Marie-Guillemine Benoist en 5 dates

Marie-Guillemine Benoist est une peintresse française du début du XIXe siècle rendue célèbre par son Portrait de Madeleine, rare portrait d’une femme noire peint en 1800, six ans après l’abolition de l’esclavage.

Autoportrait de Marie-Guillemine Benoist, cheveux blonds bouclés, tunique blanche à l'antique, tenant des pinceaux dans les mains, devant une toile qu'elle peint
Marie-Guillemine Benoist, Autoportrait, 1786, Staatliche Kunsthalle Karlsruhe

1781 : Marie-Guillemine est formée par Élisabeth Vigée Le Brun puis entre dans l’atelier de Jacques Louis David.

1790 : Elle peint L’Innocence entre la Vertu et le Vice où le Vice est représenté, pour une fois, sous les traits d’un homme (il est traditionnellement représenté sous les traits d’une femme).

Peinture de Marie-Guillemine Benoist, le Vice sous les traits d'un jeune homme tente d'arracher le voile de l'innocence tandis que la Vertu l'entraîne au loin. Tous sont vêtus à l'antique
Marie-Guillemine Benoist, L’Innocence entre le Vice et la Vertu, 1790, coll part. — source : Wikimedia

1800 : Elle expose son Portrait de Madeleine (à l’époque sous le titre de Portrait d’une négresse). C’est le portrait d’une domestique de son beau frère. La nouveauté de cette œuvre est qu’elle la représente comme vraie sujet de sa peinture, et non dans une scène de genre. Le succès de ce tableau lui ouvre les commandes impériales (elle peint le portrait de Napoléon et de ses sœurs).

Peinture de Marie-Guillemine Benoist, représentant une femme noire coiffée d'un turban blanc, portant une tunique blanche — fond ocre à la manière de Jacques Louis David
Marie-Guillemine Benoist, Portrait de Madeleine, 1800, Musée du Louvre, Paris

1804 : Elle ouvre son propre atelier et donne des cours réservés aux femmes (en non-mixité choisie, donc)

Peinture de Marie-Guillemine Benoist, représentant Pauline Bonaparte en robe empire blanche et or assise sur un fauteuil de velours rouge, couronne sur la tête
Marie-Guillemine Benoist, Pauline Borghese, 1808, Château de Fontainebleau

1814 : A la Restauration, son mari se voit confier des postes importants. On lui demande de cesser d’exposer pour ne pas nuire à la carrière de son mari. Elle accepte. Elle lui écrit : « la pensée que je serais un obstacle à votre avancement dans votre carrière serait pour moi un coup bien acéré »

Game Over.

Peinture de Marie-Guillemine Benoist, portrait d'une mère et de son enfant assis sur une chaise, robe Empire avec ruban vert, cheveux noirs coiffé en chignon de la mère, fond marron à la manière de Jacques Louis David.
Marie-Guillemine Benoist, Madame Philippe Panon Desbassayns de Richemont, 1802, MET, NY — source : Wikimedia

Marie-Guillemine Benoist est un bon exemple de l’invisibilisation des femmes en Histoire de l’art. Les peintresses sont oubliées parce que les historiens de l’art sont des hommes, mais aussi parce qu’elles se sacrifient pour leurs époux (et quand ce ne sont pas les époux, ce sont les enfants, quand elles ne meurent pas en couche…)

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Publié par Clemence

Social Media Manager, Iconographe et romancière

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