Novembre n’a pas usurpé sa réputation de mois le plus sinistre de l’année. Mois où mon aventure la plus trépidante fut une coupure totale de téléphone et d’Internet.
Ce fut aussi le dernier mois du dernier contrat à l’Adagp au Service Autorisation Etranger (j’ai eu 4 contrats différent en tout — je suis la dépanneuse officielle de l’Adagp), et ce contrat s’est terminé en beauté.
Mercredi 1er novembre
J’ai rendu hommage à mon panthéon et à mes morts sur Instagram. Pour ceux qui n’auraient pas vu ces photos, je les remet ici.







Au soir, j’avais envie de voir un beau film. J’ai revu Chambre avec vue de James Ivory. Pour ceux qui n’auraient pas encore vu ce chef d’œuvre, si le récit débute à Florence, c’est moins un film sur l’art que sur la vie — et sur l’amour — et sur le désir. Le film est moins ouvertement nietzschéen que le roman dont il est adapté, mais le thème principal est le même : « Choose Life ».

Jeudi 2 novembre
Sortie de Now & Then : une démo de John Lennon transformée par les autres Beatles — ce qui en fait le dernier Single des Beatles. C’est mou, lent, trainard et sinistre. John en aurait fait une chanson plus âpre, plus simple ou plus baroque ou plus paradoxale. Déçue même si entendre la voix de John est toujours un bonheur.
Vendredi 3 novembre
Le vendredi c’est le jour où je dois aller à Paris pour être l’Adagp (c’est dans mon contrat, 1 jour par semaine en présentiel). Et ma délicieuse collègue Charlotte Petitjean avait acheté du Yorkshire Tea, parce que la semaine précédente nous avions eu une discussion sur le sujet : j’avais appris que c’était ce que les anglais buvaient au petit déjeuner et j’étais très curieuse d’y gouter mais je n’arrivais pas à en trouver. Et maintenant j’ai gouté et j’ai découvert que c’était ultra fort et aussi amer qu’une bière anglaise. Mais ce thé possède un pouvoir magique : il vous tient éveillé durant des heures.

Le bureau à côté du mien a été préparé pour accueillir celle qui va me remplacer, Ariana Saenz Espinoza. Et le Tote Bag Adagp qui a été mis sur sa chaise dit une chose très juste qui peut s’appliquer au roman et à toute forme de création : « Pourquoi pas ! » (phrase trouvée par Véronique Vienne je suppose, comme tous les autres aphorismes de l’Adagp).

Au soir, quand je suis arrivé chez les amis qui me logent quand je suis à Paris (Laure & Florent), nous avons joué à La Bonne paye. C’est la première fois que j’y jouais et j’ai gagné 15 900€. La chance du débutant.
Mardi 7 novembre
Un rayon de soleil illumine ma collection de livres féministes de ma bibliothèque (et mes Dumas aussi).

Mercredi 8 novembre
J’ai fait un post Instagram sur Boilly. Quand j’ai voulu charger la Story sur Instagram, j’ai découvert que je n’avais plus de connexion Internet. Je pensais que le problème se réglerai rapidement. Or il n’en fut rien. En conséquence, je n’ai pas pu me connecter au VPN de l’Adagp à 10H, au moment où je devais me mettre au travail. J’ai envoyé un SMS à ma cheffe pour expliquer mon absence de connexion. Pour couronner le tout ma connexion au réseau cellulaire n’avait plus que 2 barres. Puis elle s’est complètement transformé en 3 petits points : plus de connexion à rien.
Et ça fait bizarre, de n’être connecté à rien.
Comme il y avait du soleil, je me suis dit que ce serait une bonne idée d’aller faire un tour sur le chemin de la Bichette (chemin dans la forêt à côté de chez moi) — pour voir s’il n’y aurait pas un truc.
Et il y avait un truc.
Un gros truc : un arbre était tombé sur les fils qui passent sur le chemin. J’en ai aussitôt déduit que c’était ça qui avait coupé ma connexion.

