Marie-Guillemine Benoist est une peintresse française du début du XIXe siècle rendue célèbre par son Portrait de Madeleine, rare portrait d’une femme noire peint en 1800, six ans après l’abolition de l’esclavage.

1781 : Marie-Guillemine est formée par Élisabeth Vigée Le Brun puis entre dans l’atelier de Jacques Louis David.
1790 : Elle peint L’Innocence entre la Vertu et le Vice où le Vice est représenté, pour une fois, sous les traits d’un homme (il est traditionnellement représenté sous les traits d’une femme).

1800 : Elle expose son Portrait de Madeleine (à l’époque sous le titre de Portrait d’une négresse). C’est le portrait d’une domestique de son beau frère. La nouveauté de cette œuvre est qu’elle la représente comme vraie sujet de sa peinture, et non dans une scène de genre. Le succès de ce tableau lui ouvre les commandes impériales (elle peint le portrait de Napoléon et de ses sœurs).

1804 : Elle ouvre son propre atelier et donne des cours réservés aux femmes (en non-mixité choisie, donc)

1814 : A la Restauration, son mari se voit confier des postes importants. On lui demande de cesser d’exposer pour ne pas nuire à la carrière de son mari. Elle accepte. Elle lui écrit : « la pensée que je serais un obstacle à votre avancement dans votre carrière serait pour moi un coup bien acéré »
Game Over.

Marie-Guillemine Benoist est un bon exemple de l’invisibilisation des femmes en Histoire de l’art. Les peintresses sont oubliées parce que les historiens de l’art sont des hommes, mais aussi parce qu’elles se sacrifient pour leurs époux (et quand ce ne sont pas les époux, ce sont les enfants, quand elles ne meurent pas en couche…)

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