Qui était Jan Van Eyck ?

Jan Van Eyck L'Homme au turban rouge, 1433
Autoportrait présumé de Jan van Eyck
Jan Van Eyck L’Homme au turban rouge, 1433
Autoportrait présumé de Jan van Eyck — Wikimedia
  • Jan van Eyck est le plus célèbre des primitifs flamand (ce qu’on appelle en Italie, le Quattrocento — c’est le début de la renaissance). J’en parle aujourd’hui parce que a) j’adore les primitifs flamands b) Il est mort un 9 juillet (1441).
  • On estime qu’il est né vers 1390 à Maaseik, une ville située dans la principauté de Liège (actuellement en Belgique). Peu de détails sont connus sur sa jeunesse et son éducation, mais on sait qu’il a été actif à Bruges à partir de 1422, où il a été membre de la guilde des peintres.
  • En janvier 1425, il devient peintre de cour du duc de Bourgogne Philippe le Bon — qui lui demande de s’installer à Lille — & lui confie aussi plusieurs missions secrètes (quelle vie romanesque ! Pourquoi n’y a-t-il pas une série Netflix sur Jan Van Ecyk ?). Il serait peut-être allé à Jérusalem mais on en a aucune preuve.
Philippe Le Bon, duc de Bourgogne, par Rogier van der Weyden — Wikimedia
Philippe Le Bon, duc de Bourgogne, par Rogier van der Weyden — Wikimedia

  • Jan Van Eyck est surtout connu pour son usage de la peinture à l’huile. Ce n’est pas lui qui l’a inventé — la peinture à l’huile était déjà utilisée dans l’antiquité — mais à l’époque on utilisait surtout la peinture à l’oeuf, qui donnait un aspect très mat aux peintures. Jan utilise de l’huile de pavot, de noix ou de lin comme liant pour ses pigments, peignant ensuite par couches successives, ou glacis — ce qui donne une transparence et un aspect brillant aux visages et aux matières. Et donne un aspect plus précis et « naturaliste » a ce qui est représenté (mais la reproduction de la réalité en peinture est toujours à prendre avec des pincettes — particulièrement au XVe siècle où ce sont des anges, des saints ou des Jésus qui sont peints — l’art ne cherche pas à imiter la réalité — l’art réinvente le monde qui nous entoure ). Les peintres italiens ne se sont mis à la peinture à l’huile que dans les années 1460, alors que Van Eyck l’utilise depuis 1420. La question est : où a-t-il appris la technique ? Et qui la lui a apprise ?
Jan Van Eyck, la Vierge du Chancelier Rolin, 1435, huile sur bois, Musée du Louvre, Paris — Wikimedia — un ange couronne la Vierge
Jan Van Eyck, La Vierge du Chancelier Rolin, 1435, huile sur bois, Musée du Louvre, Paris — Wikimedia

  • Il est aussi connu pour son usage de la perspective — perspective atmosphérique avec ses paysages se perdant au loin dans une brume bleutée — mais aussi perspective géométrique des carreaux au sol et des tapis persans (empirique, avec point de fuite pas vraiment raccord) comme on peut le voir dans cet exemple :
Jan Van Eyck, Analyse des lignes de fuite de la Vierge du chancelier Rolin — Wikimedia
Jan Van Eyck, Analyse des lignes de fuite de la Vierge du chancelier Rolin — Wikimedia


Détail de la Vierge du Chancelier Rolin de Van Eyck — exemple de perspective atmosphérique : les montagnes au loin s'estompent dans une brume bleutée
Détail de la Vierge du Chancelier Rolin — exemple de perspective atmosphérique : les montagnes au loin s’estompent dans une brume bleutée
  • Van Eyck & les primitifs flamands peignent leurs tableaux comme s’il s’agissait de fenêtres qui ouvrent sur la scène représentée (ou sur la tête d’un individu dans le cas d’un portrait) — ils veulent donner l’illusion de la réalité — même pour représenter une réalité magique — d’où l’importance du cadre — aussi important que le sujet représenté, comme dans cet exemple :
Jan Van Eyck, portrait d'un jeune homme, 1432, huile sur bois, National Gallery, Londres — Wikimedia — le texte en latin, sous le portrait "Leal Souvenir" veut dire "Loyal souvenir".
Jan Van Eyck, portrait d’un jeune homme, 1432, huile sur bois, National Gallery, Londres — Wikimedia — le texte en latin, sous le portrait « Leal Souvenir » veut dire « Loyal souvenir ».
  • C’est justement pour ça que j’aime autant les Primitifs : ils mélangent la féérie Gothique des anges aux ailes flamboyantes au naturalisme des matières de la Renaissance — plaçant leurs personnages dans des intérieurs contemporains. Leurs tableaux ouvrent comme des fenêtres sur un monde magique
Jan van Eyck, Annonciation, huile sur toile transposée sur panneau de bois, Washington National Gallery of Art — Wikimedia
Jan van Eyck, Annonciation, huile sur toile transposée sur panneau de bois, Washington National Gallery of Art — Wikimedia — un autre ange qui se marre
  • Ses oeuvres les plus célèbres sont le « Portrait des époux Arnolfini » et le « Retable de l’Agneau mystique » réalisé pour la cathédrale Saint Bavon de Gand (commencé par son frère Hubert & qu’il a terminé après sa mort).
Jan Van Eyck, Les époux Arnolfini, National Gallery, Londres — Wikimedia
Jan Van Eyck, Les époux Arnolfini, National Gallery, Londres — Wikimedia

  • Il a un lien de parenté avec Barthelemy d’Eyck — ils sont tous les deux nés à Maaseik — mais on ignore lequel (on sait qu’ils n’étaient pas frères). Peut-être un cousin.

Publié par Clemence

Social Media Manager, Iconographe et romancière

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