C’est qui les Nabis ?

Les Nabis étaient une bande de copains qui peignaient à la fin du XIXe siècle en rejetant à la fois le naturalisme et l’Impressionnisme.  

Édouard Vuillard, Deux femmes sous la lampe, 1892, Musée de l’Annonciade — Article Nabis
Édouard Vuillard, Deux femmes sous la lampe, 1892, Musée de l’Annonciade — Wikimedia

Alors, qu’est-ce qu’ils faisaient ?

Ils peignaient des scènes de genre — si longtemps traité avec mépris par la peinture officielle ; des scènes de la vie quotidienne rarement montrées dans la peinture : maladie, bain, rangement du linge dans les placards… Ils aimaient les scènes intimistes.

Ils aimaient l’ésotérisme et l’occultisme.

Paul Sérusier, Paul Ranson en tenue nabique, 1890, Musée d'Orsay — article sur les Nabis
Paul Sérusier, Paul Ranson en tenue nabique, 1890, Musée d’Orsay — Wikipedia

Ils aimaient la stylisation des formes, les exagérations, les atmosphères, l’humour. 

Felix Vallotton – Bathing on a Summer Evening, 1892 — Wikipedia

Ils aimaient les motifs et les jeux avec les motifs.

En quoi c’était vraiment nouveau ? 

Ils avaient un goût prononcé pour le japonisme et tout particulièrement pour les cadrages décentrés : l’action n’était plus au centre du tableau, mais sur les côtés ; des personnages sont coupés par le bord de la toile — comme si les peintures étaient des photographies. 

Le surnom de Bonnard était « Le nabi très japonard ». 

Pierre Bonnard, La gouvernante, 1897 — Wikipedia — article sur les Nabis
Pierre Bonnard, La gouvernante, 1897 — l’influence de l’estampe japonaise est particulièrement frappante dans cette œuvre — Wikipedia

C’est joli ? 

Oui. 

Édouard Vuillard, Deux femmes sous la lampe, 1892, Musée de l’Annonciade — Wikimedia
Édouard Vuillard, Deux femmes sous la lampe, 1892, Musée de l’Annonciade — Wikimedia

Ça veut dire quoi Nabi ?

Nabi est le nom que se sont donné les jeunes peintres qui se regroupent autour de Paul Sérusier, vers 1888, quand il est revenu avec Le talisman sous le bras et que sa peinture a suscité des débats enflammés. 

Le terme nabi, en arabe, ou nevi’im, נביאים en hébreu, signifie dans un sens actif «orateur » ou « annonciateur », ou, dans un sens passif, « celui qui est ravi dans une » extase » ou « appelé par l’esprit ». En Occident, nabi a été traduit par « prophète », «illuminé », ou encore « celui qui reçoit les paroles de l’au-delà », « l’inspiré de Dieu».

Mais il ne faudrait pas croire qu’ils se prenaient au sérieux :

« Ensemble, nous avons méprisé l’école et les écoles, les rapins, leurs traditions, leurs farces et leurs bals inutilement nudistes. Ensemble nous nous sommes sérieusement amusés »  

Henri Gabriel Ibels
Felix Vallotton, Coin de rue à Paris, 1895, MET — Wikipedia
Felix Vallotton, Coin de rue à Paris, 1895, MET —l’influence de l’estampe japonaise est aussi très présente dans cette gouache — Wikipedia

C’était qui ?

Paul Sérusier réunit autour de lui ses amis, Pierre Bonnard, René Piot, Henri-Gabriel Ibels, Maurice Denis, Édouard Vuillard, Ker-Xavier Roussel, Paul Ranson. En 1891, le Hollandais Jan Verkade, en 1892, le Suisse Félix Vallotton, puis Georges Lacombe, Mogens Ballin, József Rippl-Rónai, Charles Filiger, Adolf Robbi, ainsi que Georges Joseph Rasetti3 et le sculpteur Aristide Maillol, les rejoignent.

Sont-ils importants ?

Ils annoncent le Fauvisme qui ira plus loin dans la stylisation des formes et l’originalité des couleurs — comme Albert Marquet — et toutes les avant-gardes du XXe siècle (Matisse était fauve à ses débuts). 

Albert Marquet, l'île aux cygnes, 1919 — arbres se reflétant dans l'eau — article sur les Nabis — exemple d'un peintre Fauve
Albert Marquet, l’île aux cygnes, 1919, Musée National d’Art Moderne, Paris — Wikipedia

Publié par Clemence

Social Media Manager, Iconographe et romancière

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