Bilan du mois de janvier

Ce fut un mois terrible et interminable, un mois de Struggle for Life. Ce fut un mois d’hibernation et de jeûne involontaire. Probablement une épreuve initiatique.

J’ai heureusement pu compter sur la solidarité de mes amies montbardoises qui m’ont aidé à sortir de la panade.

Ce fut aussi un mois studieux : j’ai terminé la correction orthographique de 1979, rajouté des passages important.

9 Janvier

Il a neigé un peu, saupoudrant ma terrasse de son sucre glacé.

Neige sur terrasse — Bourgogne — Janvier 2023 — Ph © Clémence Zagorski
Neige sur terrasse — Bourgogne — Janvier 2023 — Ph © Clémence Zagorski

10 Janvier

J’ai continué à me consoler des malheurs de l’univers avec des photos d’oiseaux sur Instagram. Le 3ème est mon préféré, avec son gros ventre rose, sa tête noire grognon, et le bec fièrement dressé vers le haut.

20 Janvier

Plus de neige mais températures négatives et givre féérique sous un soleil blanc.

24 Janvier

J’ai été invitée à déjeuner par une nouvelle amie, Rafaèle. Rue de la Liberté, je suis passé devant la maison de Junot (surnommé « Junot la Tempête »). Devenu fou, il s’est jeté par la fenêtre de cette maison, avant de tenter de s’amputer lui-même avec un couteau de cuisine.

19 rue de la Liberté à Montbard, Hôtel Particulier de Jean Andoche Junot — Janvier 2023 — Ph © Clémence Zagorski — porte en bois
19 rue de la Liberté à Montbard, Hôtel Particulier de Jean Andoche Junot — Janvier 2023 — Ph © Clémence Zagorski
Portrait posthume du Général Junot par Henri Félix Emmanuel Philippoteaux — Source : Wikimedia
Portrait posthume du Général Junot par Henri Félix Emmanuel Philippoteaux — Source : Wikimedia

Le déjeuner préparé par Rafaèle fut délicieux et m’a fait bien fou. On a mangé de la galette et j’ai eu la fève ! Comme nous nous connaissons à peine, nous avons parlé de beaucoup de choses : du livre qu’elle a écrit sur le Journal de Captivité du peintre Alfred Gaspart, du « Trou aux moines » à Saint Rémy que je ne connaissais pas, de son jardin et de notre vie à Montbard (c’est aussi une ex-parisienne).

26 Janvier

Grâce au compte smilingbeetroot, j’ai découvert que Jérôme Bosch avait peint une partition sur des fesses dans son Jardin des Délices. Je trouve cette idée hilarante autant que troublante. On n’a jamais relié l’érotisme à la musique de façon aussi visiblement explicite.

Jerôme Bosch, détail du Jardin des Délices, partition peinte sur des fesses, Musée du Prado, Madrid
Jerôme Bosch, détail du Jardin des Délices, partition peinte sur des fesses, Musée du Prado, Madrid

Le musicien Jim Spalink a joué cette partition, nommée « Butt Music ». On peut l’écouter là :

29 Janvier

Ce fut un jour doux et chaud, un de ces jours qui donnent un avant-goût du printemps.

Sur twitter, je suis tombé sur un extrait des Touch Poem de Yoko Ono, et le n°6 correspond exactement à ce que j’ai fait dans mon roman :

Extrait des Touch Poem de Yoko Ono, n° III et VI, écrits au printemps 1964

La Tate Modern à Londres est en train de préparer une grande retrospective sur Yoko Ono, débutant le 15 février, et j’aimerais beaucoup la voir.

30 Janvier

J’apprenais avec tristesse via Instagram que Brian Griffin, photographe britannique célèbre pour ses photos des premiers albums des Depeche Mode (entre autre), était mort durant la nuit. J’ai modifié sa page Wikipedia en français (et corrigé celle en anglais qui donnait une fausse date de mort.)

Bilan séries

J’ai vu deux séries sur des histoires de famille, à l’opposé l’une de l’autre.

La série Tout va bien sur Disney +, chaudement recommandé par plein de gens, est sombre. Ça se passe à Paris par temps gris, dans un hôpital le plus souvent, puisqu’un enfant est gravement malade, la famille se dispute ou se soutient selon les moments, la mère, jouée par Nicole Garcia, est pleine d’arrogance, traitant ses enfants et son mari comme ses larbins, mentant à tout le monde, y compris à elle-même. Même si c’est admirablement joué, cette série m’a bien plombée. A voir quand on a le moral.

Et la série The Durrell’s, Une famille anglaise à Corfou, sur Arte. Quatre saisons de soleil et d’humour anglais. Une mère poule excentrique, des enfants farfelus, dont l’écrivain Lawrence Durrell (joué par le génial Josh O’Connor, le prince Charles de The Crown) et le futur naturaliste Gerald Durrell (la série est une adaptation de ses mémoires sur cette période). Malgré le manque d’argent, c’est plein de vie, d’amour, de loufoquerie et d’animaux. Cette série m’a fait oublier tous mes soucis.

Autre série, qui n’a rien à voir avec les familles, Parlement sur France TV. J’ai vu les trois saisons. Trois saisons d’équilibre subtil entre loufoquerie et pédagogie. Les scénaristes ont crée une galerie de personnages à la limite de la folie (hormis Eamon, personnage fascinant de mystère), tout en nous expliquant les rouages du Parlement Européen. Mais c’est surtout dans la peinture de la bêtise que les scénaristes ont fait fort : les députés sont presque tous d’une bêtise sidérante, ce sont leurs assistants parlementaires qui font le travail. Sans parler des députés d’extrême droite qui sont payés 6000€ par mois à ne rien faire.

La palme revient à la députée anglaise qui a voté pour le Brexit. Et découvre que ça lui fait perdre son job. Sa solution pour résoudre le problème Irlandais est priceless.

On y voit aussi les batailles d’ego, les grandes et petites ambitions, les lobbys omniprésents.

Mais la série rappelle à quel point le Parlement Européen est important, à quel point les décisions qui s’y prennent ont des enjeux qui nous concernent tous (et chaque décision est une bataille de longue haleine).

Tous ceux qui ont l’intention de voter aux prochaines élections européennes devraient voir cette série. Elle répond parfaitement à la question : « A quoi ça sert, l’Europe ? »

Publié par Clemence

Social Media Manager, Iconographe et romancière

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