Les Nabis étaient une bande de copains qui peignaient à la fin du XIXe siècle en rejetant à la fois le naturalisme et l’Impressionnisme.

Alors, qu’est-ce qu’ils faisaient ?
Ils peignaient des scènes de genre — si longtemps traité avec mépris par la peinture officielle ; des scènes de la vie quotidienne rarement montrées dans la peinture : maladie, bain, rangement du linge dans les placards… Ils aimaient les scènes intimistes.





Ils aimaient l’ésotérisme et l’occultisme.

Ils aimaient la stylisation des formes, les exagérations, les atmosphères, l’humour.

Ils aimaient les motifs et les jeux avec les motifs.



En quoi c’était vraiment nouveau ?
Ils avaient un goût prononcé pour le japonisme et tout particulièrement pour les cadrages décentrés : l’action n’était plus au centre du tableau, mais sur les côtés ; des personnages sont coupés par le bord de la toile — comme si les peintures étaient des photographies.
Le surnom de Bonnard était « Le nabi très japonard ».

C’est joli ?
Oui.

Ça veut dire quoi Nabi ?
Nabi est le nom que se sont donné les jeunes peintres qui se regroupent autour de Paul Sérusier, vers 1888, quand il est revenu avec Le talisman sous le bras et que sa peinture a suscité des débats enflammés.

Le terme nabi, en arabe, ou nevi’im, נביאים en hébreu, signifie dans un sens actif «orateur » ou « annonciateur », ou, dans un sens passif, « celui qui est ravi dans une » extase » ou « appelé par l’esprit ». En Occident, nabi a été traduit par « prophète », «illuminé », ou encore « celui qui reçoit les paroles de l’au-delà », « l’inspiré de Dieu».
Mais il ne faudrait pas croire qu’ils se prenaient au sérieux :
« Ensemble, nous avons méprisé l’école et les écoles, les rapins, leurs traditions, leurs farces et leurs bals inutilement nudistes. Ensemble nous nous sommes sérieusement amusés »
Henri Gabriel Ibels

C’était qui ?
Paul Sérusier réunit autour de lui ses amis, Pierre Bonnard, René Piot, Henri-Gabriel Ibels, Maurice Denis, Édouard Vuillard, Ker-Xavier Roussel, Paul Ranson. En 1891, le Hollandais Jan Verkade, en 1892, le Suisse Félix Vallotton, puis Georges Lacombe, Mogens Ballin, József Rippl-Rónai, Charles Filiger, Adolf Robbi, ainsi que Georges Joseph Rasetti3 et le sculpteur Aristide Maillol, les rejoignent.

Sont-ils importants ?
Ils annoncent le Fauvisme qui ira plus loin dans la stylisation des formes et l’originalité des couleurs — comme Albert Marquet — et toutes les avant-gardes du XXe siècle (Matisse était fauve à ses débuts).


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