridicule — beaucoup aussi — mais un jeu avec le ridicule. Et de magnifiques papiers peint.
Les acteurs sont extraordinaires, avec un nouvelle brochette de stars à chaque saison, dont Paul Rudd dans deux rôles complètement différents, et la toujours géniale Jane Lynch.
Et, à partir de la S3, la présence rayonnante de Meryl Streep qui joue à la perfection l’actrice timide qui a été refusée à tous les castings, une vieille actrice qui n’a connu que l’échec et qui s’émerveille qu’on puisse lui trouver du talent.
Disponible sur Disney+






Sugar
Série moins drôle que la précédente mais tout aussi surprenante. Ça commence comme une série policière ultra classique… et ça devient autre chose. Le détective joué par Colin Farrell, John Sugar, est non seulement allergique à la violence, ultra gentil, ultra humain, c’est aussi un cinéphile. Ce qui nous fait croire que cela justifie les scènes entrecoupées de films noirs des années 40/50. Or, c’est pas si simple.
Moi qui n’aime pas les twists, j’ai beaucoup aimé celui de la série. Il n’est pas seulement surprenant, il est aussi poétique — et même philosophique : humain trop humain.
Disponible sur Apple+

Slow Horses
Chef d’oeuvre d’humour British et d’humour tout court. Comédie d’espionnage dont le but avoué est d’être un anti-James Bond. Gary Oldman y joue un directeur d’agence odieux et affectueux en même temps, qui surjoue son personnage de vieux dégueulasse pour mieux humilier les puissants, un vieil espion du temps de la guerre froide qui a connu les prisons de la Stasi et les coups tordus des taupes. Vieux loup de mer ayant appris à surnager en eau trouble et qui a toujours un coup d’avance. Son équipe de bras cassé est pleine de ressources. Il est entouré d’une galerie de personnages hilarants et agaçants.
Kristin Scott Thomas en personnage machiavélique est plus impériale que jamais. Elle joue à la perfection les « femmes dures » & se demande d’ailleurs d’où ça lui vient.
Série qu’on ne peut plus lâcher une fois qu’on l’a commencée, même quand on est comme moi allergique à la violence.
Disponible sur Apple+




Mrs America
Excellente série avec un casting extraordinaire (Cate Blanchett, Rose Byrne…) sur les combats féministes des années 70 et de la réaction hypocrite des bourgeoises blanches contre la loi sur l’égalité. Ce que cette série fait comprendre, c’est que c’est par pure ambition politique que la militante conservatrice Phyllis Schlafly (jouée par Cate Blanchett) se bat contre l’égalité, en prétendant que le rôle de la femme est de rester à la maison et doit obéir à son mari, alors qu’elle fait tout le contraire. Ce dont elle rêve, c’est de devenir ministre dans un prochain gouvernement républicain. C’est juste un moyen se se faire de la pub. Sinon, Rose Byrne en Gloria Steinem donne envie d’être Gloria Steinem : pour sa calme détermination et son élégance.
J’imagine qu’on a peu parlé de cette série parce que c’est très politique et très américain. Elle est indispensable pour comprendre ce qui s’est joué pour le féminisme américain dans les années 70 et le backlash qui en est le contrecoup dans les années 80. Backlash qu’on revit aujourd’hui avec la réélection de Trump.
Disponible sur Prime Video







Bilan Films
Asteroid City
J’avais hâte de pouvoir voir le dernier film de Wes Anderson. Malgré les critiques négatives, je n’ai pas été déçue. Un concentré de tout ce qui fait la poésie des films de Wes Anderson : mise en abîme qui emboite les récits comme des poupées russes (un narrateur, un dramaturge, une pièce de théâtre, un film), l’irréalité, du décor comme de l’histoire, d’immenses acteurs, la froideur des sentiments, mise en scène au cordeau, le jeu avec les décors. C’est beau, émouvant, surprenant, drôle. Du Wes Anderson à l’état pur.
Disponible en location sur différentes plates formes.




