La honte et la culpabilité des personnes hypersensibles, illustré par les œuvres d’Edvard Munch.
Les hypersensibles ont honte de ce qu’ils sont et de ce qu’ils font, de leurs émotions comme de leurs désirs et de leurs rêves. Ils se sentent coupable de tout, tout le temps. Tentative d’explication.

1. La culpabilité de n’être pas comme les autres
Les personnes hypersensibles éprouvent une honte permanente de ne pas être comme les autres, d’être trop « quite unusual », trop étranges, de manquer de confiance en eux, d’être trop timides, trop plein de doutes trop naïfs et plein de bons sentiments, d’avoir des pensées en pagaille — ayant toujours peur de mal faire — parce que « comment font les autres ? ».
Ces fameux autres ne se posent pas tant de question. Ils font, sans se soucier du regard des autres, sans se soucier de leur propre regard — ils ne se voient pas faire. Ils n’ont pas de regard extérieur sur eux-même. Ils ne voient pas quand ils sont ennuyeux, grossiers, sans gêne, odieux, ridicules.

Or, l’idée de déranger ou d’être ridicule est ce qui effraie le plus les hypersensibles.
Les autres, ceux qui ont une sensibilité dans les normes, imitent — s’imitent mutuellement. L’hypersensible est incapable d’imitation. Quand ils imitent ce que font les autres, ça sonne faux — ou maladroit. Parce qu’il leur manque la désinvolture et la légèreté — parce que tout est analysé. Parce qu’il se voit faire et se trouvent ridicule.

L’hypersensible ne peut se conformer à un modèle.
Il ne peut suivre les modes ; il ne peut utiliser les expressions des jeunes de son temps (hormis « C’est chouette ! » — expression typique des 80’s que je n’ai jamais pu abandonner).
Il est trop différent pour s’identifier à quelqu’un d’autre.
Mais au lieu d’être fier de sa différence, il le vit comme une infirmité, un défaut. Il voudrait pouvoir être comme les autres, parce que sa vie serait plus facile, parce qu’il serait accepté par les groupes, parce qu’il se sentirait plus fort, parce qu’il aurait moins de doutes.

2. Le doute d’avoir fait le bon choix
A chaque moment, la personne hypersensible se demande si elle a fait le bon choix — si elle n’aurait pas plutôt dû faire ceci ou cela — parce qu’elle voit, imagine & analyse toutes les possibilités ; parce qu’elle est empli de doutes ; parce que son cerveau bouillonne en permanence entre mille pensées contradictoires. Résultat : l’hypersensible à honte des choix qu’il a fait.

3. Honte de nos désirs et de nos rêves
L’hypersensible à honte de ses désirs, de ses rêves, de ses lubies et de ses hobbys — parce qu’ils sont trop étranges. Il n’a pas les mêmes envies que les autres, parce que son cerveau est ainsi fait que ses désirs sont singuliers.
Ce qu’il vit — et comment il le vit — est trop bizarre.
Ce qu’il vit est inédit.
Il ne se sent pas appartenir à un groupe socio-culturel, à une génération — il n’appartient qu’à lui-même — il vit dans sa bulle et son royaume.

4. La honte de nos émotions
Sur-réagir et en venir aux larmes pour une broutille ou se draper dans le marbre, s’enfermer dans sa bulle pour n’être pas blessé — les émotions des hypersensibles sont ou trop ou trop peu. L’hypersensible a honte de n’avoir pas l’émotion appropriée.

5. La nécessité de la confession
Confesser son étrangeté, ses doutes, ses désirs est une nécessité pour obtenir l’absolution essentielle à l’acceptation de soi, pour transformer la bizarrerie en singularité. L’hypersensible doit trouver un moyen d’exprimer ce qu’il vit de manière compréhensible pour les autres. C’est dans le « compréhensible » que réside la difficulté.


Un avis sur « La honte & la culpabilité »