Je suis rentré, j’ai changé de chaussures et je suis partie dans la ville à la recherche d’une connexion téléphonique pour appeler Free et/ou la mairie pour les informer du problème. Nulle connexion nul part dans la ville. Ce qui est fort étrange.
A 14H, mon amie et voisine Marguerite Chesnais est passé chez moi pour que je puisse appeler Free avec son téléphone. Elle m’apprend que tous les abonnés Free de Montbard sont sans connexion. J’explique tout ça au technicien Free : l’absence de connexion dans toute la ville et l’arbre tombé (ce ne peut être une coïncidence même si tout le monde me dit que ce ne peut être les fils de la Fibre).
J’ai aussi téléphoné au service technique de la Mairie de Montbard dans l’espoir qu’ils iraient rapidement découper l’arbre coupable.
J’ai retrouvé ma connexion à 18H30.
Est-ce la Mairie de Montbard ou les techniciens d’Orange qui ont réglé le problème ?
Jeudi 9 novembre
A 12H30, je suis retournée sur le Chemin de la Bichette voir si l’arbre avait été coupé.
Et oui, il a bien été coupé. Ceux qui ont fait ça ont dû passer par la route qui passe en haut.

Je suis allé voir la route — et c’est là que j’ai vu l’antenne 5G, elle était juste à côté de l’arbre tombé.

Ça explique tout.

Vendredi 10 novembre
Journée à Paris. J’ai enfin rencontré ma remplaçante, Ariana. Avec mes deux collègues, nous sommes allé manger au Petit Lux. Nous étions assises à côté d’un groupe de bruyantes bigotes.
Au soir, j’ai commencé à lire Proust, Roman familial de Laure Murat, recommandé par mon amie Laure. C’est passionnant, drôle, instructif, très bien vu (l’aristocratie comme chorégraphie, du vide, un décor avec des gestes élégants).


Dimanche 12 novembre
Ai écrit un chapitre pour 1979 que je devais écrire depuis longtemps et qui se nomme Les larmes de Steve Jobs. Mais c’est ultra niais. Je vais devoir le déniaiser un jour où l’estro sera là (à 0,2% ce jour là).

Lundi 13 novembre
Passage éclair à Dijon dans la soirée pour un rendez-vous médical. Je passe devant une vieille enseigne « Portraits d’art » et ça m’intrigue : était-ce de la photographie ou de la peinture ?

Dimanche 19 novembre
Je me suis réveillée à 7H avec cette phrase en tête : « mélancolique comme un Munch première période ». Et c’est à cette image que je pensais, que j’avais utilisée dans mon article sur La honte & la culpabilité :

Comme il faisait beau, j’ai pris des photos des feuilles dorées et des églantines roses fuchsia.


Samedi 25 novembre
C’était la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes et ma modeste contribution, puisque je ne pouvais participer aux manifestations à Paris, fut de faire un post Instagram sur Flora Tristan, à qui on doit cette phrase si juste : « L’homme le plus opprimé peut opprimer un être, qui est sa femme. Elle est le prolétaire du prolétaire même. »

Jeudi 30 novembre
C’était le dernier jour de mon contrat et les 70 ans de l’Adagp à la BNF.
Pour fêter dignement l’événement (des 70 ans, pas la fin de mon contrat, l’amphibologie est un piège), l’Adagp avait fait les choses en grand : 5 tables rondes sur le thème des œuvres et du droit d’auteur, invité le génialissime Thibaut Soulcié pour rendre le sujet un peu plus fun, une soirée de remise des prix et plein d’autre choses encore. Je ferais un post Insta un peu plus détaillé sur le sujet.





J’ai non seulement retrouvé mes collègues actuelles, mon ancienne cheffe désormais à la retraite, Sylvie Dumas —, mais j’ai aussi revu d’anciennes collègues iconographes que j’avais perdu de vue depuis longtemps. Et j’en étais ravie.

And now
En décembre je vais avoir du temps pour écrire, pour faire des posts Insta, des articles de blog et pleins d’autres trucs.

