Pour ce Jeudi Art History, je vais encore parler de Boilly. J’ai déjà fait un post Instagram sur Les femmes dans les peintures de Boilly. Je vais cette fois-ci ne parler que d’une œuvre. Pas n’importe laquelle. Un trompe l’œil où Boilly montre tout son génie. Et pas seulement son génie pictural. Son génie du marketing.

Louis Leopold Boilly a peint de nombreux trompe l’œil au début de sa carrière. Comme les scènes de genre, les trompe l’œil étaient méprisés par les critiques mais apprécié du public.

Pour le Trompe l’œil aux pièces de monnaie conservé au Palais des Beaux Arts de Lille, il est allé très loin dans l’illusion, avec les ombres et les fausses traces de colle.
C’est un dessus de guéridon, placé sour une plaque de verre.

Daté d’environ 1810, il se trouvait autrefois dans le cabinet de l’Empereur au Château de Saint Cloud. Peut-être a-t-il été réalisé pour Napoléon Ier à sa demande. Une des pièce peinte est à l’effigie de l’Empereur, ce qui tendrait à confirmer cette hypothèse.

Mais là où Boilly est très malin, c’est que dans ce morceau de bravoure, il place non seulement son autoportrait à côté du type à la figure étonné de se retrouver derrière une vitre, mais il place surtout son adresse : 12 rue Meslée à Paris.

Les riches copains de Napoléon qui avaient l’honneur d’être invité dans son cabinet, voyant le guéridon, étant admiratif, se disant « je veux le même », avaient l’adresse sous les yeux pour se précipiter chez Boilly passer commande.
